Le confort d’été s’invite dans la liste des priorités des Français. Selon le sondage OpinionWay pour Sofinco, publié le 30 septembre 2026 dans le cadre du Sofinscope, 87 % des personnes interrogées ont vécu au moins une difficulté chez elles pendant les fortes chaleurs de l’été. Le logement protège mal, les dépenses s’accumulent et certains songent à déménager. Face à ce constat, 91 % des Français réclament une autre façon de concevoir et de rénover l’habitat. Le principal obstacle ? Le coût des travaux, cité par 53 % des propriétaires.
Sommaire :
- Pourquoi le confort d’été est-il devenu un enjeu majeur du logement ?
- Le confort d’été pèse-t-il vraiment dans le choix d’un logement ?
- Quelles actions les Français envisagent-ils pour améliorer leur confort d’été ?
- Qu’est-ce qui freine les propriétaires dans l’amélioration du confort d’été ?
- Quels leviers pour faciliter l’adaptation du logement et renforcer le confort d’été ?
- Le DPE doit-il mieux intégrer le confort d’été ?
À retenir — Le confort d’été dans le logement
- En septembre 2026, 87 % des Français déclarent une gêne liée à la chaleur chez eux.
- En 2026, 92 % des Français jugent le confort d’été important dans un logement.
- Le coût des travaux freine 53 % des propriétaires.
- En 2026, 91 % des Français veulent un DPE plus attentif à l’été.
- Depuis le 1er juillet 2021, le DPE affiche un indicateur de confort d’été.

Pourquoi le confort d’été est-il devenu un enjeu majeur du logement ?
Une gêne vécue par la grande majorité des Français
Le confort d’été n’est plus un sujet de niche. L’été 2026, marqué par des canicules, l’a rappelé brutalement. Dans le sondage OpinionWay pour Sofinco, 69 % des Français déclarent avoir souffert de la chaleur chez eux, dont 30 % « tout à fait ». La gêne ne se limite pas à l’inconfort physique : 67 % constatent des effets sur leur quotidien, notamment sur le sommeil et le bien-être, et 65 % s’inquiètent pour leur santé ou celle de leurs proches. Au total, 87 % des personnes interrogées ont connu au moins l’une des situations testées.
Un logement qui protège mal et qui coûte cher
Le bâti est en cause. 54 % des Français jugent que leur logement ne les a pas assez protégés de la chaleur extérieure. 52 % ont ressenti le besoin de l’adapter, et 39 % ont engagé des dépenses supplémentaires. Plus frappant encore, 21 % ont envisagé de déménager, dont 8 % « tout à fait ». Autrement dit, le manque de confort d’été pousse un Français sur cinq à repenser son adresse.
Les immeubles collectifs n’échappent pas à ce constat, comme le détaille notre analyse du confort d’été en copropriété. Côté méthode, les résultats s’entendent avec des marges d’incertitude de 1,4 à 3,1 points au plus pour un échantillon de 1 000 répondants.
Les situations vécues dans le logement lors des fortes chaleurs de l’été
| Situation vécue | Correspond (total) | Dont « oui, tout à fait » |
|---|---|---|
| Avoir souffert de la chaleur | 69 % | 30 % |
| Conséquences sur la vie quotidienne (sommeil, bien-être) | 67 % | 27 % |
| Inquiétude pour la santé (la sienne ou celle des proches) | 65 % | 25 % |
| Logement insuffisamment protecteur | 54 % | 23 % |
| Besoin d’adapter le logement | 52 % | 17 % |
| Dépenses supplémentaires engagées | 39 % | 16 % |
| Déménagement envisagé | 21 % | 8 % |
Source : Sondage OpinionWay pour Sofinco, Sofinscope, 16-17 septembre 2026, 1 023 personnes.
Le confort d’été pèse-t-il vraiment dans le choix d’un logement ?
Une exigence au niveau du confort d’hiver
La réponse est oui, sans ambiguïté. 92 % des Français jugent importante la capacité d’un logement à rester frais lors des fortes chaleurs (isolation, protections solaires, ventilation, orientation). Ce score égale celui du confort d’hiver, également cité par 92 % des sondés. Dans les deux cas, 46 % parlent d’un critère « très important ». Le confort d’été pèse autant que le confort d’hiver dans le choix d’un logement.
Devant l’énergie et le DPE
Le classement des autres critères est instructif. Le confort d’été devance la consommation énergétique du logement et le montant des dépenses d’énergie, cités chacun par 89 % des Français. Viennent ensuite l’adaptation du logement à l’évolution des besoins (85 %) et le diagnostic de performance énergétique (DPE), à 79 %. Au total, 62 % des Français estiment que tous ces critères comptent. La fraîcheur estivale change ainsi de statut : elle devient un critère de choix à part entière.
