Crise sanitaire : quels sont les effets sur l’intention d’achat ?

Crise sanitaire : quels sont les effets sur l’intention d’achat ?

L’année 2020 se présentait sous les meilleurs auspices, avec une augmentation des prix immobiliers dans la plupart des villes françaises. Pourtant, depuis le début du confinement, le secteur immobilier est significativement impacté. Depuis cette crise sanitaire quels sont les effets sur l’intention d’achat des Français ?

Quels effets de la crise sur les prix immobiliers ?

En 2020, l’observateur du marché immobilier Drimki avait prévu d’interroger les Français sur leurs intentions d’achat chaque trimestre. Après une première enquête réalisée à la mi-février, la plateforme a souhaité connaître les effets secondaires du Coronavirus sur lintention d’achat. Cela, en relançant le même questionnaire ainsi que la même méthodologie ce 25 et 26 mars dernier en partenariat avec l’institut de sondage BVA.

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Ce sont donc 907 Français âgés de plus de 25 ans, qui ont été interrogés sur internet afin d’obtenir la méthode des quotas. Étonnement, l’indicateur des projets immobiliers des Français traduit un certain optimisme. La pandémie ne semble pas décourager l’intention d’achat des Français !

À la fin du mois de mars, 15% des Français ont répondu avoir un projet immobilier en tête pour les 12 prochains mois (-2 % par rapport à fin février).

Sans surprise, le contexte actuel explique cette légère baisse de 2 % par rapport au mois dernier. L’intention d’achat diminue chez les plus jeunes (-4%) alors qu’ils restent la principale tranche d’âge à avoir un projet immobilier dans ces 12 prochains mois. Désormais, hésitent-ils davantage à se lancer ?

Néanmoins, on observe peu de changements sur le plan géographique. Évidemment, l’agglomération parisienne reste l’une des zones la plus dynamique (21%). De plus, on remarque que sur le plan socio-professionnel, l’intention d’achat immobilier prime chez les cadres (31%).

L’intention d’achat repoussée ?

L’intention d’achat d’un bien immobilier pour l’année à venir s’observe principalement sur deux types de projets. L’un pour l’achat d’un premier logement (-2% depuis février 2020) ; l’autre sur l’achat d’une résidence secondaire (-1%).

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Aussi, la vente de son bien pour l’achat d’un nouveau logement est la deuxième motivation des Français. Quant à l’intention d’achat d’un logement pour investir, elle n’a pas diminué. Près d’un cinquième des Français ayant un projet immobilier dans les 12 prochains mois garde ce désir. Naturellement, cela se vérifie davantage chez les personnes disposant d’un revenu plus confortable. C’est-à-dire : au-delà de 3000€ mensuels.

La crise sanitaire semble infléchir légèrement sur l’acquisition et le déroulement des projets immobiliers. Cependant, elle ne bouleverse pas totalement ses envies. La raison est que, la durée du confinement et de « l’après-crise » laisse encore perplexe.

Les prochains résultats proposés par Drimki et la BVA seront donc particulièrement intéressants. Ils permettront de dire si les intentions d’achat résistent sur le long terme. Ou à l’inverse, peut-être que cette baisse observée pour fin mars est l’amorce d’une tendance baissière d’une plus grande ampleur.

Des projets immobiliers en attente

Depuis l’annonce du confinement, le secteur immobilier est quasiment à l’arrêt puisque les agences immobilières et les offices notariales ont tiré le rideau. Quant aux particuliers, il est également difficile de se projeter.

Certains préfèrent repousser leur projet immobilier après la crise du Covid-19. Surement par baisse de moral ou par anticipation des effets économiques (chômage, confinement prolongé…). Ainsi, les ménages révisent leurs priorités tout comme leur intention d’achat ou de vente. Par conséquent, les sites d’annonces immobilières observent une chute inédite de leur trafic.

En effet, le nombre d’annonces émises est divisé par 2 voire 3 dans les grandes métropoles Francaises (Paris, Lyon et Marseille) !

Toutes les hypothèses quant à la poursuite de l’activité immobilière sont possibles. D’ailleurs, d’après Olivier Colcombet, directeur général chez DigitRE Group : la baisse des prix devrait être limitée. En effet, il rappelle que les crises sanitaires de 2008 (Subprimes) et 2009 (H1N1) ont eu une incidence sur la baisse des prix, mais cela se cantonnait à un maximum de -10%.

« Nous nous attendons à une reprise du marché dès la sortie du confinement. Car la pierre, si appréciée des Français, pourrait faire de la résistance et rester un investissement beaucoup plus sécurisant que la spéculation boursière. » – Olivier Colcombet.

Deux scénarios envisageables

Premier cas : une crise avec un retour à la normale

La plupart des crises pandémiques s’accompagnent de baisses des marchés pour des raisons sociales et économiques. Si l’épidémie de Coronavirus est rapidement maîtrisée, les effets sur le marché immobilier français devraient se dissiper. Les ménages reprendront leur intention d’achat de bien immobilier mis de côté et les différents professionnels reprendront leur activité.

« Les Français investissent pour le long terme, une baisse ne serait que temporaire » – Olivier Colcombet, Directeur Général chez DigitRE Group.

Évidemment, cette hypothèse tient la route dans le cas où, le taux d’épargne n’est pas remis en cause par le confinement et ses conséquences (chômage, perte de revenus…). De plus, il faudrait que les taux d’emprunts restent dans une fourchette raisonnable.

En parallèle, la plateforme d’annonces immobilières américaine Zillow prend comme exemple la ville de Hong Kong pendant l’épidémie de SRAS en 2003. Alors que le volume des transactions avait considérablement baissé (de 33 à 72 %), celui-ci est rapidement revenu à la normale à la fin de la crise. Cela, même pour les prix immobiliers.

Deuxième cas : une crise financière enclenchée par le Coronavirus

Dans le cas où les mesures sanitaires prennent plus de temps que prévu, une crise financière pourrait potentiellement voir le jour. C’est pourquoi différentes institutions se préparent dès aujourd’hui pour prévenir ce risque.

La Banque Centrale Européenne a par exemple déjà indiqué qu’elle avait débloqué 750 milliards d’euros pour acheter de la dette publique et privée. Cela, afin d’essayer de contenir les répercussions sur l’économie.

Reste à savoir quelles seront les conséquences finales de cette crise sanitaire sur l’économie du pays et en particulier sur le marché immobilier… Seul le temps nous le dira !

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