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​Rénovation énergétique en copropriété : l’approche pluridisciplinaire d’abcdomus

​Rénovation énergétique en copropriété : l’approche pluridisciplinaire d’abcdomus

Dans cette interview, Benoît Cousin, co-gérant d’abcdomus, lève le voile sur les véritables enjeux de la rénovation énergétique en copropriété. Face à l’empilement de contraintes techniques, budgétaires et réglementaires, ce bureau d’études spécialisé en maîtrise d’œuvre de réhabilitation accompagne les copropriétés depuis 20 ans avec une approche pluridisciplinaire. Loin de la simple mise en conformité, abcdomus aide les copropriétaires à construire des décisions éclairées et des projets patrimoniaux durables.


Sommaire :


Pouvez-vous nous présenter abcdomus ?

Benoît Cousin. Abcdomus est un bureau d’études d’ingénierie spécialisé en maîtrise d’œuvre de réhabilitation. Cette année, nous fêtons nos 20 ans d’existence. Au départ, nous étions deux. Aujourd’hui, l’équipe compte une cinquantaine de collaborateurs.

Nos trois grandes activités couvrent la maîtrise d’œuvre de réhabilitation d’enveloppes de bâtiments, la maîtrise d’œuvre de rénovation énergétique de copropriété et la maîtrise d’œuvre suite à sinistres majeurs — bâtiments incendiés ou victimes d’explosion.

Une expertise au service des copropriétés

Depuis deux décennies, abcdomus accompagne des syndics, des copropriétaires et des bailleurs sociaux dans la valorisation et la transformation de leur patrimoine. Notre positionnement est clair : rester des techniciens. Nous ne faisons pas d’ingénierie financière — et nous l’assumons pleinement. Notre rôle est de proposer des solutions techniques robustes, cohérentes avec les pathologies et les contraintes de chaque bâtiment.

« Nous ne sommes pas là pour imposer une solution. Nous sommes au service du projet des copropriétaires, avec pour objectif de le mettre en musique et d’aider à trouver les bonnes entreprises pour le réaliser. »

Quels sont les principaux défis des copropriétés en matière de rénovation énergétique ?

Benoît Cousin. Le cœur du sujet, c’est la difficulté du choix. En copropriété, il n’existe jamais de décision unique. Il y a un véritable empilement de choix structurants : choisir une équipe de projet, choisir des scénarios techniques, sélectionner un projet cohérent, puis choisir les entreprises de travaux. Chaque étape conditionne la suivante.

Or, beaucoup de copropriétés ont le sentiment de devoir trancher sous pression — pression réglementaire, crainte de sanctions, absence perçue d’alternatives. C’est une erreur. Un mauvais choix subi est toujours plus risqué qu’une décision bien construite et assumée collectivement.

Choisir, c’est hiérarchiser, pas renoncer

Choisir, c’est préférer une trajectoire à une autre, en toute connaissance de cause. Cela implique aussi d’avoir confiance dans l’équipe qui accompagne le projet. Sans cette confiance entre maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre, le projet part sur des bases fragiles — et les difficultés arrivent toujours au pire moment.

Le premier grand défi de la rénovation énergétique en copropriété n’est donc pas d’ordre technique. C’est la capacité à faire des choix éclairés et collectivement assumés. La technique, on peut l’apprendre. La gouvernance et la confiance, elles se construisent.

« Choisir, ce n’est pas renoncer. C’est hiérarchiser, préférer une trajectoire à une autre, avec discernement et en toute connaissance de cause. »

Comment abcdomus aide-t-elle les copropriétaires à maîtriser les contraintes budgétaires ?

Benoît Cousin. Le budget d’un projet de rénovation énergétique ne se résume pas à un coût de travaux. Il faut adopter une vision systémique. En cela, un projet inclut des études préalables, de la préparation, de la sécurisation technique, de la gestion des risques et un suivi rigoureux en phase d’exécution. En réalité, le montant des travaux n’est qu’une partie de l’iceberg.

Lever les risques en amont pour tenir les budgets

En copropriété, il est très difficile de dépasser les enveloppes votées en assemblée générale. C’est pourquoi le budget se maîtrise avant les travaux, pas pendant. Les dérapages budgétaires viennent d’incertitudes techniques non levées, de décisions trop hâtives ou de projets insuffisamment préparés.

Notre rôle en tant que maître d’œuvre consiste précisément à limiter ces risques en amont. Concrètement, nous fournissons dès le début des études des estimations de coût fondées sur les ratios de nos expériences passées. Cela permet aux copropriétaires d’intégrer les arbitrages financiers dans leur réflexion et de choisir une solution technique compatible avec leurs capacités réelles. Plus les choix sont clairs et assumés tôt dans le projet, plus le budget devient maîtrisable. C’est un principe que nous appliquons sur chacun de nos chantiers, sans exception.

« Le budget, ça se maîtrise avant les travaux, pas pendant. Notre rôle est de lever la majorité des risques en amont pour que l’enveloppe votée en assemblée générale soit respectée. »

En quoi votre approche pluridisciplinaire fait-elle la différence ?

Benoît Cousin. Depuis 20 ans, nous avons traversé des évolutions législatives importantes et des transformations profondes de la société. En réponse, nous avons structuré une équipe pluridisciplinaire réunissant en interne la majorité des compétences nécessaires.

Aujourd’hui, abcdomus rassemble des architectes diplômés, des économistes de la construction, des conducteurs de travaux, des ingénieurs structure, des ingénieurs thermiciens et des techniciens spécialisés. Cette diversité de profils nous permet d’adresser l’ensemble des pathologies d’un bâtiment, qu’elles soient structurelles ou thermiques.