« Le confort d’été devient une attente structurante des Français, au même titre que la performance énergétique en hiver. » — Franck Oniga, directeur général de Sofinco
Confort d’été, confort d’hiver, énergie et DPE : les critères qui comptent pour choisir un logement
| Fraîcheur du logement lors des fortes chaleurs | 46 % | 92 % |
|---|---|---|
| Température agréable lors des périodes de froid | 46 % | 92 % |
| Niveau de consommation énergétique | 46 % | 89 % |
| Montant des dépenses d’énergie | 46 % | 89 % |
| Adaptation du logement à l’évolution des besoins | 33 % | 85 % |
| Diagnostic de performance énergétique (DPE) | 29 % | 79 % |
Source : Sondage OpinionWay pour Sofinco, Sofinscope, 16-17 septembre 2026, 1 023 personnes. 62 % des Français déclarent que tous ces éléments sont importants.
Quelles actions les Français envisagent-ils pour améliorer leur confort d’été ?
Des équipements accessibles en premier
À court terme, les Français misent sur des solutions simples. 34 % envisagent d’acheter un ventilateur, et 36 % en ont déjà acheté un. 30 % prévoient d’installer des protections solaires (volets, stores), tandis que 33 % l’ont déjà fait. Le climatiseur mobile divise : 30 % l’envisagent, mais 46 % l’écartent. Pourtant, la protection solaire reste un levier décisif du confort d’été.
Isoler sans protéger peut même aggraver la surchauffe intérieure. En copropriété, un projet qui modifie l’aspect extérieur de l’immeuble exige un vote des copropriétaires en assemblée générale. Notre guide sur la protection solaire en copropriété le rappelle.
Des travaux plus lourds en retrait
Les propriétaires, soit 63 % de l’échantillon (641 personnes), voient plus grand, mais avancent avec prudence. 33 % pensent améliorer la ventilation, 30 % réaliser des aménagements végétalisés, 30 % installer une climatisation fixe et 28 % renforcer l’isolation. La pompe à chaleur réversible ferme la marche : 21 % l’envisagent, contre 52 % qui l’écartent. Les gestes simples séduisent donc davantage que les rénovations lourdes.
Confort d’été : les actions envisagées par les Français et par les propriétaires
| Action envisagée | Public interrogé | L’envisagent (oui) | Ne l’envisagent pas | Déjà réalisé |
|---|---|---|---|---|
| Acheter un ventilateur | Ensemble des Français | 34 % | 24 % | 36 % |
| Installer des protections solaires (volets, stores) | Ensemble des Français | 30 % | 27 % | 33 % |
| Acheter un climatiseur mobile | Ensemble des Français | 30 % | 46 % | 13 % |
| Améliorer la ventilation | Propriétaires | 33 % | 37 % | 21 % |
| Améliorer l’isolation | Propriétaires | 28 % | 39 % | 25 % |
| Réaliser des aménagements végétalisés | Propriétaires | 30 % | 45 % | 15 % |
| Installer une climatisation fixe | Propriétaires | 30 % | 46 % | 18 % |
| Installer une pompe à chaleur réversible | Propriétaires | 21 % | 52 % | 16 % |
Qu’est-ce qui freine les propriétaires dans l’amélioration du confort d’été ?
Le coût en tête des obstacles
Le passage à l’acte se heurte à un mur financier. 82 % des propriétaires identifient au moins un frein, et 67 % citent des raisons économiques. Le coût des équipements, aménagements ou travaux arrive largement en tête (53 %), devant le montant restant à charge après les aides financières (36 %) et la nécessité d’avancer les frais (27 %). Pour le confort d’été, l’argent pèse plus que la volonté.
Des obstacles d’information et de confiance
Toutefois, le budget n’explique pas tout. Trouver le bon interlocuteur pose problème : 29 % des propriétaires peinent à dénicher des professionnels de confiance. Les démarches découragent : 26 % jugent les aides trop complexes. L’information manque : 23 % ne savent pas quelles solutions conviennent à leur logement, et autant méconnaissent les aides auxquelles ils ont droit. Enfin, 19 % manquent de visibilité sur les bénéfices attendus, notamment en économies d’énergie, et 18 % redoutent le temps ou la gêne qu’imposent les travaux.
« Pourtant, le coût reste un frein majeur. » — Franck Oniga, directeur général de Sofinco.
Quels leviers pour faciliter l’adaptation du logement et renforcer le confort d’été ?
