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Rénovation énergétique en copropriété : pourquoi les projets restent bloqués

Rénovation énergétique en copropriété : pourquoi les projets restent bloqués

72 % des copropriétaires se disent prêts à voter une rénovation énergétique dans leur immeuble. Pourtant, seuls 26 % des projets soumis au vote aboutissent réellement. Ce paradoxe est au cœur d’une étude OpinionWay réalisée pour Evoriel en septembre 2026, auprès de 648 propriétaires de logements collectifs construits avant 1990. Coût des travaux, déficit d’information, rôle insuffisant du syndic : les freins sont connus. Mais les solutions existent — et les bénéfices sont concrets, jusqu’à 60 % d’économies d’énergie à la clé.


Sommaire :


À retenir – Rénovation énergétique en copropriété : le paradoxe des bonnes intentions

  • 72 % des copropriétaires approuvent la rénovation énergétique, mais seuls 26 % des projets soumis au vote aboutissent.
  • 63 % des copropriétaires citent le coût des travaux comme premier frein à la rénovation énergétique.
  • 62 % des copropriétaires se sentent insuffisamment accompagnés par leur syndic pour engager des travaux.
  • 35 % à 60 % d’économies d’énergie sont constatées après rénovation, soit deux classes DPE gagnées en moyenne.
  • 41 % des copropriétaires conditionnent leur passage à l’action à la stabilité des aides publiques dans la durée.

Rénovation énergétique en copropriété : le paradoxe des bonnes intentions

Pourquoi la rénovation énergétique reste-t-elle bloquée dans les copropriétés ?

Un soutien massif, mais peu de décisions concrètes

Les chiffres sont frappants. Selon l’étude OpinionWay pour Evoriel (septembre 2026), 72 % des copropriétaires se déclarent favorables à un projet de rénovation énergétique s’il leur était soumis. Parmi eux, 22 % affirment qu’ils voteraient « certainement » pour. Seuls 21 % y sont opposés.

Cette adhésion de principe peine toutefois à se concrétiser en assemblée générale.Au cours des cinq dernières années, 60 % des copropriétaires ont vu au moins un projet de rénovation énergétique soumis au vote. Mais seuls 26 % des projets ont été adoptés, tandis que 14 % ont été reportés, 9 % rejetés et 3 % abandonnés avant même leur mise au vote. Plus révélateur encore, 40 % des copropriétés n’ont inscrit aucun projet de rénovation énergétique à l’ordre du jour durant cette période.

Le fossé entre les intentions et leur concrétisation reste considérable. Si la rénovation énergétique recueille une large adhésion sur le principe, sa mise en œuvre se heurte encore à de nombreux obstacles, notamment lorsqu’il s’agit de faire voter les travaux en assemblée générale de copropriété.

Quand les projets arrivent en AG, ils peinent à passer

L’assemblée générale est le passage obligé de toute décision collective. C’est là que les résolutions sont votées, les budgets approuvés, les travaux autorisés. Or, la loi est exigeante : l’article 25 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 impose la majorité absolue pour voter des travaux d’économies d’énergie. Concrètement, cela signifie que plus de la moitié des tantièmes doit approuver le projet — une condition souvent difficile à réunir.

À cela s’ajoute une obligation récente. Depuis le 1er janvier 2026, le DPE collectif est obligatoire pour toutes les copropriétés, y compris les plus petites (moins de 50 lots), conformément à la loi Climat et Résilience n° 2021-1104 du 22 août 2021. Ce diagnostic est le point de départ pour identifier les logements énergivores et prioriser les travaux. Le syndic doit l’inscrire à l’ordre du jour et soumettre les résolutions au vote.

Malgré ces obligations, 30 % des copropriétaires considèrent la difficulté à obtenir la majorité requise comme un frein majeur. Au-delà des contraintes financières et techniques, parvenir à un consensus en assemblée générale demeure un véritable défi pour engager les travaux.

