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Logement

Consultation citoyenne ORPI : les Français alertent les candidats à la présidentielle sur le logement

Consultation citoyenne ORPI : les Français alertent les candidats à la présidentielle sur le logement

Entre le 7 avril et le 28 mai 2026, ORPI et Make.org ont organisé une grande consultation citoyenne nationale sur l’accès au logement. Résultat : 16 348 participants, 1 053 propositions et 178 362 votes autour d’une seule question — quelle solution pour faciliter l’achat et/ou la location d’un logement ? Le constat est sans appel : le logement traverse une crise structurelle qui exige un changement de méthode et un cap politique clair. À l’aube de la présidentielle 2027, ORPI formule quatre convictions à l’attention des futurs candidats. Propriétaires, locataires, primo-accédants : la consultation citoyenne confirme que le sujet touche chaque Français, quel que soit son statut ou son territoire.


Sommaire :


À retenir – Consultation citoyenne ORPI sur le logement 2027

  • En 2026, la consultation citoyenne ORPI/Make.org a réuni 16 348 participants et 1 053 propositions concrètes sur l’accès au logement.
  • Avec 37 % des propositions, les relations propriétaires-locataires sont le premier sujet de la consultation citoyenne ORPI 2026.
  • ORPI réclame en 2027 une loi intégrale sur le logement pour mettre fin à dix ans d’instabilité législative.
  • ORPI cible 450 000 logements par an grâce à un amortissement fiscal de 4 % pour les bailleurs privés.
  • Le délai d’un projet immobilier devrait passer de 7 ans à 3 ans via un guichet unique d’instruction.

Qu’est-ce que la consultation citoyenne ORPI sur le logement ?

Une démarche inédite portée par le premier réseau immobilier de France

Avec 60 ans d’ancrage territorial et 1 250 agences réparties partout en France — zones rurales, grandes métropoles, villes moyennes et Outre-mer —, ORPI occupe une position d’observateur unique du marché immobilier. Pour aller plus loin que le simple constat, le réseau s’est associé à Make.org, plateforme spécialisée dans la démocratie participative, pour lancer une grande consultation nationale.

👉 La question posée était volontairement simple : « Quelle solution pour faciliter l’achat et/ou la location d’un logement ? » Cette formulation ouverte a permis à chacun d’exprimer librement ses idées et de voter sur celles des autres participants.

Victor Laymand, directeur des études chez Make.org, en mesure l’ampleur : « Ça représente un volume qualitatif assez conséquent. C’est bien une consultation citoyenne, ça n’est pas un sondage. Nous n’avons pas eu recours à des panels rémunérés. Les gens qui sont venus s’exprimer sont des gens qui avaient envie vraiment de participer. C’est vraiment un exercice différent. »

En deux mois, la plateforme a recueilli 16 348 contributions, 1 053 propositions déposées et 178 362 votes exprimés.

Un profil de participants représentatif des acteurs du logement

Le profil des répondants est instructif. Les femmes représentent 57 % des participants, contre 42 % d’hommes et 1 % de personnes non-binaires. Sur le plan immobilier, 60 % sont propriétaires et 33 % locataires — un ratio proche de la structure générale de la population française, selon Make.org.

Consultation citoyenne ORPI sur le logement 2027

La pyramide des âges révèle une forte implication des seniors. Les 55-64 ans représentent 25 % des participants, les 65 ans et plus 24 % — soit près de la moitié des répondants. Les 25-44 ans constituent 32 % du total. Géographiquement, l’Île-de-France arrive en tête avec 20,5 % des participants, suivie d’Auvergne-Rhône-Alpes (12,4 %), puis d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine (9,1 % chacune).

Quels grands thèmes préoccupent le plus les Français ?

Les relations propriétaires-locataires en tête des propositions

Sur les 1 053 propositions recensées, les priorités se dégagent clairement. La relation entre propriétaires et locataires arrive largement en tête avec 37 % des contributions. Elle devance à égalité la régulation du marché et le financement de l’acquisition, à 19 % chacun.

Côté propriétaires, la sécurisation des loyers impayés ressort comme une préoccupation majeure. Côté locataires, les attentes portent sur une meilleure protection face aux bailleurs abusifs, la simplification des recours et la sécurisation des dépôts de garantie. Plus loin dans le classement, la fiscalité immobilière et la construction-urbanisme recueillent 7 % chacun, devant le logement social (6 %), la rénovation du parc existant (3 %) et les modèles alternatifs de propriété (2 %).

L’accès à la propriété et les locations touristiques : deux sujets clivants

Trois grandes orientations structurent les résultats. D’abord, réduire le coût de l’acquisition et améliorer l’accès au crédit s’imposent comme des priorités absolues, en particulier pour les primo-accédants et les jeunes ménages. Les participants souhaitent que les dispositifs d’aide — dont le prêt à taux zéro — soient généralisés et mieux ciblés.

