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​Diagnostic immobilier : l’Alliance appelle à une représentation unifiée

​Diagnostic immobilier : l’Alliance appelle à une représentation unifiée

12 000 opérateurs, plusieurs syndicats concurrents, et une profession qui peine encore à parler d’une seule voix : le diagnostic immobilier — DPE, amiante, plomb, DDT — est à la croisée des chemins. Le 21 mai 2026, les premières Assises du diagnostic immobilier, organisées sous l’égide des pouvoirs publics, réunissent les acteurs de la filière pour un moment qualifié de « décisif » par l’Alliance du Diagnostic Immobilier. Née de la fusion de la CDI FNAIM et de la FIDI, cette organisation syndicale unifiée porte un message sans ambiguïté : la structuration de la profession ne peut plus attendre. Transition énergétique, fiabilité des diagnostics, certification, formation… les défis s’accumulent. La filière saura-t-elle saisir cette opportunité historique pour se réinventer ?


Sommaire :


À retenir — Assises du diagnostic immobilier 2026

  • Le secteur du diagnostic immobilier compte 12 000 opérateurs, mais reste morcelé.
  • Les Assises du 21 mai 2026 sont un moment décisif pour la filière.
  • L’Alliance est née de la fusion CDI FNAIM / FIDI, réalisée en moins d’un an.
  • Seule régie par la loi de 1884, elle est habilitée à siéger dans les instances paritaires.
  • Elle défend une confédération fédératrice, pas une fusion qui efface les identités.

Le diagnostic immobilier face à l’urgence d’une restructuration profonde

Une filière fragmentée malgré son poids économique

Le secteur du diagnostic immobilier regroupe près de 12 000 opérateurs en France. Pourtant, ce poids économique ne se traduit pas en influence politique. Plusieurs organisations aux intérêts divergents se partagent la représentation de la profession. Dès lors, la filière peine à porter une position commune face aux pouvoirs publics.

Cette fragmentation affaiblit directement sa capacité à peser dans les décisions réglementaires. Le message des pouvoirs publics, à l’occasion des Assises du 21 mai 2026, est sans ambiguïté : la filière doit parler d’une seule voix. Sans représentation unifiée, le secteur subit les réformes plutôt qu’il ne les co-construit.

Les Assises du 21 mai 2026, un rendez-vous historique

Les Assises du diagnostic immobilier constituent un tournant. Les pouvoirs publics les organisent pour réunir, pour la première fois, l’ensemble des acteurs du secteur autour d’une même table. L’objectif est clair : poser les bases d’une filière plus lisible, plus crédible et plus influente. Pour l’Alliance du Diagnostic Immobilier, il s’agit d’un « moment charnière ». La profession peut y passer d’une logique fragmentée à une organisation collective capable de répondre aux défis à venir. Ainsi, le 21 mai 2026 pourrait marquer un avant et un après pour le diagnostic immobilier en France.

Qu’est-ce que l’Alliance du Diagnostic Immobilier et comment s’est-elle construite ?

Une fusion historique entre CDI FNAIM et FIDI

L’Alliance du Diagnostic Immobilier naît d’une décision volontaire et structurante : la fusion de deux organisations historiques, la CDI FNAIM et la FIDI. Ses fondateurs la mettent en œuvre en moins d’un an, dans un esprit de responsabilité collective. Elle traduit une conviction partagée : face aux enjeux actuels du diagnostic immobilier, l’intérêt général de la profession prime sur les intérêts particuliers. En ce sens, cette démarche constitue un modèle pour l’ensemble du secteur.

Une organisation représentative de tous les profils du métier

Aujourd’hui, l’Alliance fédère près de 1 000 diagnostiqueurs : du professionnel indépendant aux groupes régionaux et aux réseaux structurés. Elle couvre ainsi l’ensemble des profils du métier, ce qu’aucune autre organisation ne revendique. Sa gouvernance repose sur une co-présidence assurée par Lionel Janot et Philippe Champiot, 11 administrateurs, 2 élus correspondants, et 4 commissions de travail : Communication, Formation, Technique et Réglementaire, et Assurances.

​Diagnostic immobilier : l'Alliance appelle à une représentation unifiée

Un statut juridique qui lui confère une capacité d’action unique

L’Alliance bénéficie d’un avantage structurel déterminant. Elle est la seule organisation professionnelle déclarée régie par la loi du 21 mars 1884 sur les syndicats professionnels habilitée à siéger dans les instances paritaires : emploi, formation, social. Ce statut lui ouvre des capacités d’action concrètes dans la structuration du secteur du diagnostic immobilier que ses concurrents ne détiennent pas. Par ailleurs, l’Alliance détient un contrat exclusif de Responsabilité Civile Professionnelle (RCP) de Groupe LSN-AXA. Ce contrat couvre ses adhérents pour l’ensemble de leurs activités, aux conditions optimales de garanties et de prix.

Quels sont les enjeux portés par l’Alliance aux Assises du diagnostic immobilier ?

