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Diagnostic immobilier : l’UFD3I fédère plus de 4 000 diagnostiqueurs

Diagnostic immobilier : l’UFD3I fédère plus de 4 000 diagnostiqueurs

Le diagnostic immobilier se dote d’une voix commune. Le 21 septembre 2026, l’Alliance du Diagnostic Immobilier, Filiance et Sidiane créent l’UFD3I, une union de plus de 4 000 diagnostiqueurs. Elle répond à l’appel du ministre du Logement Vincent Jeanbrun pour une représentation unifiée. Le 22 septembre, aux Ateliers du Diag, une motion du député Daniel Labaronne salue ce regroupement. Déontologie, certification, DPE : quels dossiers l’UFD3I porte-t-elle face à l’État ? Décryptage.


Sommaire :


À retenir – la création de l’UFD3I dans le diagnostic immobilier

  • Trois syndicats créent l’UFD3I le 21 septembre 2026.
  • L’UFD3I compte plus de 4 000 diagnostiqueurs en 2026.
  • Les trois fondateurs co-président l’UFD3I depuis septembre 2026.
  • Les Ateliers du Diag réunissent 200 professionnels le 22 septembre 2026.
  • Le député Labaronne salue ce regroupement le 22 septembre 2026.

Pourquoi l’UFD3I voit-elle le jour dans le diagnostic immobilier ?

Une réponse directe à l’appel du ministre

L’UFD3I ne naît pas par hasard. Depuis plusieurs mois, les pouvoirs publics veulent réorganiser la profession. Lors des Assises du diagnostic immobilier, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a posé une attente claire : une représentation unifiée. Autrement dit, l’État veut un interlocuteur identifié, et non une multitude de voix.

L’Alliance du Diagnostic Immobilier, Filiance et Sidiane ont entendu le message. Elles choisissent donc de s’unir. Leur objectif est simple : être mieux entendues au moment où se décide l’avenir du métier.

Le calendrier explique cette urgence. Les Assises se sont tenues le 21 mai 2026 à Paris. Trois thèmes ont structuré les échanges : la formation, la déontologie et la structuration de la filière. Par ailleurs, le ministre y a annoncé une charte de déontologie, de formation et de représentation, à construire avec les professionnels. Dès lors, les organisations qui parlent d’une seule voix pèseront davantage sur son contenu.

Une filière encore éclatée

Le problème n’est pas nouveau. Le secteur du diagnostic immobilier compte près de 12 000 opérateurs en France, comme le rappelait notre article sur l’appel de l’Alliance à une représentation unifiée du diagnostic immobilier. Pourtant, ce poids économique se traduit mal en influence politique. En effet, plusieurs organisations se partagent la représentation du métier. En conséquence, l’État peine à identifier un interlocuteur légitime.

L’Alliance avait déjà amorcé le mouvement. Elle est issue de la fusion de la CDI FNAIM et de la FIDI, comme l’expliquait notre décryptage sur la création de l’Alliance du Diagnostic Immobilier. L’UFD3I va plus loin. Avec plus de 4 000 diagnostiqueurs, elle rassemble environ un tiers des opérateurs. Un poids qui compte dans la négociation.

Comment fonctionne cette nouvelle union du diagnostic immobilier ?

Une structure « chapeau » qui rassemble sans remplacer

C’est l’argument central du projet : l’UFD3I ne remplace personne. Les syndicats et associations existants gardent leur rôle. L’Union agit comme une structure « chapeau ». Concrètement, elle ne traite que les sujets communs, ceux qui dépassent les intérêts propres de chaque organisation. Sur le plan juridique, elle prend la forme d’une association.

Pourquoi ce choix ? Parce que les membres ne se ressemblent pas. Ils n’ont ni le même modèle économique, ni les mêmes réalités de terrain. Une fusion aurait donc gommé ces différences. En revanche, leurs intérêts convergent sur de nombreux sujets essentiels. C’est précisément ce socle commun qui fonde l’Union.

Olivier Heaulme, président de Sidiane, résume cette philosophie : « Nous ne créons pas une organisation de plus. Nous créons un cadre pour rassembler les organisations quand elles défendent des intérêts communs. L’UFD3I pourra accueillir d’autres organisations à l’avenir. »

Structure chapeau et organisations membres : qui fait quoi dans le diagnostic immobilier ?