🁢 Copropriétés avec projet adopté vs sans projet présenté

Indicateur Copropriété avec projet adopté Copropriété sans projet présenté
Copropriétaires se sentant bien informés 60 % 26 %
Copropriétaires se sentant bien accompagnés 51 % 22 %
Syndic jugé proactif sur les travaux 70 % 43 %
Projets aboutissant en assemblée générale (5 ans) 26 % 0 %

L’écart entre copropriétés actives et inactives illustre l’impact décisif de l’accompagnement sur la réussite d’un projet de rénovation énergétique. Source : étude OpinionWay pour Evoriel, octobre 2026.

Le coût des travaux est-il le seul obstacle à la rénovation énergétique ?

La question du financement, premier frein cité

Sans surprise, le coût des travaux est cité par 63 % des copropriétaires comme premier obstacle. Dans un contexte de pression sur le pouvoir d’achat, la réaction est compréhensible. Mais ce frein mérite d’être nuancé — car les dispositifs d’aide existent, et ils sont significatifs.

MaPrimeRénov’ Copropriété, créée par le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020, finance entre 30 % et 45 % du coût HT des travaux, à condition de réaliser un gain énergétique d’au moins 35 %. Elle est gérée par l’Anah. Les travaux doivent être confiés à une entreprise certifiée label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), condition sine qua non pour bénéficier des aides de l’État. À noter : le guichet MaPrimeRénov’ a été suspendu au 1er janvier 2026, puis rouvert le 23 février 2026 après l’adoption du budget.

En complément, l’éco-prêt à taux zéro collectif (éco-PTZ) permet de financer les parties communes sans intérêt, jusqu’à 50 000 € par logement. Il est cumulable avec MaPrimeRénov’ Copropriété et les certificats d’économies d’énergie (CEE). Pour explorer toutes les aides à la rénovation disponibles, rendez-vous sur MonImmeuble.com.

Le constat est préoccupant : 49 % des copropriétaires estiment ne pas avoir été suffisamment informés sur les aides financières disponibles, y compris lorsqu’un projet de rénovation a été présenté en assemblée générale. Pourtant, la construction d’un plan de financement précis, intégrant les subventions, l’éco-PTZ, les certificats d’économies d’énergie (CEE) et les fonds propres, constitue une étape essentielle pour faciliter la prise de décision. L’accompagnement d’une assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) permet notamment d’identifier les dispositifs mobilisables et de sécuriser le montage financier.

Le coût des travaux reste donc un obstacle majeur, mais le manque d’information sur les solutions de financement renforce les réticences des copropriétaires.

🁢 Les freins à la rénovation énergétique en copropriété

Frein identifié % de copropriétaires concernés Niveau de priorité
Coût des travaux 63 % 1er frein
Difficulté à obtenir l’accord en assemblée générale 30 % 2e frein
Montant des aides jugé insuffisant 28 % 3e frein
Manque d’information sur les aides disponibles (lorsqu’un projet est présenté) 49 % Frein transversal
Sentiment d’être insuffisamment informé par le syndic 59 % Frein structurel
Sentiment d’être insuffisamment accompagné par le syndic 62 % Frein structurel

Le déficit d’information, frein silencieux mais décisif

Au-delà du coût, l’étude révèle un obstacle plus discret — et tout aussi bloquant : le manque d’information et d’accompagnement. Ainsi, 59 % des copropriétaires ne se sentent pas suffisamment informés par leur syndic pour s’engager dans un projet. Et 62 % estiment ne pas être assez accompagnés.

Ce constat souligne une réalité essentielle : le passage à l’action ne dépend pas uniquement du montant des aides financières, mais aussi de la qualité de l’information et de l’accompagnement des copropriétaires. Sans explications claires, accessibles et communiquées au bon moment, les dispositifs existants restent sous-utilisés, tandis que les projets de rénovation énergétique peinent à se concrétiser.