Construire une confédération légitime, pas une fusion qui efface les identités

L’Alliance arrive aux Assises avec une position claire et nuancée. Elle ne défend pas une fusion qui effacerait les identités des organisations existantes. En revanche, elle plaide pour une structure fédératrice unique. Celle-ci doit reposer sur des règles de gouvernance transparentes, une représentativité réelle des acteurs et un système de vote équilibré.

Comme le précise Lionel Janot, co-président de l’Alliance : « Ce que nous défendons, ce n’est pas une fusion qui efface les identités, mais une organisation qui les rassemble pour peser collectivement. La profession doit se doter des moyens de peser sur la réglementation, la certification, la formation et les conditions d’exercice. »

Transition énergétique et fiabilité des diagnostics, les défis techniques du secteur

Au-delà de la représentation, les Assises doivent permettre d’aborder les défis techniques du diagnostic immobilier. La transition énergétique place la profession au cœur des enjeux nationaux. Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), réformé par le décret n° 2021-872 du 30 juin 2021, est désormais opposable juridiquement. Il conditionne la mise en location ou la vente de nombreux logements. Les exigences de fiabilité se renforcent. Les diagnostiqueurs font face à des obligations croissantes : certification COFRAC, formation continue, assurance professionnelle obligatoire. En conséquence, la structuration de la filière est indissociable de sa montée en compétence collective.

Peser sur la réglementation, la certification et la formation

L’Alliance identifie quatre leviers prioritaires pour renforcer l’influence du secteur : la réglementation, la certification, la formation et les conditions d’exercice. Ces quatre axes répondent aux principales préoccupations des 12 000 diagnostiqueurs immobiliers français. L’arrêté du 2 juillet 2018 relatif aux conditions de certification des diagnostiqueurs encadre aujourd’hui la formation continue. Pourtant, les disparités entre opérateurs restent importantes. Une voix commune permettrait de porter des propositions cohérentes auprès des ministères concernés — Logement, Transition écologique — et des organismes de normalisation.

Comment les dirigeants de l’Alliance envisagent-ils l’avenir du diagnostic immobilier ?

Sérénité et ambition, le cap fixé par Lionel Janot

Lionel Janot, co-président de l’Alliance, exprime une vision à la fois pragmatique et ambitieuse : « Ces Assises représentent une opportunité unique de bâtir quelque chose de durable pour notre profession. Nous y venons avec sérénité et ambition, sans posture, avec la conviction que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise. Notre métier est essentiel, mais encore insuffisamment reconnu. Cette séquence peut constituer un véritable point d’inflexion pour renforcer sa visibilité et sa légitimité. »

L’unité se construit dans l’action, selon Philippe Champiot

Philippe Champiot, co-président, apporte une perspective complémentaire, ancrée dans l’expérience concrète de la fusion CDI FNAIM / FIDI : « Nous avons déjà fait un choix fort en réunissant deux organisations historiques pour porter une voix commune. Cette démarche nous a appris une chose essentielle : l’unité ne se décrète pas, elle se construit dans l’action. Aujourd’hui, il est temps de sortir des postures et de parler de la réalité du terrain, celle des diagnostiqueurs indépendants comme des groupements régionaux et des réseaux. » Cette expérience constitue un atout décisif pour l’Alliance dans les négociations à venir.

💡 Le saviez-vous ? En France, l’exercice du métier de diagnostiqueur immobilier est réglementé par la loi n° 2006-872 du 13 juillet 2006 portant engagement national pour le logement (loi ENL), qui a instauré l’obligation de certification personnelle pour tous les diagnostiqueurs. Cette certification, délivrée par des organismes accrédités COFRAC, doit être renouvelée tous les 5 ans.


Quelles perspectives concrètes pour les diagnostiqueurs immobiliers après les Assises ?

Une meilleure reconnaissance institutionnelle en ligne de mire

La reconnaissance institutionnelle du diagnostic immobilier reste insuffisante au regard de son rôle central dans les transactions immobilières et la politique énergétique nationale. Or, les diagnostiqueurs interviennent à chaque étape clé : vente, location, rénovation, mise en conformité. Une représentation unifiée et crédible ouvrirait la voie à une présence renforcée dans les concertations législatives. Cela concerne notamment les futures évolutions du DPE, du Carnet d’Information du Logement (CIL) créé par la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, ou encore des dispositifs MaPrimeRénov’.

Des conditions d’exercice et une protection collective améliorées

Les professionnels indépendants constituent la majorité des adhérents de l’Alliance. Pour eux, les enjeux sont aussi très concrets. Un syndicat unifié et puissant négocie de meilleures conditions d’assurance RCP, pèse sur les barèmes de formation et défend les conditions d’exercice face à la concurrence des plateformes numériques. Ces plateformes fragilisent le modèle économique traditionnel du diagnostic immobilier. L’accès à la RCP de Groupe LSN-AXA, contrat exclusif que l’Alliance a négocié, représente déjà un avantage tangible pour ses adhérents.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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