CritèreUFD3I (structure chapeau)Organisations membres
RôlePorter une voix collective auprès des pouvoirs publicsDéfendre les intérêts propres de leurs adhérents
Sujets traitésSujets communs, qui font consensusSujets spécifiques à chaque organisation
IdentitéParole unifiée quand c’est nécessaireIdentité propre conservée
Modèle économiqueNon concernéModèles économiques différents selon les membres
GouvernanceCo-présidence des trois fondateursInstances dirigeantes propres
OuvertureAccessible à d’autres organisations sous critèresAdhésion à l’Union volontaire

Une co-présidence à trois voix

La gouvernance reflète cet équilibre. Les trois fondateurs co-président l’Union, et chacun conserve son identité.

création de l'UFD3I
Lionel Janot co-président de l’Alliance du Diagnostic Immobilier, Yannick Colin pour Filiance, et Olivier Heaulme Président de Sidiane

L’Alliance est représentée par ses co-présidents, Lionel Janot et Philippe Champiot. Filiance l’est par Franck Pettex-Sorgue, président de sa délégation Construction. Quant à Sidiane, elle l’est par son président, Olivier Heaulme.

Pour les dirigeants de l’Alliance, la ligne est claire : « La création de l’UFD3I répond à une nécessité : donner à notre profession une voix collective forte, à la hauteur de ses responsabilités. Nous avons choisi de parler d’une seule voix quand c’est nécessaire, tout en gardant la diversité et l’identité de chaque organisation. »

Une union ouverte, mais sous conditions

L’UFD3I ne se veut pas un club fermé. D’autres organisations pourront la rejoindre. Toutefois, elles devront remplir deux conditions : répondre à des critères objectifs de représentativité et adhérer aux principes fondateurs. L’ambition est ainsi de rassembler la profession pas à pas, autour des sujets qui font consensus.

Cette diversité existe déjà en interne. L’Union réunit des indépendants, des petites et moyennes sociétés, ainsi que des bureaux de diagnostic et de contrôle. Elle compte aussi des réseaux intégrés ou franchisés. Autrement dit, elle représente toutes les tailles d’entreprise.

Quels chantiers l’UFD3I porte-t-elle pour le diagnostic immobilier ?

Six grands chantiers transversaux

L’UFD3I a fixé sa feuille de route. Elle s’articule autour de six sujets communs à toute la profession :

  • la déontologie et la professionnalisation des pratiques ;
  • la certification et l’assurance ;
  • la qualité et la responsabilité ;
  • l’entraide entre professionnels ;
  • les données du secteur, avec un futur observatoire ;
  • l’accompagnement des évolutions réglementaires.

Ces thèmes touchent au cœur du métier. En effet, le Code de la construction et de l’habitation impose déjà au diagnostiqueur une certification des compétences, délivrée par un organisme accrédité. Il exige aussi une assurance responsabilité civile professionnelle et une organisation adaptée (articles R271-1 et R271-2). Dès lors, toute évolution de ces règles touche directement chaque professionnel.

L’Union poursuit également un objectif d’image. Elle veut mieux faire connaître les métiers du diagnostic et combattre les idées reçues. Ce combat n’a rien de théorique. Début 2026, l’Alliance dénonçait déjà un DPE bashing visant l’ensemble des diagnostiqueurs.

Des dossiers réglementaires déjà sur la table

L’UFD3I ne part pas de zéro. Ses fondateurs travaillent déjà ensemble sur plusieurs dossiers sensibles.

Le code de déontologie figure en bonne place. Le ministre l’a confié au député Daniel Labaronne. Les fondateurs examinent aussi les indicateurs de performance (KPI), dont ils évaluent l’utilité et les conséquences.

Le dossier le plus technique concerne le coefficient de l’électricité dans le DPE. Ce coefficient convertit l’électricité consommée en énergie primaire. Or, il influence directement l’étiquette énergétique d’un logement. Il est passé de 2,3 à 1,9 début 2026. Par ailleurs, un nouvel ajustement à 1,7 a été évoqué lors des Assises. Selon le gouvernement, près de 895 000 logements sont ainsi sortis du statut de passoire thermique. Ce dossier a donné lieu à un avis défavorable devant le CSCEE, le Conseil supérieur de la construction et de l’efficacité énergétique.

Enfin, l’Union suit les nouveaux textes sur l’amiante et le plomb, ainsi que les normes en préparation sur le DPE et les termites-mérules.