Ensuite, la question du DPE divise profondément. Certains réclament sa suppression totale, d’autres son renforcement. Victor Laymand l’observe : « On a des propositions qui vont dans tous les sens. Tout le monde dit : il faut le supprimer. » Cette controverse illustre la tension autour de la transition énergétique du parc locatif, perçue tantôt comme une nécessité, tantôt comme un frein à l’offre.

Enfin, l’encadrement des locations touristiques suscite un consensus de principe : limiter les plateformes de type Airbnb en zones tendues pour préserver l’offre de logements permanents. Mais les modalités précises — niveau de restriction, calendrier — restent débattues et constituent un point de clivage réel.

La loi intégrale sur le logement : quelle ambition pour le quinquennat ?

Mettre fin à l’instabilité législative chronique

La première conviction d’ORPI est la plus structurante : adopter une loi intégrale sur le logement. L’objectif est simple — mettre fin à vingt ans d’empilement réglementaire qui brouille les repères de tous les acteurs du marché.

Guillaume Martinaud, président du groupe ORPI, dresse un constat sans détour : « « Depuis dix, quinze, voire vingt ans, les lois et les réglementations se sont accumulées, au gré de décisions successives, rendant le cadre juridique de plus en plus complexe et difficile à comprendre. Aujourd’hui, les propriétaires peinent à savoir quelles obligations leur incombent et comment s’y conformer. Cette instabilité réglementaire a deux conséquences majeures : elle fragilise les parcours résidentiels des ménages et dissuade les investisseurs privés de s’engager sur le marché locatif. »

La preuve par l’absurde : aujourd’hui, trois textes législatifs sur le logement circulent en parallèle — l’encadrement des loyers au Sénat, le prêt à taux zéro parentalité et le projet de loi de finances à l’Assemblée nationale. Cette fragmentation désynchronisée entretient l’incertitude pour tous : propriétaires, locataires, bailleurs privés et professionnels de l’immobilier.

Consacrer le logement, grande cause du quinquennat

Pour sortir de cette impasse, ORPI propose une feuille de route en trois temps :

  1. Relancer les États Généraux du Logement pour réunir l’ensemble des acteurs autour d’une même table. La loi intégrale doit être la première du prochain quinquennat, consacrant officiellement le logement comme Grande Cause nationale.
  2. Instaurer un cadre stable pour au moins cinq ans. Cet horizon long envoie un signal de confiance aux investisseurs et stabilise le marché. Des mesures d’urgence — en matière d’urbanisme et de remise de logements sur le marché — entreraient en vigueur rapidement.
  3. Instituer un suivi annuel des résultats : logements produits, délais d’instruction, taux d’accession, évolution de l’offre locative. Sans évaluation, pas de cap fiable. C’est l’une des leçons clés de la consultation citoyenne.

🁢 Les 4 convictions d’ORPI pour 2027 : tableau comparatif

Conviction Objectif Mesures phares Résultat attendu
01 – Loi intégrale sur le logement Cohérence des politiques publiques États Généraux du Logement ; cadre stable 5 ans ; suivi annuel des résultats Fin de l’instabilité réglementaire chronique
02 – Relance de la construction 450 000 logements / an Amortissement 4 %/an pour bailleurs privés ; reconversion de friches ; bureaux vacants +350 000 logements via bailleurs privés sur le quinquennat
03 – Choc de simplification Réduire les délais de réalisation des projets Guichet unique d’instruction ; PLU centré sur règles essentielles ; procédure regroupée De 7 ans à 3 ans par projet immobilier
04 – Rééquilibrage propriétaires-locataires Restaurer une offre locative suffisante Statut bailleur privé (amortissement 4 %/an, 5 ans, sans zonage) ; traitement accéléré loyers impayés Marché locatif sécurisé pour toutes les parties

Source : ORPI / Make.org, « Le logement, une ambition pour 2027 », consultation citoyenne nationale, 2026.

Comment relancer la construction et provoquer un choc de simplification ?

La relance de la construction : des chiffres qui parlent

La deuxième conviction d’ORPI porte sur la production de logements et la mobilisation du parc existant. L’objectif affiché : atteindre 450 000 logements produits par an, pour répondre aux besoins des ménages et résorber le déficit structurel accumulé.

Pour y parvenir, ORPI mise d’abord sur l’investissement locatif privé. Un amortissement de 4 % par an accordé aux bailleurs permettrait de générer environ 350 000 logements supplémentaires sur le quinquennat. Ce mécanisme fiscal s’appliquerait à la location nue comme meublée, dans l’ancien comme dans le neuf. En parallèle, quelque 450 000 logements bloqués par les interdictions liées au DPE pourraient réintégrer le marché grâce à une approche réformée du diagnostic énergétique.

