Le baromètre Lodgis du T3 2026 confirme une réalité devenue structurelle : la location meublée étudiant domine désormais le marché locatif meublé en France. À Paris, les loyers progressent de +2,3 % (38,25 €/m²) ; en région, ils reculent de 2,6 % en moyenne, avec des situations très contrastées selon les villes. Les étudiants représentent plus des deux tiers des locations parisiennes et jusqu’à 83 % dans certaines métropoles régionales. À Lyon, leur retour massif bouleverse durées de séjour et types de contrats. Comment propriétaires et investisseurs doivent-ils s’adapter à ce marché calé sur le calendrier académique ?
Pourquoi la rentrée universitaire structure-t-elle la location meublée étudiant ?
Un moteur saisonnier incontournable
La location meublée étudiant obéit à un rythme immuable : celui du calendrier académique. Au T3 2026, les séjours pour motif d’études représentent 67,5 % des locations parisiennes (+6,9 points en un an). Autrement dit, deux locations sur trois vont désormais à un étudiant.

Hors de la capitale, le phénomène est encore plus marqué. Dans les grandes métropoles régionales, la part étudiante atteint entre 68 % et plus de 83 % des locations. Bordeaux, Toulouse, Aix-en-Provence et Montpellier fonctionnent entièrement au rythme de l’année universitaire. Face à la pénurie de logements étudiants, la location meublée s’impose comme l’alternative directe à la résidence étudiante traditionnelle.
Des métropoles régionales au rythme du calendrier académique
Conséquence directe : les durées de séjour restent stables, entre 11 et 12 mois — calquées sur l’année universitaire complète. C’est nettement supérieur aux durées observées à Paris ou à Lyon. Pour un bailleur, cela signifie peu de vacance, peu de rotation et des revenus réguliers.
Plus de 90 % des contrats signés dans ces villes sont des baux de résidence principale. Les biens situés dans les quartiers universitaires ou à proximité des campus affichent une occupation quasi continue. Pour un investisseur en location meublée étudiant, c’est l’une des configurations les plus stables du marché.
À Paris, les loyers de la location meublée étudiant résistent-ils à toute pression ?
Une progression modérée mais continue
À Paris, les loyers des locations meublées étudiantes progressent de +2,3 % au T3 2026, pour atteindre 38,25 €/m². Mais cette moyenne cache de fortes disparités : dans Paris centre, la hausse atteint +3,5 %, à 43,48 €/m² ; en périphérie, elle reste à +1,9 %.
Ce n’est pas un accident. Le loyer de la location meublée parisien avait déjà atteint 38,46 €/m² au T1 2026 — la tendance est continue. Elle résulte de deux forces conjointes : une pénurie structurelle de logements dans les zones tendues et une demande étudiante qui dépasse les deux tiers du marché. L’encadrement des loyers ne suffit pas à absorber cette pression, notamment sur les petites surfaces.
Une clientèle internationale en recomposition
La clientèle parisienne se recompose lentement. Les locataires français restent majoritaires (38,1 %, stable), mais la part européenne gagne +1,5 point à 35,6 % — signe que Paris regagne en attractivité auprès des étudiants de l’UE. En revanche, les Nord-Américains reculent de 3,2 points (à 12,2 %) et la clientèle asiatique de 1,6 point.
Cette évolution traduit une européanisation croissante du marché. Pour les propriétaires, cela implique d’adapter l’offre : durées de séjour, équipements et flexibilité contractuelle.
🁢 Répartition de la clientèle parisienne en location meublée — T3 2026
| Origine des locataires | Part (%) | Évolution |
|---|---|---|
| Locataires français | 38,1 % | Stable |
| Locataires européens | 35,6 % | +1,5 pt |
| Locataires nord-américains | 12,2 % | −3,2 pts |
| Locataires asiatiques | — | −1,6 pt |
Source : Baromètre Lodgis T3 2026. Données observées du 01/07/2026 au 30/09/2026, sur un échantillon de plus de 10 000 logements meublés sous gestion Lodgis.
En région, la location meublée étudiant suit-elle la même trajectoire qu’à Paris ?
Des loyers en recul malgré des situations très contrastées
En région, la tendance est inverse : les loyers moyens reculent de 2,6 % au T3 2026, à 19,59 €/m². Mais cette moyenne masque des réalités très différentes selon les villes.