Pour Franck Pettex-Sorgue, président de la délégation Construction de Filiance, le cap est fixé : « La profession dispose désormais d’un cadre commun pour dialoguer avec l’État. Cette Union restera ouverte à tous ceux qui veulent porter une voix plus forte pour le diagnostic immobilier, des infrastructures et de l’industrie. »

Que retenir des Ateliers du Diag du 22 septembre 2026 ?

Plus de 200 professionnels réunis à Paris

Dès le lendemain de son annonce, l’UFD3I passe l’épreuve du terrain. Diagactu organise les Ateliers du Diag le 22 septembre 2026 à Paris. Plus de 200 professionnels du diagnostic immobilier y participent. Au programme : des séances très pratiques sur les enjeux techniques et réglementaires, mais aussi sur l’avenir du métier.

Surtout, la journée ouvre un dialogue approfondi avec le député Daniel Labaronne. Celui-ci poursuit les travaux confiés par le ministre sur la représentation de la profession. Pour l’UFD3I, c’est l’occasion de confirmer sa dynamique. Ses quatre dirigeants en tirent d’ailleurs un bilan positif : « Les échanges avec Daniel Labaronne montrent que cette dynamique peut désormais se traduire concrètement. »

Une motion adoptée par la quasi-totalité des organisations

La journée se conclut sur un temps fort. Le député Labaronne propose une motion. La quasi-totalité des organisations présentes l’adopte, dont l’UFD3I et Nous Diagnostiqueurs. Le texte porte un double message. D’un côté, il veut redonner confiance et perspectives aux professionnels. De l’autre, il s’adresse aux pouvoirs publics : « la filière entend s’organiser pour porter une parole crédible, représentative et reconnue ».

La motion salue également deux pôles de regroupement : l’UFD3I et Nous Diagnostiqueurs. Chacun veut accueillir le plus grand nombre de diagnostiqueurs partageant ses valeurs. Tous deux s’engagent à respecter la diversité des parcours, des structures et des modes d’exercice. Ainsi, le paysage syndical du diagnostic immobilier se simplifie, sans pour autant s’uniformiser.

Qu’est-ce que cette union change pour les copropriétaires et les syndics ?

Un diagnostic immobilier au cœur des transactions

Pour les copropriétaires, les bailleurs et les acquéreurs, l’enjeu est très concret. Lors de la vente de tout ou partie d’un immeuble bâti, le vendeur doit fournir un dossier de diagnostic technique (DDT). Ce dossier est annexé à la promesse de vente ou, à défaut, à l’acte authentique (article L271-4 du Code de la construction et de l’habitation). Il comprend notamment le constat de risque d’exposition au plomb (CREP), l’état amiante issu du repérage, l’état termites et le DPE. De même, toute mise en location impose de remettre un DPE au locataire.

En pratique, chaque vente immobilière d’un lot de copropriété mobilise donc un diagnostiqueur certifié. La qualité de son rapport pèse directement sur la sécurité juridique de la transaction.

Compétence et indépendance, deux exigences réaffirmées

La motion du 22 septembre fixe des exigences communes. Elle vise à garantir la compétence et l’indépendance des diagnostiqueurs. Elle entend aussi promouvoir une déontologie partagée et améliorer la qualité des prestations. Objectif final : renforcer la confiance des citoyens.

Ces principes ne partent pas de rien. Le Code de la construction et de l’habitation impose déjà au diagnostiqueur des conditions d’impartialité et d’indépendance (articles L271-4 à L271-6). Néanmoins, une déontologie portée par la profession elle-même pourrait consolider ce cadre. Pour les syndics et les conseils syndicaux, le bénéfice serait direct : des rapports plus fiables. Or, ces rapports servent à préparer les assemblées générales et les projets de rénovation énergétique de la copropriété.

Un futur observatoire pour objectiver le débat

Dernier levier, et non des moindres : l’observatoire des données du secteur. L’UFD3I prévoit sa création. Cet outil pourrait éclairer les débats, souvent vifs, sur la fiabilité du DPE. Il permettrait aussi de mesurer l’activité réelle du diagnostic immobilier. En conséquence, la profession disposerait d’arguments chiffrés face aux critiques. Quant aux pouvoirs publics, ils gagneraient un interlocuteur capable de documenter ses positions.


Avec l’UFD3I, le diagnostic immobilier franchit une étape décisive vers une représentation unifiée auprès de l’État. La motion adoptée aux Ateliers du Diag confirme cette dynamique, désormais organisée autour de deux pôles syndicaux. Reste à transformer cette voix commune en avancées concrètes sur la déontologie, la certification et la fiabilité du DPE.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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