L’intelligence artificielle s’invite désormais dans le parcours immobilier des Français. C’est ce que révèle une étude Xerfi, menée auprès de plus de 1 600 sondés, dont près de 700 acheteurs ou vendeurs récents. Premier constat : 28 % des acquéreurs ont déjà utilisé un outil d’IA immobilier pour affiner leur recherche de logement. Pourtant, les agents immobiliers et intermédiaires gardent une place centrale : ils interviennent encore dans 4 transactions sur 5. Mieux, 74 % des Français font confiance à l’agence physique, y compris les plus jeunes acheteurs. Une question se pose alors : les professionnels peuvent-ils résister durablement à cette vague technologique ?
Sommaire :
- Pourquoi l’IA progresse-t-elle dans la recherche immobilière ?
- Les agents immobiliers restent-ils incontournables dans une transaction ?
- Quelles enseignes immobilières inspirent le plus confiance aux Français ?
- Comment les professionnels peuvent-ils résister à la concurrence de l’IA immobilier ?
- Vers quel équilibre entre intermédiaires humains et IA immobilier ?
À retenir — l’IA immobilier face aux professionnels
- 28 % des acquéreurs ont utilisé un outil d’IA immobilier en 2026.
- Les intermédiaires interviennent encore dans 4 ventes sur 5.
- 74 % des Français font confiance à l’agence physique.
- Century 21 est l’enseigne la plus connue, à 87 % de notoriété.
- 65 % des ménages ont une opinion positive des professionnels.
Pourquoi l’IA progresse-t-elle dans la recherche immobilière ?
La digitalisation du parcours immobilier ne date pas d’hier. Mais elle change de nature. Aujourd’hui, les Français ne se contentent plus de consulter des annonces en ligne : ils utilisent aussi des outils d’intelligence artificielle pour préparer leur projet d’achat ou de vente. Selon Xerfi, 28 % des acquéreurs déclarent y avoir eu recours. Le chiffre reste minoritaire. Sa progression rapide interpelle malgré tout la profession.

Une adoption encore minoritaire, mais rapide
Un quart des acquéreurs utilisant l’IA immobilier, ce n’est pas encore une bascule massive des usages. La PropTech multiplie néanmoins les solutions, tant pour les particuliers que pour les professionnels. Et l’ampleur du panel interrogé — plus de 1 600 sondés, dont près de 700 acheteurs ou vendeurs récents — donne à ce résultat une réelle robustesse statistique.
Xerfi le confirme : cette adoption progresse « à toute vitesse ». Pour autant, elle ne provoque pas, à court terme, l’effacement des professionnels de la transaction.
Les tâches où l’IA immobilier s’impose déjà
L’étude détaille précisément les usages plébiscités par les Français. En tête : l’estimation du prix d’un bien, citée par 39 % des répondants. Viennent ensuite la comparaison des offres de financement (37 %), puis l’analyse des diagnostics techniques (27 %). Les tâches plus proches de l’exécution commerciale intéressent moins. La rédaction et la diffusion d’une annonce, déjà facilitées par l’intelligence artificielle générative, ne recueillent que 20 % des réponses. La préparation des négociations arrive à 13 %, et la rédaction des actes ferme la marche, à 8 %.
Les tâches où les Français attendent le plus l’IA immobilier
| Tâche | Part des répondants |
|---|---|
| Estimation du prix d’un bien | 39 % |
| Comparaison des offres de financement | 37 % |
| Analyse des diagnostics techniques | 27 % |
| Rédaction et diffusion d’une annonce | 20 % |
| Préparation des négociations | 13 % |
| Rédaction des actes | 8 % |
Source : étude Xerfi, « Les parcours clients dans l’immobilier », 2026. Question posée aux acquéreurs sur les tâches où l’IA leur semble la plus utile.
Ce classement dessine un enseignement clair : les Français attendent de l’IA immobilier un rôle d’analyse et d’aide à la décision, pas un rôle de négociateur ni de rédacteur d’actes. En clair, l’intelligence artificielle sert avant tout à mieux évaluer, comparer et décider. Elle ne remplace pas, en revanche, l’expertise d’un professionnel.
Les agents immobiliers restent-ils incontournables dans une transaction ?
Malgré la percée de l’IA immobilier, les professionnels du secteur gardent une place centrale. L’étude Xerfi contredit d’ailleurs l’hypothèse d’un effacement rapide des agents immobiliers concurrencés par les outils digitaux. La preuve : les intermédiaires interviennent encore dans 4 ventes immobilières sur 5.
Une opinion globalement positive des ménages
Les Français ayant réalisé une opération immobilière récente portent un regard favorable sur les professionnels. 65 % en ont une image positive, contre 25 % d’opinions négatives et 10 % sans opinion. Par ailleurs, les notes de satisfaction attribuées au parcours d’achat et à l’intervention des intermédiaires dépassent 7 sur 10.