La pédagogie comme levier de cohésion

Toutefois, la pluridisciplinarité ne se résume pas à une juxtaposition de compétences. C’est une organisation des compétences au service d’un projet. À cela s’ajoute un engagement fort en matière de pédagogie. La technique seule ne suffit pas : il faut rassurer les clients, rendre lisible ce qui est complexe, expliquer les choix et créer de la cohésion au sein de la copropriété.

​Rénovation énergétique en copropriété : l'approche pluridisciplinaire d'abcdomus

Nous n’apportons d’ailleurs jamais une seule solution. Nous proposons des bouquets de solutions, ce qui laisse aux copropriétaires la liberté d’adapter leur choix à leur compréhension du dossier et à leurs contraintes réelles. La confrontation des points de vue au sein de l’équipe permet d’arriver rapidement à des consensus solides, puis à des préconisations cohérentes et assumées.

« La pluridisciplinarité, ce n’est pas une posture. C’est une organisation des compétences au service d’un projet. On se confronte en interne pour apporter aux clients des solutions techniquement fiables et collectivement validées. »

Les obligations réglementaires accélèrent-elles réellement les décisions de travaux ?

Benoît Cousin. La réponse est nuancée. La réglementation peut jouer un rôle de déclencheur utile. Elle oblige certaines copropriétés — qui n’avaient rien engagé depuis dix ou vingt ans — à se saisir enfin du sujet. En ce sens, elle met fin à une inaction parfois très coûteuse sur le long terme.

Cela dit, elle peut aussi devenir un frein. Lorsque les annonces officielles sont confuses — aides individuelles, aides collectives, fins de dispositifs, changements de règles — les copropriétaires vivent ces informations comme anxiogènes et inaccessibles. Je me souviens de périodes où notre cabinet recevait de nombreux appels de clients convaincus que tout était perdu, alors que rien ne l’était pour les copropriétés. Il a fallu expliquer, rassurer, recadrer.

Ne pas réduire la rénovation à une logique d’obligation

Faute de quoi, on passe à côté de l’essentiel. Il faut distinguer l’obligation réglementaire du projet patrimonial. La réglementation pousse à agir. Le projet patrimonial, lui, permet d’agir intelligemment et durablement. Ce sont deux logiques bien différentes, et confondre les deux revient à subir ses travaux plutôt qu’à les piloter.

Par ailleurs, les aides de l’État sont devenues quasi incontournables pour concrétiser les projets. Elles réduisent significativement le reste à charge des copropriétaires. Leur rôle est de faciliter les décisions — pas de les substituer à une vision globale du bâtiment.

« La réglementation peut déclencher une prise de conscience. Mais un projet patrimonial structuré permet d’agir avec intelligence et durabilité. Ce sont deux niveaux de lecture très différents. »

Quelle est votre vision de la copropriété de demain face aux enjeux énergétiques ?

Benoît Cousin. Plusieurs tendances se dessinent clairement. Les copropriétaires deviennent de plus en plus acteurs de leurs projets. Ils cherchent une meilleure gouvernance, une information plus précise, des décisions mieux préparées. Certains utilisent même l’intelligence artificielle pour analyser ou questionner nos projets — ce qui est plutôt positif, à condition que cela reste un outil de critique constructive et non destructive.

Quelle est votre vision de la copropriété de demain face aux enjeux énergétiques ?

Penser l’après-travaux

À cet égard, un sujet reste encore trop peu traité : l’accompagnement après travaux. Les étiquettes énergétiques reflètent des améliorations réglementaires basées sur des algorithmes et des hypothèses officielles. Elles traduisent un objectif de baisse de consommation, mais ne constituent pas une promesse gravée dans le marbre.

Les économies réalisées après les travaux dépendent aussi des usages — des copropriétaires, des locataires, des habitudes de chacun. C’est pourquoi nous cherchons à apporter de la pédagogie après travaux, voire un accompagnement de type “Energy Manager”. Pour réussir une rénovation énergétique, il ne suffit pas de transformer le bâtiment : il faut aussi faire évoluer les usages au quotidien.

L’esthétique, dimension oubliée de la rénovation

Enfin, il ne faut pas oublier l’esthétique. Un projet de rénovation améliore le confort thermique, certes — mais il améliore aussi le visuel de l’immeuble et la qualité de vie dans le quartier. J’ai en tête un projet à Évry, dans un quartier des années 70 où les couleurs d’origine avaient disparu au fil du temps. Après des recherches historiques, nous avons proposé de restituer un vert d’époque. La mairie a d’abord résisté. Nous avons tenu bon, avec les copropriétaires. Aujourd’hui, cette tour se distingue au cœur d’un quartier devenu uniformément gris. C’est aussi ça, la valeur d’un projet bien conduit.

« Pour réussir une rénovation énergétique, il faut transformer le bâtiment, mais aussi sa façon de l’utiliser. L’accompagnement des usages après travaux est encore trop rare et trop peu connu. »

En somme, abcdomus se positionne comme un maître d’œuvre de référence pour les copropriétés engagées dans la rénovation énergétique. Grâce à son équipe pluridisciplinaire, à sa rigueur technique et à sa pédagogie, le cabinet aide les copropriétaires à construire des décisions solides, à maîtriser leurs budgets et à conduire des projets patrimoniaux durables. N’hésitez pas à contacter abcdomus pour bénéficier de leur expertise et trouver la solution la plus adaptée à votre bâtiment.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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