La rénovation énergétique des copropriétés reste trop souvent reportée. Pourtant, les chiffres contredisent l’intuition commune : agir coûte moins cher qu’attendre. Dorêka, opérateur d’assistance à maîtrise d’ouvrage agréé par l’Anah (Agence nationale de l’habitat), publie une simulation concrète sur une copropriété parisienne de 435 logements classée E/F au DPE collectif. Résultat : après aides collectives, un programme à plus de 35 % de gain énergétique laisse un reste à charge de 19 600 euros par appartement — soit moins qu’un simple ravalement de façade, estimé à 21 400 euros. Baptiste Garcia-Rundstadler, cofondateur de Dorêka, est sans ambiguïté : « Le coût et les conséquences de l’inaction dépassent amplement le prix de travaux bien préparés et financés. » Préparer un vote en assemblée générale pour 2027 exige de lancer l’analyse technique et financière dès maintenant.
Pourquoi la rénovation énergétique est-elle trop souvent repoussée en copropriété ?
Le poids de la méconnaissance
Beaucoup de copropriétaires ne franchissent pas le pas. La raison principale ? Ils ignorent la réalité des coûts et des aides disponibles. Ils pensent souvent que rénover revient plus cher qu’un simple ravalement de façade. C’est précisément cette idée reçue que les chiffres viennent démentir.

The Shift Project le confirme dans son rapport « Rénover les logements » d’avril 2026 : le logement absorbe 30 % de l’énergie finale consommée en France, dont 63 % consacrés au seul chauffage. Or, plus de 45 % des logements français sont collectifs (Compte du logement 2023, ministère de la Transition écologique). Une rénovation thermique performante à l’échelle d’un immeuble peut générer 25 à 70 % de gain d’efficacité énergétique. C’est un levier de décarbonation massif, encore largement sous-exploité.
L’entretien courant : des dépenses sans retour énergétique
Ravalement de façade, réfection d’étanchéité : ces travaux coûtent cher. Pourtant, ils n’améliorent pas le Diagnostic de Performance Énergétique, ni ne réduisent les charges de chauffage. Résultat : des copropriétés engagent des budgets équivalents à ceux d’une rénovation globale performante… sans en tirer le moindre bénéfice énergétique. Ce paradoxe reste méconnu. C’est l’un des principaux freins à l’action.
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Quelles sont les conséquences réelles de l’inaction énergétique ?
Décote immobilière et interdiction de louer les passoires thermiques
L’inaction a un prix — mesurable et croissant. Les biens classés F ou G au DPE collectif subissent une décote immobilière significative sur le marché. Depuis 2023, les logements classés G sont interdits à la location pour les nouveaux contrats, en application de la loi Énergie-Climat. Les logements classés F suivront selon un calendrier progressif.
Pour un bailleur, le risque est direct : impossibilité de relouer le bien, perte de revenus locatifs, difficulté à vendre. Or, Dorêka rappelle que 60 % des copropriétaires en métropole sont des bailleurs. L’inaction n’est donc pas seulement un enjeu climatique : c’est un risque patrimonial immédiat.
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Des factures qui pèsent sur tous les occupants
Dans une copropriété classée E, F ou G, les charges de chauffage représentent une part croissante du budget des résidents. La hausse des prix des énergies fossiles aggrave encore le phénomène. Copropriétaires occupants et locataires font face à une précarité énergétique que seule une rénovation performante peut enrayer.
Au-delà des factures, une rénovation bien menée améliore la qualité de l’air intérieur. Elle réduit la consommation d’énergie primaire, protège les habitants contre la surchauffe estivale — un risque climatique en forte progression — et valorise le bilan carbone de l’immeuble sur le long terme.
Comment les aides collectives transforment-elles le reste à charge ?