Lyon enregistre la baisse la plus forte (-7 %, à 20,40 €/m²), suivie par Montpellier (-6,3 %) et Toulouse (-1,1 %). À l’opposé, Aix-en-Provence affiche une hausse de +14,3 %, à 24,58 €/m², et Bordeaux progresse de +2,2 %. La comparaison avec le baromètre location meublée 2025 montre que ces corrections font souvent suite à des hausses fortes l’année précédente — un rééquilibrage cyclique propre aux marchés locatifs sous tension. Pour les investisseurs en location meublée étudiant, cela appelle une analyse fine de chaque marché local.
🁢 Loyers des locations meublées étudiantes par ville au T3 2026
| Ville | Loyer moyen (€/m²) | Évolution vs T3 2025 |
|---|---|---|
| Paris (ensemble) | 38,25 €/m² | +2,3 % |
| Paris centre | 43,48 €/m² | +3,5 % |
| Paris périphérie | — | +1,9 % |
| Aix-en-Provence | 24,58 €/m² | +14,3 % |
| Lyon | 20,40 €/m² | −7,0 % |
| Bordeaux | 16,93 €/m² | +2,2 % |
| Toulouse | 16,11 €/m² | −1,1 % |
| Montpellier | 14,77 €/m² | −6,3 % |
| Régions (moyenne) | 19,59 €/m² | −2,6 % |
Source : Baromètre Lodgis T3 2026. Données observées du 01/07/2026 au 30/09/2026.
La domination des baux de résidence principale
Malgré ces variations de loyers, un point commun unit toutes les métropoles régionales : la domination des baux de résidence principale. À Bordeaux, Toulouse, Aix-en-Provence et Montpellier, ils représentent plus de 90 % des contrats signés au T3 2026.
Concrètement, les étudiants s’y installent pour 11 à 12 mois, alignés sur le calendrier universitaire. Pour un propriétaire en zone tendue, c’est une garantie de revenus stables et un risque de vacance locative très limité.
🁢 Tableau comparatif — Part des séjours étudiants et types de baux par ville au T3 2026
| Ville | Part séjours étudiants | Évolution | Baux RP + RPE | Durée moy. séjour |
|---|---|---|---|---|
| Paris | 67,5 % | +6,9 pts | 57,4 % | 8,7 mois |
| Lyon | 53,5 % | +19,4 pts | 66,4 % | 8,9 mois |
| Bordeaux | > 83 % | — | > 90 % | 11–12 mois |
| Toulouse | > 68 % | — | > 90 % | 11–12 mois |
| Aix-en-Provence | > 68 % | — | > 90 % | 11–12 mois |
| Montpellier | > 68 % | — | > 90 % | 11–12 mois |
Source : Baromètre Lodgis T3 2026. RP = bail de résidence principale ; RPE = bail de résidence principale étudiant. Les valeurs « > » indiquent des seuils minimaux communiqués par Lodgis.
À Lyon, comment la location meublée étudiant transforme-t-elle le marché ?
Un retour massif des étudiants après plusieurs trimestres d’affaires
Lyon constitue le cas le plus marquant de cette rentrée 2026. Après plusieurs trimestres dominés par la clientèle d’affaires, la ville renoue avec la location meublée étudiant : la part des séjours étudiants bondit de +19,4 points pour atteindre 53,5 %. La demande étudiante redevient majoritaire.
En contrepartie, les séjours professionnels reculent de 20,4 points, à 41,6 %. Sur le profil des locataires, la structure reste stable : les Français représentent 74,3 % des locations, les Européens progressent de 3,2 points à 14,8 %, les Nord-Américains reculent de 5 points.
L’allongement des séjours, signal d’un bouleversement structurel
Ce retour étudiant se traduit directement dans les durées de séjour. La durée moyenne atteint 8,9 mois au T3 2026, contre 6,5 mois un an plus tôt, soit +36,9 %. Lyon s’aligne progressivement sur le calendrier universitaire.
Les types de contrats suivent la même logique. Le bail de résidence principale redevient dominant (53,5 %, +16,3 points). Le bail de résidence principale étudiant triple presque, à 12,9 % (+8,2 points). À l’inverse, les baux flexibles s’effacent : résidence secondaire -11 points, bail société -14,9 points. Le marché lyonnais pivote clairement vers la location meublée étudiant.
Un marché qui pivote vers les petites surfaces
Ce repositionnement se voit aussi dans les types de biens loués. Les studios progressent de +3,5 points et les appartements d’une chambre de +1,8 point : ensemble, ils représentent plus de 64 % du parc loué à Lyon. Les logements de 2 chambres reculent de 10,3 points. La demande étudiante oriente mécaniquement le marché vers les petites surfaces.