Les chiffres illustrent cette différence. Dans les copropriétés ayant adopté un projet de rénovation, 60 % des copropriétaires se déclarent bien informés et 51 % bien accompagnés. À l’inverse, lorsque aucun projet n’a été présenté, ces proportions chutent respectivement à 26 % et 22 %. Un écart révélateur qui souligne l’importance de la pédagogie et de l’accompagnement dans la mobilisation collective. Mieux informer les copropriétaires, c’est déjà créer les conditions du passage à l’action.

Quel rôle joue le syndic dans le déclenchement de la rénovation énergétique ?

Le syndic proactif, un facteur déterminant

L’étude met en évidence une donnée clé : le rôle du syndic est déterminant. Dans les copropriétés où un projet de rénovation énergétique a été adopté, 70 % des copropriétaires jugent leur syndic proactif. À l’inverse, dans celles où aucun projet n’a été soumis, ce taux tombe à 43 %. L’écart est éloquent.

Toutefois, le syndic ne peut porter seul un projet de rénovation énergétique. À ses côtés, le conseil syndical joue un rôle déterminanten examinant les devis, en participant à la préparation des résolutions et en sensibilisant les copropriétaires avant l’assemblée générale. La réussite du projet repose ainsi sur une collaboration étroite entre un syndic impliqué et un conseil syndical mobilisé. Cette complémentarité favorise l’adhésion des copropriétaires et facilite le vote des travaux. Sans cette mobilisation collective, même les projets les plus pertinents risquent de ne jamais voir le jour.

Erwan Dupuy, Président-directeur général d’Evoriel, le confirme : « Cette étude confirme que les copropriétaires souhaitent la rénovation énergétique de leur immeuble mais ils appréhendent le financement des travaux, et il est compliqué de voter ces résolutions en Assemblée Générale. Le succès de ces projets repose plus que jamais sur l’accompagnement du syndic en termes de pédagogie et de pilotage opérationnel. Face à ces attentes, nos équipes Lamy et Oralia sont mobilisées pour être le “Partenaire de confiance” qui simplifie les parcours immobiliers. »

Pour répondre à ces enjeux, Evoriel a déployé un dispositif d’accompagnement structuré. Le groupe s’appuie sur une direction dédiée à la transition énergétique, renforce les compétences de ses gestionnaires grâce à des formations spécifiques et organise des réunions d’information sur l’ensemble du territoire pour sensibiliser les copropriétaires. Découvrez aussi les avantages concrets de la rénovation énergétique en copropriété dans notre analyse dédiée.

La préparation en amont, clé du succès

Un projet de rénovation énergétique ne se décide pas en une seule réunion. Il se construit dans la durée. Selon les données d’Evoriel, cinq années s’écoulent en moyenne entre le vote des travaux et leur réception. C’est le temps incompressible d’un chantier en habitat collectif.

D’où l’importance d’anticiper. Le plan pluriannuel de travaux (PPT), désormais obligatoire pour les copropriétés de plus de 15 lots (loi Climat et Résilience, 2021), permet de planifier les interventions sur dix ans et d’en estimer les coûts. C’est un outil de visibilité budgétaire pour chaque copropriétaire. Pour le financement, le fonds de travaux — alimenté par une cotisation minimale de 5 % du budget prévisionnel (loi ALUR, 2014) — permet d’anticiper les dépenses sans recourir à des appels de fonds exceptionnels.

Ces outils portent leurs fruits. Sur les deux dernières années, plus de 10 000 foyers ont voté des travaux de rénovation énergétique avec l’accompagnement des équipes Lamy et Oralia (Evoriel). Ces projets ont permis de réaliser entre 35 % et 60 % d’économies d’énergie, soit deux classes DPE gagnées en moyenne — avec, à la clé, une valorisation réelle du patrimoine immobilier.

Quelles attentes ont les copropriétaires en matière de rénovation énergétique ?

