Le plan pluriannuel de travaux en copropriété est devenu une obligation incontournable depuis 2023. Pourtant, beaucoup de copropriétés peinent encore à s’en emparer. Luc Crinon, PDG de MCP Diagnostic & Ingénierie, cabinet toulousain fondé il y a 18 ans, accompagne syndics et conseils syndicaux pour transformer cette contrainte réglementaire en véritable outil de gestion patrimoniale. Rencontre avec un expert du diagnostic et de l’ingénierie immobilière sur l’axe Toulouse-Bordeaux.
Sommaire :
- Pouvez-vous nous présenter MCP Diagnostic & Ingénierie et votre positionnement sur le marché de la copropriété ?
- Quelles sont vos zones d’intervention et vos typologies de clients ?
- Comment les nouvelles obligations réglementaires — PPT, DTG, DPE collectif — ont-elles fait évoluer vos missions ?
- Quels freins observez-vous encore sur le terrain face à la rénovation énergétique ?
- Comment voyez-vous l’évolution de ce marché pour les prochaines années ?
Pouvez-vous nous présenter MCP Diagnostic & Ingénierie et votre positionnement sur le marché de la copropriété ?
Luc Crinon. Bonjour à tous. Je représente MCP Diagnostic & Ingénierie, une entreprise que j’ai cofondée avec mon associé François Pélisson il y a maintenant 18 ans.
Du diagnostic immobilier à l’ingénierie pluridisciplinaire
Nous sommes partis d’un cabinet de diagnostic immobilier. Puis, progressivement, nous avons développé des prestations d’ingénierie autour des enjeux spécifiques de la copropriété : ingénierie thermique, génie civil et ingénierie de structure. Ces missions se sont structurées en particulier dans le cadre des réglementations liées aux projets pluriannuels de travaux, en vigueur depuis 2023.

Une équipe pluridisciplinaire au service des copropriétés
Pour mener ces missions, nous nous appuyons sur une équipe pluridisciplinaire de plus de quarante collaborateurs. Parmi eux, on compte des chargés d’études bâtiment titulaires du diplôme d’État d’architecte, des ingénieurs en thermique, en structure et en génie civil, ainsi que des diagnostiqueurs certifiés amiante, plomb et DPE. Ensemble, nous travaillons main dans la main avec les copropriétés, les syndics professionnels et les membres de conseils syndicaux. Notre objectif est de les accompagner à la fois dans l’élaboration des plans pluriannuels de travaux et dans le suivi post-projet, notamment via l’assistance à maîtrise d’ouvrage.
« Nos équipes pluridisciplinaires permettent de réaliser des livrables de qualité, en combinant expertise technique du bâti, ingénierie thermique et accompagnement des acteurs de la copropriété. »
Quelles sont vos zones d’intervention et vos typologies de clients ?
Luc Crinon. Notre siège social est basé à Toulouse, là où nous concentrons l’essentiel de nos quarante collaborateurs. Nous disposons également d’une antenne à Mérignac, près de Bordeaux, avec une équipe de six personnes. Nos zones d’inspection sont donc variées. Nous intervenons naturellement sur les communes urbaines — Toulouse, Bordeaux et leurs périphéries — mais aussi sur des territoires plus atypiques.
En effet, nous accompagnons également des copropriétés situées dans les stations de ski des Pyrénées, sur le pourtour méditerranéen côté Narbonne et Perpignan, ainsi que sur le bassin d’Arcachon et le Cap Ferret. Cette diversité géographique implique des typologies de biens très différentes. Certains immeubles sont occupés à l’année par leurs propriétaires, d’autres sont plus typés locatifs ou relevant du résidentiel occasionnel. Les enjeux ne sont donc pas les mêmes d’un bien à l’autre. Toutefois, la rigueur de notre approche technique reste identique quelle que soit la configuration rencontrée.
Comment les nouvelles obligations réglementaires — PPT, DTG, DPE collectif — ont-elles fait évoluer vos missions ?
Luc Crinon. Ces évolutions réglementaires ont répondu à une vraie anomalie. Avant, un futur acquéreur en copropriété recevait des diagnostics individuels sur son logement — amiante, plomb, gaz, électricité, DPE. Mais il n’existait quasiment rien sur l’état du bâti collectif, sa vétusté ou les travaux à venir. Le législateur a corrigé cela en imposant un diagnostic du bâti à l’échelle de l’immeuble.
Ainsi, le plan pluriannuel de travaux (PPT) en copropriété fournit aujourd’hui un état des lieux complet. Il informe le futur acquéreur sur la qualité de son acquisition collective, les travaux envisagés et les éventuels surcoûts à anticiper.
Par ailleurs, nos missions se structurent autour de trois volets complémentaires :
- Le premier volet porte sur la sécurité des biens et des personnes : il s’agit de vérifier l’état apparent du clos et du couvert.
