La location meublée de longue durée a franchi le cap du million de logements en France. Selon une étude publiée par l’ANIL en octobre 2026, elle représente désormais 14 % du parc locatif privé, contre seulement 500 000 logements en 2006. Porté par une fiscalité attractive, notamment le statut LMNP, et une demande croissante de flexibilité, ce marché connaît un essor spectaculaire. Mais cette progression soulève une question : la location meublée contribue-t-elle à accentuer les difficultés d’accès au logement des ménages modestes ? L’ANIL apporte un éclairage à partir des données de l’INSEE et des annonces immobilières.

Qu’est-ce que la location meublée de longue durée sur le plan juridique et fiscal ?
Un cadre juridique qui s’est progressivement structuré
Loi ALUR de 2014 : les baux meublés entrent dans le droit commun
Pendant longtemps, la location meublée de longue durée n’a bénéficié d’aucun cadre juridique clair. C’est la loi ALUR du 24 mars 2014 (loi n° 2014-366) qui change la donne. Elle aligne les baux meublés sur le droit commun locatif, défini par la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. Concrètement : durée du bail fixée à un an (neuf mois pour les étudiants), préavis du locataire ramené à un mois, dépôt de garantie plafonné à deux mois de loyer, encadrement des loyers en zone tendue.
Décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 : onze équipements obligatoires
Le décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 fixe la liste minimale des onze catégories d’équipements obligatoires. On y trouve notamment : literie, cuisine équipée (plaques de cuisson, four, réfrigérateur), vaisselle, table et sièges, étagères de rangement, luminaires et matériel d’entretien ménager.
⚠️ Attention : l’absence de certains de ces éléments peut entraîner la requalification du bail en location vide — avec toutes les conséquences juridiques et fiscales qui en découlent.
Loi ÉLAN de 2018 : la création du bail mobilité
La loi ÉLAN du 23 novembre 2018 (loi n° 2018-1021) introduit une nouvelle formule : le bail mobilité. D’une durée de un à dix mois, non renouvelable et sans dépôt de garantie, il cible les personnes en formation, en apprentissage, en stage ou en mutation professionnelle. Ce dispositif reste toutefois difficile à isoler statistiquement : ses données ne permettent pas encore de le distinguer du parc locatif meublé classique, précise l’ANIL.
Une fiscalité avantageuse : le statut LMNP et le régime micro-BIC
Sur le plan fiscal, la location meublée de longue durée bénéficie d’un traitement bien plus avantageux que la location nue. Les loyers encaissés relèvent des Bénéfices industriels et commerciaux (BIC) — et non des revenus fonciers. Une différence qui change tout. Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) ouvre droit à deux régimes distincts :
Régime micro-BIC : un abattement forfaitaire de 50 %
Le régime micro-BIC s’applique automatiquement jusqu’à 83 600 € de recettes annuelles (plafond 2026). Son principe est simple : un abattement forfaitaire de 50 % sur les loyers, sans avoir à justifier les charges réelles. En 2021, 595 000 contribuables déclaraient leurs revenus meublés sous ce régime (rapport Le Meur, Direction de la législation fiscale, 2024).
Régime réel BIC : déduction des charges et amortissements
Le régime réel des BIC convient aux propriétaires qui supportent des charges élevées. Il permet de déduire les frais réels : gestion locative, intérêts d’emprunt, taxe foncière, assurances. Surtout, il autorise l’amortissement du bien immobilier et de ses équipements — un avantage qui peut conduire à une imposition nulle pendant plusieurs années. En 2021, 305 000 foyers fiscaux avaient opté pour ce régime. À titre de comparaison, la location nue regroupait alors 1 494 000 foyers en micro-foncier (abattement de 30 %, plafonné à 15 000 € de revenus) et 3 255 000 au régime réel (rapport Le Meur, DLF, 2024).
🁢 Comparatif fiscal : location nue vs location meublée de longue durée
| Critère | Location nue (revenus fonciers) | Location meublée longue durée (BIC – LMNP) |
|---|---|---|
| Catégorie fiscale | Revenus fonciers | Bénéfices industriels et commerciaux (BIC) |
| Régime simplifié | Micro-foncier (abattement 30 %) | Micro-BIC (abattement 50 %) |
| Plafond régime simplifié | 15 000 €/an (revenus 2025) | 83 600 €/an (2026) |
| Régime réel | Déduction charges réelles | Déduction charges + amortissements |
| Amortissement du bien | Non déductible | Déductible (régime réel BIC) |
| Durée du bail | 3 ans (6 ans si personne morale) | 1 an (9 mois pour les étudiants) |
| Dépôt de garantie | 1 mois de loyer HC | 2 mois de loyer HC |
| Préavis locataire | 3 mois (1 mois en zone tendue) | 1 mois |
| Contribuables 2021 (régime simplifié) | 1 494 000 (micro-foncier) | 595 000 (micro-BIC) |
| Contribuables 2021 (régime réel) | 3 255 000 (réel foncier) | 305 000 (réel BIC) |
Loi Le Meur 2024 : vers une convergence fiscale en faveur du long terme
La loi Le Meur du 19 novembre 2024 marque un vrai tournant. Elle durcit la fiscalité des meublés de tourisme non classés — concurrents directs de la location longue durée — en abaissant leur abattement micro-BIC de 71 % à 50 %. Leur plafond de recettes passe aussi à 15 000 € pour 2025, puis remonte à 77 700 € en 2026.