L’agence physique, référence de confiance y compris chez les plus jeunes
Au centre du dispositif, l’agence physique reste le principal intermédiaire recherché par les Français. 74 % des personnes interrogées la valorisent. Fait notable : les 18-34 ans s’y montrent particulièrement sensibles — une génération pourtant perçue comme la plus encline à privilégier le tout-digital.
Quelles enseignes immobilières inspirent le plus confiance aux Français ?
La notoriété des réseaux immobiliers reste très concentrée. Quelques grandes enseignes historiques, ayant pignon sur rue, dominent largement le classement.
Notoriété des grandes enseignes immobilières
| Enseigne | Taux de notoriété |
|---|---|
| Century 21 | 87 % |
| Orpi | 82 % |
| Laforêt | 78 % |
| Stéphane Plaza Immobilier | 73 % |
| Guy Hoquet | 69 % |
Source : étude Xerfi, « Les parcours clients dans l’immobilier », 2026. Notoriété déclarée par l’ensemble des répondants.
Un capital confiance construit sur la durée
Century 21 domine largement ce classement, connu par 87 % des sondés. Orpi et Laforêt suivent, avec respectivement 82 % et 78 % de notoriété. Ces scores élevés traduisent un ancrage historique dans le paysage immobilier français — un atout que les nouveaux entrants doivent encore construire.
Comment les professionnels peuvent-ils résister à la concurrence de l’IA immobilier ?
Pour Vincent Desruelles, directeur d’études chez Groupe Xerfi, la réponse ne passe pas par le rejet de l’IA immobilier. Elle passe plutôt par la démonstration concrète de la valeur ajoutée des professionnels.
« Pour consolider cette confiance, les professionnels doivent mieux démontrer ce que leur intervention apporte concrètement : une estimation crédible, la qualification des acquéreurs, la négociation, la sécurisation de la transaction et la capacité à mener la vente jusqu’à son terme. » – Vincent Desruelles, directeur d’études chez Groupe Xerfi.
Un tableau comparatif pour mesurer le rapport de force
Professionnels de l’immobilier vs intelligence artificielle
| Indicateur | Professionnels / agences | Intelligence artificielle |
|---|---|---|
| Taux de recours dans les transactions | 80 % des ventes (4 sur 5) | 28 % des acquéreurs y ont recours dans leur recherche |
| Opinion des ménages | 65 % d’opinions positives | Donnée non mesurée par l’étude* |
| Usage principal | Estimation crédible, qualification des acquéreurs, négociation, sécurisation | Estimation du prix (39 %), comparaison des offres de financement (37 %) |
| Rôle anticipé | Démontrer sa valeur ajoutée humaine | Outil d’aide à la décision, sans remplacement total |
D’autres acteurs du secteur avancent déjà dans cette direction. Le réseau coopératif l’Adresse, par exemple, fait d’ores et déjà de l’intelligence artificielle un levier stratégique pour leurs agences. L’idée : miser sur des outils qui renforcent la relation client, plutôt que de la remplacer.
Le rôle écrasant des portails d’annonces
La digitalisation des parcours immobiliers a renforcé la position dominante de Leboncoin et SeLoger. Ces deux portails sont devenus incontournables pour la prospection des professionnels. Effets de réseau, forte audience, profondeur d’offres : autant de barrières à l’entrée pour les nouveaux venus. Idealista entend pourtant bousculer ce duopole avec une stratégie offensive — diffusion gratuite des annonces pendant un an, puis tarifs annoncés comme compétitifs. Reste à confirmer cette percée, sur un marché où Bien’ici, lui, aura mis dix ans à s’installer durablement.
Vers quel équilibre entre intermédiaires humains et IA immobilier ?
L’étude Xerfi dessine moins un affrontement qu’une recomposition progressive des rôles. Certains acteurs du secteur observent déjà une redistribution des cartes entre agents et acheteurs, portée par un accès plus large aux outils numériques et aux données de marché. Concrètement, l’IA immobilier ne remplace ni la négociation, ni la qualification des acquéreurs, ni la sécurisation juridique d’une transaction — des étapes où l’expertise humaine garde une longueur d’avance. En revanche, elle s’impose déjà comme un outil d’aide à la décision, en amont du parcours d’achat ou de vente.
La valeur ajoutée humaine, nouveau terrain de bataille
La conclusion de Xerfi est sans ambiguïté : les professionnels vont devoir, de plus en plus, prouver leur valeur ajoutée face à la concurrence future de l’IA. Estimation crédible, qualification des acquéreurs, négociation, sécurisation de la transaction : ces compétences resteront le socle du métier. Grâce à elles, les agents, mandataires et réseaux immobiliers pourront justifier leurs honoraires et conserver la confiance des Français.
Conclusion
L’IA immobilier progresse vite. Elle ne remplace pas encore, pour autant, les professionnels de la transaction. Les Français continuent de faire confiance aux agents et aux agences physiques pour sécuriser leur projet, tout en s’appuyant sur l’intelligence artificielle pour mieux comparer et décider. Désormais, la partie se jouera sur un terrain précis : la capacité des professionnels à prouver, chiffres à l’appui, ce que leur expertise humaine apporte de plus qu’un algorithme.