Confort et pouvoir d’achat avant l’environnement

Contrairement à une idée répandue, les préoccupations environnementales ne constituent pas le premier moteur de la rénovation énergétique en copropriété. Les copropriétaires privilégient avant tout les bénéfices directs sur leur quotidien. Ainsi, 61 % placent l’amélioration du confort thermique en tête de leurs attentes, aussi bien pour se protéger du froid en hiver que des fortes chaleurs en été. La baisse des factures d’énergie arrive en deuxième position (54 %), suivie de la valorisation du patrimoine immobilier (38 %). En revanche, seuls 21 % des répondants citent la réduction de l’impact environnemental parmi leurs motivations.

Ces résultats livrent un enseignement précieux pour les syndics et les conseils syndicaux : pour obtenir l’adhésion des copropriétaires en assemblée générale, mieux vaut mettre en avant le confort, les économies d’énergie et la valeur du logement. Si la diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES) reste un objectif essentiel, cet argument semble moins mobilisateur au moment du vote. Ce sont avant tout les bénéfices concrets, visibles et mesurables qui peuvent convaincre les copropriétaires de franchir le pas.

🁢 Attentes des copropriétaires vs bénéfices constatés après rénovation énergétique

Attentes avant travaux % Bénéfices constatés après travaux %
Améliorer le confort thermique (été et hiver) 61 % Amélioration du confort thermique hivernal 43 %
Réduire les factures d’énergie 54 % Baisse constatée des factures 39 %
Valoriser le logement / le patrimoine 38 % Amélioration de la classe DPE 33 %
Réduire l’impact environnemental 21 % — —

Les bénéfices constatés après travaux

Bonne nouvelle : les copropriétaires ayant déjà engagé une réhabilitation énergétique confirment les promesses. Le confort thermique hivernal est le premier bénéfice cité (43 %), suivi de la baisse des factures (39 %) et de l’amélioration de la classe DPE (33 %).

Ces retours d’expérience sont précieux. La rénovation énergétique tient ses promesses — encore faut-il le faire savoir avant le vote, quand les copropriétaires hésitent encore. Chaque opportunité est à saisir : ravalement de façade, remplacement de la chaudière collective par une pompe à chaleur collective, isolation de l’enveloppe du bâtiment (toiture, façades, planchers bas), raccordement à un réseau de chaleur urbain. Autant de portes d’entrée pour engager une rénovation globale.

La stabilité des aides publiques, levier décisif

L’étude met également en lumière un dernier obstacle majeur : le manque de visibilité sur la pérennité des aides financières. Pour 41 % des copropriétaires, la garantie d’un maintien des dispositifs de soutien dans la durée constituerait un levier déterminant pour engager des travaux de rénovation énergétique.

Cette attente s’explique par les nombreux changements réglementaires intervenus en 2026. Entre la suspension de MaPrimeRénov’ en janvier, la réforme du DPE et la révision des aides aux travaux monogestes au 1er septembre, les évolutions successives entretiennent l’incertitude et compliquent les décisions d’investissement.

Or, un projet de rénovation énergétique en copropriété nécessite souvent plusieurs années de préparation, depuis les premières études jusqu’au vote des travaux en assemblée générale. Dans ce contexte, la stabilité de dispositifs comme MaPrimeRénov’ Copropriété, l’éco-PTZ collectif et les certificats d’économies d’énergie (CEE) apparaît indispensable pour rassurer les copropriétaires et favoriser le lancement des projets. Au-delà du financement, c’est aussi la confiance dans les politiques publiques qui est en jeu.


Conclusion

La rénovation énergétique en copropriété bute moins sur un manque de volonté que sur un déficit d’accompagnement, d’information et de lisibilité des aides. Là où le syndic joue pleinement son rôle de pédagogue et de pilote opérationnel, les projets avancent — et les résultats sont au rendez-vous. Confort thermique, maîtrise des charges, valorisation du patrimoine : tous les signaux sont au vert pour ceux qui franchissent le cap.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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