Résultat : pour la première fois, la location meublée de longue durée bénéficie d’un traitement fiscal plus favorable que les meublés touristiques non classés. Son abattement de 50 % et son plafond de 83 600 € restent inchangés. En revanche, la loi de finances 2025 impose aux LMNP de réintégrer les amortissements dans le calcul de la plus-value lors d’une cession — ce qui réduit l’avantage fiscal à la revente, sans remettre en cause les gains courants. Pour tout comprendre à ces évolutions, consultez notre article sur la loi Le Meur et ses impacts pour les propriétaires.
Le parc de logements meublés est-il en pleine expansion ?
Un parc qui a plus que doublé entre 2006 et 2022
L’ANIL le confirme avec force dans son analyse d’octobre 2026 : la croissance du parc de location meublée de longue durée est spectaculaire. Selon le Recensement général de la population de l’INSEE, le parc est passé de moins de 500 000 logements en 2006 à 630 000 en 2014, puis à 1 070 000 en 2022. Il représente désormais 3,5 % de l’ensemble des résidences principales et 14 % du parc locatif privé. Sur la même période, la location nue progressait à un rythme bien plus lent.
L’accélération est particulièrement nette entre 2014 et 2022, avec 440 000 logements supplémentaires en huit ans. Cette tendance s’inscrit dans une histoire longue : dès les années 1970, le parc comptait déjà 250 000 logements meublés. Progressivement, des dispositifs fiscaux successifs ont conduit de nombreux propriétaires à arbitrer en faveur du meublé.
Un stock de petites surfaces, relativement récent
Le parc de location meublée de longue durée se distingue par une forte concentration de petites surfaces. Près d’un logement meublé sur deux (47 %) est un studio (T1), contre 12 % dans le parc locatif vide et 6 % de l’ensemble des résidences principales. À l’inverse, les logements de trois pièces ou plus y occupent une place limitée. Cette prédominance des petites surfaces s’explique notamment par les besoins des étudiants et des jeunes actifs en mobilité.
Autre particularité : un parc immobilier relativement récent. Ainsi, 21 % des logements meublés ont été construits entre 1991 et 2005, contre 16 % des locations vides. Une différence qui témoigne du développement des résidences services et des dispositifs d’investissement locatif défiscalisé dans les années 1990.
Qui sont les locataires de la location meublée de longue durée ?
Des locataires jeunes et plus souvent étudiants
Le profil des locataires de la location meublée de longue durée diffère nettement de celui de la location nue. Les moins de 24 ans représentent 46 % des locataires de meublés, contre 40 % en location nue. Plus significatif encore : 23 % des locataires de meublés sont étudiants, contre seulement 4 % parmi les locataires de logements vides (INSEE, Recensement 2022, traitements ANIL). Les apprentis et alternants représentent, eux, 11 % des locataires de meublés, contre 3 % dans le parc de locations nues.
En revanche, les actifs en CDI sont nettement sous-représentés : seulement 59 % des locataires de meublés sont en CDI, contre 72 % parmi les locataires de logements vides. Ce constat confirme le rôle de logement de transit qu’occupe historiquement la location meublée de longue durée : une étape dans un parcours résidentiel, plutôt qu’une installation durable.
Une rotation locative élevée : ancienneté médiane de 2 à 4 ans
L’une des caractéristiques les plus marquantes de la location meublée de longue durée est sa forte rotation locative. Selon le recensement 2022, 46 % des locataires de meublés ont moins de deux ans d’ancienneté dans leur logement actuel, contre seulement 25 % en location vide, 11 % dans le parc social et 6 % chez les propriétaires occupants. L’ancienneté médiane se situe entre deux et quatre ans.
Ce turn-over élevé produit un double effet. Pour les bailleurs, il offre une souplesse de gestion appréciable. Pour les locataires — souvent étudiants ou jeunes actifs — il représente un coût financier non négligeable : renouvellement du dépôt de garantie, frais d’agence, frais de déménagement. Ces charges récurrentes pèsent plus lourdement sur les ménages disposant de faibles revenus.