La simulation Dorêka : 435 logements, trois scénarios comparés
Pour mesurer concrètement l’impact des aides, Baptiste Garcia-Rundstadler a simulé trois programmes de travaux sur une copropriété parisienne des années 1960 : 435 logements, classée E/F au DPE collectif. Chaque scénario est présenté après déduction des aides collectives — MaPrimeRénov’ Copropriété, Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) et subventions locales.
🁢 Simulation des trois scénarios de rénovation — Copropriété parisienne des années 1960 (435 logements, DPE E/F)
| Programme de travaux | DPE obtenu | Principaux postes | Reste à charge / appartement | Mensualité sur 15 ans |
|---|---|---|---|---|
| Scénario 0 Entretien simple |
D | Ravalement simple, étanchéité, isolation plancher bas, ventilation, radiateurs à inertie | 21 400 € | 160 €/mois |
| Scénario 1 Gain > 35 % MEILLEUR |
C/D | ITE, étanchéité, isolation plancher bas, ventilation, radiateurs à inertie | 19 600 € | 120 €/mois |
| Scénario 2 Gain > 50 % |
B/C | ITE, étanchéité, isolation plancher bas, ventilation, radiateurs à inertie + 75 % menuiseries privatives | 24 700 € | 140 €/mois |
Source : Simulation Dorêka, octobre 2026 — Après déduction des aides collectives (MaPrimeRénov’ Copropriété, CEE, subventions locales). ITE : Isolation Thermique Extérieure.
La conclusion s’impose d’elle-même : rénover peut coûter moins cher qu’entretenir. Le scénario à plus de 35 % de gain énergétique laisse un reste à charge de 19 600 € — contre 21 400 € pour le simple entretien. La mensualité tombe à 120 €/mois au lieu de 160 €.
« C’est tout l’enjeu de l’accompagnement avant le vote : présenter ensemble les travaux, les aides et la mensualité estimée, afin que chaque copropriétaire puisse comparer et choisir en connaissance de cause », explique Baptiste Garcia-Rundstadler.
Les dispositifs d’aide à mobiliser
Quatre mécanismes permettent de réduire significativement le reste à charge :
- MaPrimeRénov’ Copropriété : subvention de l’État versée directement à la copropriété pour tout programme atteignant au moins 35 % de gain énergétique. Son montant varie selon les ressources des ménages.
- Les CEE (Certificats d’Économies d’Énergie) : primes versées par les fournisseurs d’énergie. Elles peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros par logement selon la nature des travaux d’isolation thermique.
- L’éco-PTZ collectif : prêt sans intérêts souscrit par la copropriété, réparti ensuite entre les copropriétaires (source : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F10871).
- Les aides locales : régions, métropoles et communes proposent des subventions complémentaires, notamment pour les copropriétés fragiles ou situées en zones prioritaires.
En combinant ces dispositifs, Dorêka monte un plan de financement sur mesure pour chaque copropriété et maximise la réduction du reste à charge avant le vote.
🁢 Principaux dispositifs de financement mobilisables pour la rénovation énergétique en copropriété
| Dispositif | Bénéficiaire | Condition principale | Nature de l’aide |
|---|---|---|---|
| MaPrimeRénov’ Copropriété | Copropriété | Gain énergétique ≥ 35 % | Subvention directe |
| CEE (Certificats d’Économies d’Énergie) | Copropriété | Travaux éligibles certifiés | Prime des fournisseurs d’énergie |
| Éco-PTZ collectif | Copropriété | Rénovation globale | Prêt à taux zéro |
| Fonds travaux (loi ALUR) | Copropriété | Cotisation annuelle obligatoire | Épargne collective mobilisable |
| Aides locales | Copropriété / copropriétaires | Variable selon la collectivité | Subvention complémentaire |
Sources : ANAH, Service-Public.fr, Direction générale de l’Énergie et du Climat (DGEC). Données complémentaires au document source Dorêka (2026).
Quel est le rôle de l’AMO dans la réussite d’un projet de rénovation énergétique ?