Des aides et des conseils attendus
Les propriétaires savent ce qui les aiderait : 81 % citent au moins un levier. En tête, 35 % veulent des aides publiques pour réduire le montant restant à leur charge. Viennent ensuite les conseils sur les solutions adaptées à leur logement (33 %). Un accès facile à des professionnels qualifiés recueille 32 % des réponses, comme la connaissance précise des bénéfices attendus sur le confort d’été. Ces attentes répondent directement aux freins identifiés : le coût, l’incertitude et le manque de repères.
Un accompagnement de bout en bout
L’accompagnement complète ce tableau. 29 % attendent un appui pour obtenir les aides, et autant un financement à des conditions avantageuses. Un interlocuteur unique tout au long du projet séduit 24 % des propriétaires, comme la possibilité d’étaler le paiement dans le temps. Précision utile : Sofinco, marque de Crédit Agricole Personal Finance & Mobility, distribue des solutions de financement.
« Les résultats de notre baromètre soulignent le besoin d’un accompagnement des propriétaires combinant information, expertise technique et solutions de financement pour transformer les intentions en projets concrets et accélérer l’adaptation du parc résidentiel aux nouvelles réalités climatiques. » — Franck Oniga.
Les freins et les leviers se répondent presque terme à terme.
Freins et leviers du confort d’été : ce qui bloque et ce qui débloquerait les propriétaires
| Rang | Principaux freins | Principaux leviers |
|---|---|---|
| 1 | Coût des équipements, aménagements ou travaux (53 %) | Aides publiques pour réduire le reste à charge (35 %) |
| 2 | Reste à charge après les aides financières (36 %) | Conseils sur les solutions adaptées au logement (33 %) |
| 3 | Difficulté à trouver des professionnels de confiance (29 %) | Recours facile à des professionnels qualifiés (32 %) |
| 4 | Nécessité d’avancer les frais (27 %) | Connaissance précise des bénéfices attendus (32 %) |
| 5 | Complexité des démarches pour obtenir des aides (26 %) | Accompagnement dans les démarches d’aides (29 %) |
Le DPE doit-il mieux intégrer le confort d’été ?
Ce que réclament les Français
Sur ce point, le consensus est massif. 93 % des Français estiment qu’un logement doit s’adapter aux besoins de ses occupants tout au long de leur vie. 91 % pensent que les fortes chaleurs vont obliger à repenser la conception et la rénovation des logements, et autant souhaitent que le DPE prenne davantage en compte la capacité des logements à rester frais. Le confort d’été s’invite ainsi dans le débat sur la réglementation.
Les attentes des Français à l’égard de l’adaptation des logements
| Affirmation | « Tout à fait d’accord » | D’accord (total) |
|---|---|---|
| Un logement doit pouvoir s’adapter aux besoins de ses occupants tout au long de leur vie | 49 % | 93 % |
| Les fortes chaleurs vont obliger à repenser la conception et la rénovation des logements | 53 % | 91 % |
| Le DPE devrait davantage prendre en compte la capacité des logements à rester frais | 43 % | 91 % |
Ce que prévoit déjà la réglementation
Le DPE, pilier de la rénovation énergétique, n’ignore pas totalement l’été. Depuis le 1er juillet 2021, il affiche un indicateur de confort d’été à trois niveaux : bon, moyen ou insuffisant. Cet indicateur s’appuie sur des critères fixés par l’arrêté du 31 mars 2021, comme les protections solaires extérieures ou l’isolation de la toiture. Il reste toutefois informatif : il n’entre pas dans le calcul de l’étiquette A à G. Notre analyse de l’indicateur confort d’été du DPE montre que près d’un logement sur deux est classé « insuffisant », faute de protections solaires extérieures.
Le politique s’empare du sujet. Après les canicules de l’été 2026, le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, a annoncé le 15 juillet 2026, à l’Assemblée nationale, la préparation d’un « DPE confort d’été ». Cette nouvelle lettre informerait locataires et acquéreurs des performances du logement l’été comme l’hiver. Les attentes exprimées dans le sondage rejoignent une évolution en cours, dont le calendrier reste à confirmer.
Conclusion
Le confort d’été devient un enjeu incontournable dans le logement : 92 % des Français le considèrent comme important et 87 % déclarent avoir déjà souffert de la chaleur chez eux. Si les solutions techniques sont connues, leur déploiement se heurte encore au coût des travaux, à la complexité des démarches et au manque d’accompagnement. Des aides mieux identifiées, des conseils adaptés et un DPE plus lisible seront donc essentiels pour accélérer le passage à l’action.