🁢 Évolution du marché lyonnais de la location meublée étudiant — T3 2025 vs T3 2026
| Indicateur | T3 2025 | T3 2026 | Variation |
|---|---|---|---|
| Part des séjours étudiants | 34,1 % | 53,5 % | +19,4 pts |
| Part des séjours professionnels | 62,0 % | 41,6 % | −20,4 pts |
| Durée moyenne de séjour | 6,5 mois | 8,9 mois | +36,9 % |
| Bail de résidence principale | 37,2 % | 53,5 % | +16,3 pts |
| Bail de résidence principale étudiant | 4,7 % | 12,9 % | +8,2 pts |
| Bail de résidence secondaire | 31,8 % | 20,8 % | −11,0 pts |
| Bail société | 24,8 % | 9,9 % | −14,9 pts |
Source : Baromètre Lodgis T3 2026. Les valeurs T3 2025 sont calculées à partir des variations publiées dans le baromètre.
Quels contrats et quels biens choisissent les locataires de la location meublée étudiant ?
Le studio, valeur refuge de la location meublée étudiant
La location meublée étudiant tire structurellement la demande vers les petites surfaces : studios, chambres meublées et T2 concentrent l’essentiel des recherches. À Paris, les studios atteignent 46,8 % des locations au T3 2026 (+2 points en un an). Avec les appartements d’une chambre, ils couvrent plus de 83,5 % du marché locatif parisien.
LMNP, Visale et APL : les atouts de l’investisseur
Pour un investisseur, le studio meublé bien situé est l’un des placements locatifs les plus solides. La demande est régulière, calée sur le calendrier universitaire, et la vacance locative reste limitée. C’est l’essence de l’investissement locatif étudiant.
Sur le plan fiscal, le statut de Loueur Meublé Non Professionnel (LMNP) permet d’optimiser les revenus grâce à l’amortissement du bien et du mobilier — un avantage significatif par rapport à la location nue.
Côté sécurisation, la garantie Visale remplace le garant traditionnel et dispense l’étudiant de fournir une caution parentale — un frein courant à l’accès au logement. Les bailleurs sont ainsi protégés contre le risque d’impayés. Par ailleurs, les étudiants signataires d’un bail de résidence principale peuvent percevoir des aides au logement (APL) versées par la CAF, sous conditions de ressources — ce qui réduit leur effort locatif.
Bail étudiant, bail de mobilité ou résidence principale : qui signe quoi ?
À Paris, la diversité des contrats reflète celle des profils. Au T3 2026 :
- Résidence principale : 38,1 % des locations
- Résidence principale étudiant : 19,3 % (+1,1 point)
- Bail de mobilité : 19,4 %
- Résidence secondaire : 15,7 % (-2 points)
Au total, les baux de résidence principale représentent 57,4 % des contrats parisiens. La durée moyenne de séjour reste stable à 8,7 mois (+1,2 %).
Le bail de mobilité, issu de la loi ELAN du 23 novembre 2018 (articles 107 à 123), est taillé pour les étudiants en déplacement temporaire. Durée : 1 à 10 mois, sans dépôt de garantie — à mi-chemin entre location courte durée et location longue durée. Idéal pour un stage, une mobilité Erasmus ou un programme court. Il représente près d’un contrat parisien sur cinq au T3 2026.
🁢 Répartition des types de baux à Paris — T3 2026
| Type de bail | Part (%) | Évolution |
|---|---|---|
| Bail de résidence principale | 38,1 % | Stable |
| Bail de résidence principale étudiant | 19,3 % | +1,1 pt |
| Bail de mobilité | 19,4 % | — |
| Bail de résidence secondaire | 15,7 % | −2 pts |
| Autres | 7,5 % | — |
Source : Baromètre Lodgis T3 2026. Durée moyenne de séjour à Paris : 8,7 mois (+1,2 %).
Conclusion
Au troisième trimestre 2026, le marché de la location meublée étudianteconfirme son rythme étroitement lié à la rentrée universitaire. Si Paris maintient une certaine stabilité, avec des loyers qui progressent modérément, les marchés régionaux évoluent de manière plus contrastée. Ces disparités témoignent d’un secteur où la saisonnalité et les dynamiques locales jouent un rôle déterminant. Pour les propriétaires bailleurs et les gestionnaires immobiliers, l’enjeu est double : anticiper les fluctuations de la demande locative et sécuriser durablement leurs revenus locatifs.