🁢 Profil des locataires selon le type de logement occupé en France (2022)
| Indicateur | Location meublée longue durée | Location vide | Ensemble résidences principales |
|---|---|---|---|
| Locataires de moins de 24 ans | 46 % | 40 % | — |
| Étudiants | 23 % | 4 % | 2 % |
| Apprentis / alternants / stagiaires | 11 % | 3 % | 1,5 % |
| Actifs en CDI | 59 % | 72 % | 75 % |
| Locataires avec moins de 2 ans d’ancienneté | 46 % | 25 % | 6 % (propriétaires occupants) |
| Part de logements de type T1 (studio) | 47 % | 12 % | 6 % |
Source : INSEE, Recensement de la population 2022. Traitements ANIL (octobre 2026). Champ : résidences principales en France métropolitaine et DROM.
La location meublée de longue durée est-elle plus rentable que la location nue ?
Un différentiel de loyer de 10 % à caractéristiques comparables
Les chiffres bruts peuvent induire en erreur. En apparence, les meublés affichent un loyer moyen de 15,6 €/m² contre 11,2 €/m² pour les logements vides — soit un écart apparent de près de 40 %. Mais cet écart s’explique surtout par la structure des deux parcs : les meublés comptent beaucoup plus de studios, dont les loyers au m² sont intrinsèquement plus élevés.

À surface et localisation comparables, le différentiel réel se ramène à 10 % en faveur du meublé — chiffre mesuré par l’ANIL à partir des annonces Leboncoin et SeLoger au T1 2026. Cet écart varie selon les marchés. Dans les grandes métropoles (Paris, Bordeaux, Strasbourg, Lyon, Toulouse) et dans les départements d’outre-mer, il peut dépasser 25 %. Dans les villes moyennes ou les marchés détendus, il est souvent inférieur à 10 %, voire nul.
Des simulations qui confirment l’avantage net du LMNP
L’ANIL a réalisé des simulations comparées de rentabilité nette pour quantifier précisément l’avantage du LMNP sur la location nue. Exemple concret : un T1 de 25 m² situé dans le centre d’Arles, détenu sans emprunt, avec un taux marginal d’imposition de 11 % :
- En location nue au régime micro-foncier : 76 050 € de loyers bruts sur 15 ans, 15 012 € d’impôt, soit 61 038 € nets
- En location meublée LMNP au régime micro-BIC : 83 700 € de loyers bruts, 12 388 € d’impôt, soit 71 312 € nets
Le gain net sur 15 ans atteint +10 274 € en faveur du meublé, soit environ 685 € supplémentaires par an (source : ANIL, simulations à partir de l’Observatoire local des loyers des Bouches-du-Rhône, octobre 2026).
Comment l’offre de meublés se répartit-elle sur le territoire ?
Une géographie fortement polarisée dans les grandes métropoles
Le parc de location meublée de longue durée est massivement urbain : 89 % des meublés se concentrent dans les communes urbaines et 70 % dans les grands centres urbains. Sa distribution géographique révèle une France à deux vitesses. D’un côté, les grandes métropoles, les littoraux méditerranéen et atlantique, et la zone frontalière franco-suisse, où les meublés dépassent parfois 15 % du parc locatif privé local. De l’autre, les espaces ruraux et les petites villes, largement à l’écart de cette dynamique.
Paris constitue un cas emblématique. La part des meublés dans le parc locatif privé parisien atteint 90 % dès 2006 — contre seulement 20 % en 1962 —, sous l’effet de la quasi-disparition progressive des chambres d’hôtel meublées. Dans les Alpes, certaines communes présentent des taux encore plus élevés : Morzine (36 %), Le Grand-Bornand (44 %) ou Saint-Maurice (42 %), sous l’effet combiné de la demande touristique saisonnière et de la location meublée de longue durée.
La part des meublés dans les annonces atteint 46 % en 2025
L’analyse des annonces publiées sur Leboncoin et SeLoger — qui captent ensemble environ 60 % du marché des annonces locatives résidentielles — révèle une dynamique sans équivoque. Sur la période 2022-2025, 3 005 464 annonces de locations meublées ont été publiées sur ces deux plateformes numériques, contre 4 353 773 pour les locations nues.
La part des meublés dans l’offre locative a atteint 46 % en 2025, contre 34 % seulement trois ans auparavant. Dans le même temps, les annonces de logements vides ont reculé de 150 000 unités (-3 %), tandis que les annonces de meublés progressaient de +163 000 unités (+5,4 %). Ce mouvement en ciseaux illustre un basculement progressif mais net : là où la location meublée de longue durée est plus rentable, les logements loués vides se transforment en meublés.