De l’audit énergétique au vote en assemblée générale
L’Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMO) est le pivot du projet. Elle intervient dès l’audit énergétique du bâtiment, identifie les travaux prioritaires, monte le plan de financement et prépare les copropriétaires au vote. Sans elle, les projets de rénovation thermique peinent à aboutir.
Fondée en 2022 et agréée par l’Anah, Dorêka a accompagné plus de 25 000 logements. Depuis sa création, plus de 5 000 rénovations globales ont été votées, représentant 100 millions d’euros de travaux — soit plus de 5 % du total national en 2025. Taux de vote favorable : plus de 95 %.
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La confiance : condition sine qua non du vote
Henry Buzy-Cazaux, président fondateur de l’Institut du Management des Services Immobiliers et membre du conseil national de l’habitat (CNH), formule clairement l’enjeu :
« Le vote d’une rénovation globale suppose que les copropriétaires comprennent les travaux proposés, les aides mobilisables et ce qu’il restera à financer. L’AMO met ces éléments en perspective, compare les scénarios et aide chacun à mesurer les conséquences du projet. Cet accompagnement n’est plus une option : sans cette réassurance des copropriétaires, pas d’adhésion au projet et pas de vote. L’AMO technique et financier est devenu, au côté du syndic, la condition de la réussite de la mutation environnementale des immeubles collectifs. »
Sans pédagogie, pas de vote. Chaque copropriétaire doit visualiser sa mensualité, comprendre les scénarios et mesurer l’impact sur la valeur de son bien. C’est la clé d’une assemblée générale qui vote pour les travaux.
Pourquoi préparer dès maintenant pour un vote en 2027 ?
Un calendrier de 12 à 18 mois incompressible
Préparer une rénovation énergétique en copropriété prend entre 12 et 18 mois. Audit technique, plan de financement, mobilisation des aides, adhésion des copropriétaires : chaque étape est nécessaire. Aucune ne peut être raccourcie sans compromettre la qualité du vote.
« La confiance et la compréhension du projet se construisent pendant la période de préparation. La plupart des assemblées générales se tiennent au quatrième trimestre : c’est donc dès aujourd’hui qu’il faut commencer, pour aboutir en 2027 à la décision qui lancera les travaux », rappelle Baptiste Garcia-Rundstadler.
L’incertitude économique : un faux prétexte pour attendre
Le contexte budgétaire est incertain. Pourtant, les paramètres essentiels sont connus : niveaux d’aides, coûts des travaux de rénovation thermique, économies d’énergie primaire attendues. Instruire son projet sans attendre, c’est arriver préparé — et maîtriser ses dépenses au lieu de les subir.
« Même si les incertitudes budgétaires et économiques sont nombreuses, c’est le bon moment pour réduire ses dépenses énergétiques et ses émissions carbone tout en protégeant la valeur de son patrimoine », conclut Baptiste Garcia-Rundstadler.
Chaque année de report, c’est une année de plus à payer des charges élevées, à voir son bien se déprécier et ses habitants souffrir du froid ou de la chaleur. L’incertitude est un argument pour agir — pas pour attendre.
Conclusion
La rénovation énergétique en copropriété n’est plus un projet à envisager à long terme. À l’approche de 2027, elle devient un enjeu majeur pour préserver la valeur des immeubles et maîtriser les dépenses énergétiques. Bonne nouvelle : grâce aux aides financières comme MaPrimeRénov’, les certificats d’économies d’énergie (CEE) et l’éco-PTZ, des travaux de rénovation ambitieux peuvent devenir accessibles, parfois pour un reste à charge comparable, voire inférieur, à celui d’un simple ravalement de façade. Encore faut-il savoir mobiliser ces dispositifs et construire un projet cohérent. C’est tout l’intérêt de l’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO), qui accompagne les copropriétaires dans leurs choix techniques et financiers. Un levier précieux pour transformer une obligation de rénovation en véritable opportunité de valorisation du patrimoine, d’économies d’énergie et d’amélioration du confort au quotidien.