- Le deuxième volet couvre la dimension patrimoniale : vétusté de l’immeuble, entretien courant, obligations réglementaires.
- Le troisième volet, enfin, concerne la performance thermique du bâtiment, via le DPE collectif à l’échelle de l’immeuble.
Ce document permet de mesurer la performance énergétique existante et d’ouvrir des pistes d’amélioration concrètes. Au total, c’est un véritable outil de pilotage mis entre les mains des copropriétaires.
« Le plan pluriannuel de travaux, c’est à la fois une feuille de route collective et un document de transparence. Il cadre la gestion patrimoniale de l’immeuble au même titre que les diagnostics individuels cadrent le logement. »
Quels freins observez-vous encore sur le terrain face au plan pluriannuel de travaux en copropriété ?
Luc Crinon. Sur le terrain, les diagnostics révèlent souvent des pathologies que les copropriétaires n’avaient pas identifiées : des épaufrures de balcons, des fissures, des installations électriques vétustes. Cela permet de donner des orientations de travaux chiffrées et d’identifier les risques qui nécessitent une intervention rapide.
Cela dit, le volet d’amélioration énergétique se heurte à des freins bien réels, inhérents à la vie même d’une copropriété. Les enjeux financiers individuels jouent un rôle central. Par ailleurs, les situations de vie sont très diverses : une personne de trente ans et une personne de quatre-vingts ans n’ont pas les mêmes attentes vis-à-vis de travaux d’envergure. De même, un copropriétaire situé sous les toits avec un inconfort thermique estival sera bien plus enclin à voter des travaux d’isolation qu’un voisin bénéficiant d’une belle exposition à l’étage intermédiaire.
Face à ces situations complexes, nous accompagnons activement les conseils syndicaux lors des restitutions en assemblée générale. Notre rôle est d’informer, de guider et de contribuer à construire une feuille de route commune. Toutefois, les deux freins les plus constants restent la coordination entre copropriétaires et la partie financière.
« Rassembler tous les copropriétaires autour d’une même feuille de route est un exercice délicat. C’est précisément là que notre accompagnement prend tout son sens : objectiver les données, les rendre lisibles et aider à prioriser les décisions. »
Comment voyez-vous l’évolution du marché du plan pluriannuel de travaux en copropriété pour les prochaines années ?
Luc Crinon. Depuis 2023, ce marché est clairement en développement. Il repose sur une obligation réglementaire que toutes les copropriétés n’ont pas encore pleinement intégrée. Le premier frein que nous rencontrons est la perception selon laquelle l’obligation existe, mais qu’aucune sanction n’est prévue. C’est inexact.
Une obligation encore mal comprise, des sanctions bien réelles
En réalité, les premières sanctions apparaissent lors des mutations immobilières. Les notaires demandent désormais le plan pluriannuel de travaux pour informer les futurs acquéreurs sur les travaux projetés et les éventuelles difficultés techniques, patrimoniales ou énergétiques du bien. Sans ce document, une copropriété peut se retrouver dans l’impossibilité de répondre à ses obligations lors d’une vente.
Il y a également un aspect assurantiel non négligeable. Nos diagnostics mettent parfois en évidence des pathologies structurelles importantes qui engagent directement la sécurité des occupants. Ainsi, se mettre en conformité, c’est aussi se protéger.
Un marché en pleine montée en charge, un cycle vertueux à long terme
Par ailleurs, il reste un angle mort important : les copropriétés bénévoles, qui représentent entre 20 et 30% du parc français. Beaucoup ne sont pas encore au courant de leurs obligations réglementaires. Le calendrier de déploiement s’annonce donc plus long que prévu. Nous anticipons une montée en charge progressive sur cinq à six ans, avec un léger trou d’air avant que le marché n’atteigne sa pleine maturité.
Pour notre part, nous continuons à développer nos missions complémentaires — structurelles et thermiques — qui accompagnent naturellement les plans pluriannuels de travaux. Et dans dix ans, les obligations se renouvellent : c’est un cycle vertueux pour la préservation du patrimoine immobilier collectif.
En somme, MCP Diagnostic & Ingénierie se positionne comme un partenaire technique de référence pour les copropriétés du Sud-Ouest confrontées aux obligations réglementaires liées au plan pluriannuel de travaux en copropriété. Grâce à son équipe pluridisciplinaire, sa certification RGE et sa capacité à accompagner les acteurs de la copropriété de l’état des lieux jusqu’à l’assistance à maîtrise d’ouvrage, MCP transforme une contrainte réglementaire en levier concret d’amélioration du patrimoine. N’hésitez pas à contacter MCP Diagnostic & Ingénierie pour bénéficier de leur expertise et trouver la solution la plus adaptée à vos besoins.