Des loyers très hétérogènes selon les marchés locaux
Les loyers des logements meublés varient considérablement d’un marché à l’autre. Au T1 2026, ils oscillent entre 9,6 €/m² (unité urbaine de Flers, dans l’Orne) et 40,6 €/m² (Saint-Tropez) — soit un rapport de un à quatre.
À Paris, le loyer meublé moyen atteint 29,1 €/m². Les grandes métropoles régionales — Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Nice, Marseille-Aix-en-Provence — se situent entre 17 et 25 €/m². Les départements d’outre-mer (Martinique, La Réunion, Guyane) enregistrent eux aussi des niveaux élevés, souvent au-dessus de 20 €/m², avec un différentiel par rapport au marché vide qui peut dépasser 25 %.
🁢 Loyers des logements meublés en annonce : principales métropoles françaises (T1 2026)
| Territoire | Loyer moyen meublé (€/m²) | Loyer moyen vide (€/m²) | Niveau de tension |
|---|---|---|---|
| Saint-Tropez (Var) | 40,6 €/m² | — | Très élevée |
| Paris (Île-de-France) | 29,1 €/m² | ~20,0 €/m² | Très élevée |
| Nice / Côte d’Azur | ~22-25 €/m² | ~18 €/m² | Élevée |
| Lyon | ~20-22 €/m² | ~16 €/m² | Élevée |
| Bordeaux | ~19-21 €/m² | ~16 €/m² | Élevée |
| Strasbourg | ~18-20 €/m² | ~14 €/m² | Élevée |
| Marseille – Aix-en-Provence | ~17-20 €/m² | ~13 €/m² | Élevée |
| Moyenne nationale – meublés | 15,6 €/m² | — | — |
| Moyenne nationale – logements vides | — | 11,2 €/m² | — |
| Flers (Orne) | 9,6 €/m² | — | Faible |
Quels enjeux pour le marché locatif privé ?
La location meublée de longue durée accentue-t-elle la pénurie locative ?
L’expansion de la location meublée de longue durée coïncide avec une contraction du parc de logements loués vides dans les grandes métropoles. À Paris, entre 2006 et 2022, la location nue a reculé de 18 % tandis que la location meublée bondissait de 160 %. À Bordeaux, même tendance : les logements vides reculent de 3 %, quand les meublés explosent de 230 % (INSEE, Recensement 2022, traitements ANIL ; Institut Paris Région, 2026).
Ce mouvement de substitution soulève une question centrale : la location meublée de longue durée contribue-t-elle à réduire l’offre de logements accessibles ? L’ANIL nuance le diagnostic. La progression des meublés résulte avant tout d’arbitrages économiques rationnels de la part de propriétaires soucieux de rentabilité — et non d’une stratégie délibérée d’éviction. La demande est par ailleurs bien réelle : allongement des études, mobilité professionnelle accrue, décohabitation des ménages… Ces transformations sociodémographiques alimentent structurellement la croissance du parc meublé.
Un différentiel de loyer qui peut exclure les ménages modestes
Le surcoût de la location meublée de longue durée représente un frein réel pour les ménages aux revenus limités. Dans les marchés les plus tendus, un différentiel de 15 à 25 % sur le loyer mensuel peut représenter entre 750 et 2 000 € supplémentaires par an pour la location d’un studio parisien. Un paradoxe : ce sont les étudiants et les jeunes actifs — les clients types de la location meublée — qui supportent le plus souvent cette charge.
À cela s’ajoutent les coûts cachés d’une rotation locative élevée : dépôt de garantie renouvelé, frais d’agence récurrents, déménagements fréquents. Ces dépenses pèsent d’autant plus lourdement sur les ménages disposant d’une épargne réduite, fragilisant leurs trajectoires résidentielles.
Vers une simplification du cadre fiscal locatif ?
Deux rapports récents plaident pour une simplification du cadre fiscal locatif : le rapport Le Meur (2024) recommande un rapprochement progressif des régimes meublé et nu, tandis que le rapport Cosson-Daubresse (2025) propose un « statut du bailleur privé » unifié. Pour l’instant, la location meublée de longue durée conserve ses avantages : la réforme de 2024 a ciblé les meublés de tourisme non classés, pas la résidence principale longue durée. Investir dans le meublé longue durée reste une option fiscale solide, à condition d’anticiper les évolutions du PLF 2027.
Conclusion
Avec plus d’un million de logements et une part croissante des annonces locatives, la location meublée de longue durée redessine le paysage immobilier français. Attractive pour les investisseurs grâce à sa rentabilité, elle répond aussi aux nouveaux besoins de mobilité des locataires. Mais son essor pose une question essentielle : comment concilier les intérêts des bailleurs avec l’accès au logement des ménages les plus modestes ? Face aux évolutions réglementaires engagées depuis 2024, l’enjeu sera de trouver un équilibre durable entre rentabilité locative, souplesse du marché et accessibilité du logement.

