Diagnostic immobilier : un marché porté par la réglementation qui va se tasser

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Le marché français du diagnostic immobilier a fait preuve d’une belle vitalité ces cinq dernières années. L’allongement de la liste des diagnostics obligatoires, et en particulier le repérage amiante dans le bâtiment ont constitué les deux principaux moteurs. Quelles sont les perspectives à l’horizon 2020 ?

Selon une étude récente de Xerfi, le marché français du diagnostic immobilier a fait preuve d’une belle vitalité ces cinq dernières années. A moyen terme, l’entrée en vigueur des diagnostics gaz et électricité à la location et de mesure de la qualité de l’air dans les établissements scolaires et les crèches soutiendront le chiffre d’affaires des diagnostiqueurs.

Après une année 2018 en hausse de 10%, la progression de l’activité va toutefois se tasser au rythme de 6% par an en moyenne en 2019 et 2020, selon les prévisions des experts de Xerfi, en raison d’un léger recul des transactions immobilières.

« Malgré la croissance des revenus, le taux d’excédent brut d’exploitation de notre panel continuera lui à ralentir, compte tenu des fortes pressions tarifaires dans les activités liées au dossier de diagnostic technique dans le logement mais aussi de la forte augmentation des frais de personnel », indique Vincent Desruelles, auteur de l’étude.

Plusieurs changements majeurs se profilent également pour la profession. La réforme de la certification, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2019, va ainsi allonger de cinq à sept ans la durée de validité de la certification.

Jugé peu fiable, le diagnostic de performance énergétique (DPE) devrait, lui aussi, être réformé d’ici la fin de l’année. Pour réduire les écarts de jugement constatés entre les diagnostiqueurs, le gouvernement propose de mettre à jour et d’unifier la méthode de calcul. De quoi redorer l’image de marque d’une profession souvent critiquée pour la qualité de ses prestations.

« Le DPE deviendra opposable mi-2019, ce qui ne fait pas forcément l’affaire des diagnostiqueurs », souligne Vincent Desruelles.

Autant d’évolutions qui montrent l’importance de structurer le métier pour peser sur les choix du législateur. Les quatre organismes représentatifs de la profession se sont ainsi regroupés en 2017 au sein d’une intersyndicale pour parler d’une seule voix.

Pour préparer l’avenir, densifier son maillage territorial est indispensable dans les diagnostics logements, marché de proximité par excellence. A titre d’exemple, Dekra Immobilier et AC Environnement, deux enseignes intégrées, ont choisi de se développer par la franchise. Des initiatives qui vont forcément peser sur les diagnostiqueurs indépendants, pénalisés entre autres par l’absence de marque forte.

Entretenir de bonnes relations avec les prescripteurs, et en particulier avec les agences immobilières à l’origine de près de 70% des transactions, est aussi une piste explorée par la profession. Et si, aujourd’hui, aucun intermédiaire ne s’est imposé comme la référence pour massifier la demande des particuliers (propriétaires bailleurs et vendeurs), par nature très fragmentée, des places de marché créées par des groupes de diagnostic immobilier émergent. Socotec a ainsi créé Socotec Community en 2018.

Les leaders, comme Qualiconsult Immobilier ou AC Environnement, ont aussi misé sur l’amiante. Ce qui leur a permis à leurs revenus de s’envoler. A tel point, que les diagnostics logements ne représentent plus qu’une part marginale de leur chiffre d’affaires (7% pour AC Environnement). Et pourtant ce marché qui recense chaque année 900.000 transactions et 2,5 millions de mises en location dans les parcs social et privé engendre à lui seul plus de 3 millions d’interventions potentielles.

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