La mobilisation des bureaux et locaux vacants offre un potentiel supplémentaire estimé à 150 000 logements sur cinq ans. La reconversion des friches industrielles et des terrains déjà urbanisés complète ce dispositif. Guillaume Martinaud est direct : « Les gens disent qu’il faut construire en France. La réalité, c’est que tout le monde le dit et qu’on ne le fait pas. »

Le choc de simplification : de 7 ans à 3 ans par projet

La troisième conviction s’attaque à la complexité administrative qui paralyse la construction. En France, un projet immobilier nécessite en moyenne 7 ans entre la décision et la livraison. ORPI vise à ramener ce délai à 3 ans.

Comment ? En simplifiant d’abord les documents d’urbanisme. Le PLU doit se recentrer sur l’essentiel : hauteur, implantation du bâti, rapport à la rue, espaces verts. Les pouvoirs du maire seraient renforcés pour tenir compte des réalités locales. Sur le contrôle des chantiers, la conformité technique reposerait davantage sur le maître d’ouvrage, avec des vérifications renforcées pendant et après la construction — plutôt que des blocages en amont. Des sanctions fortes en cas de non-conformité — mises en demeure et amendes — compléteraient le dispositif.

La mesure phare reste la création d’un guichet unique d’instruction, qui remplace les enquêtes et consultations successives par une procédure regroupée. Résultat attendu : diviser par deux le délai moyen de réalisation.

Comment rééquilibrer les relations entre locataires et propriétaires ?

Créer un véritable statut du bailleur privé

La quatrième conviction d’ORPI porte sur le rééquilibrage de la relation locative. L’objectif est double : restaurer une offre suffisante de logements à louer et sécuriser tous les acteurs — bailleurs comme locataires — sur l’ensemble des territoires.

La mesure centrale est la création d’un “véritable” statut du bailleur privé. Ce dispositif étendrait et simplifierait un mécanisme qui existe déjà en partie. En effet, l’amortissement du bien est aujourd’hui autorisé pour les loueurs en meublé non professionnels (LMNP), mais il reste inaccessible aux bailleurs en location nue. ORPI propose de combler cette lacune en ouvrant l’amortissement à hauteur de 4 % par an pendant cinq ans à tous les bailleurs, meublé comme nu, dans l’ancien comme dans le neuf — et sans aucun zonage géographique ni conditionnalité administrative. Les bailleurs pratiquant des loyers modérés bénéficieraient d’un amortissement bonifié, pour orienter l’offre vers les ménages aux revenus intermédiaires — souvent les plus mal servis par le marché actuel.

Derrière cette mesure, un diagnostic que Guillaume Martinaud formule sans détour : « Depuis plusieurs années, la rentabilité de l’investissement locatif ne cesse de se dégrader. Or, sans mesures incitatives pour encourager les propriétaires à mettre leurs logements en location, l’offre locative continuera de se réduire, au détriment des ménages à la recherche d’un logement. »

Sécuriser la relation locative des deux côtés

Au-delà du statut du bailleur, ORPI propose des mesures concrètes pour les deux parties. Pour les propriétaires : accélérer le traitement des loyers impayés, renforcer les moyens des maires contre les divisions abusives et les situations d’insalubrité. Pour les locataires : faciliter la récupération des dépôts de garantie, simplifier les recours et mieux les protéger face aux abus.

La consultation citoyenne confirme cette double attente. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Victor Laymand le souligne : « Ces propositions sur la protection des propriétaires dépassent largement le seuil des 67 % — certaines atteignent 82 %. C’est vraiment une double demande : elle vient surtout des propriétaires, mais elle a été votée aussi par l’ensemble des participants. »

Propriétaires et locataires veulent moins de conflits et plus de solutions concrètes. Guillaume Martinaud résume l’ambition : « Le logement, ça rassemble tout le monde. On ne peut pas parler du logement sans parler de cohésion des territoires, de pouvoir d’achat, de démographie. Tout est lié. »


Conclusion

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la consultation citoyenne menée par ORPI et Make.org adresse un message clair aux responsables politiques : les Français réclament une politique du logement plus lisible, plus stable et surtout plus efficace. Les quatre grandes orientations qui en émergent — une loi globale sur le logement, la relance de la construction, une simplification réglementaire et un meilleur équilibre entre propriétaires et locataires — dessinent les contours d’une réforme ambitieuse du secteur immobilier. Fort de 16 348 contributions citoyennes, ORPI entend ainsi replacer le logement au cœur des priorités nationales. Reste désormais à savoir si les candidats sauront transformer ces attentes en engagements concrets.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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