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Recharge des véhicules électriques en copropriété : 8 intentionnistes sur 10 freinés par l’absence de borne

Recharge des véhicules électriques en copropriété : 8 intentionnistes sur 10 freinés par l’absence de borne

L’intérêt des Français pour la voiture électrique progresse, mais un frein majeur subsiste dans les immeubles collectifs : la recharge à domicile. Selon une étude Ifop publiée le 6 octobre 2026 pour Logivolt, spécialiste du déploiement de solutions de recharge en habitat collectif, 45 % des habitants en copropriété possèdent déjà un véhicule électrique ou hybride rechargeable, ou envisagent d’en acquérir un. Pourtant, seuls 18 % disposent aujourd’hui d’une solution de recharge dans leur immeuble. Un décalage qui pèse directement sur le passage à l’électrique : pour 8 intentionnistes sur 10, l’absence de recharge constitue un véritable frein. L’enjeu n’est donc plus seulement de convaincre les automobilistes d’adopter l’électrique, mais de leur permettre de recharger facilement leur véhicule au quotidien, jusque dans leur copropriété.


Sommaire :


À retenir — Recharge des véhicules électriques en copropriété

  • Seulement 18 % des habitants en habitat collectif disposent d’une solution de recharge dans leur immeuble en 2026, malgré un intérêt croissant pour le véhicule électrique.
  • 45 % des résidents en copropriété sont déjà équipés ou intentionnistes en matière de véhicule électrique ou hybride rechargeable (étude Ifop pour Logivolt, octobre 2026).
  • Pour 88 % des intentionnistes, une solution de recharge facilement accessible suffirait à déclencher l’achat d’un véhicule électrique.
  • 67 % des répondants citent au moins un frein directement lié aux bornes ou au temps de recharge, ce chiffre montant à 73 % si l’on intègre le coût de la recharge.
  • 72 % des résidents se déclarent favorables à une offre de recharge collective à souscription individuelle dans leur immeuble.

Recharge des véhicules électriques en copropriété

L’image du véhicule électrique s’améliore, mais les freins restent nombreux

Une dynamique réelle, mais des incertitudes persistantes

Le véhicule électrique progresse dans l’opinion. Selon l’étude Ifop pour Logivolt, 58 % des Français vivant en habitat collectif en ont une bonne image. L’hybride rechargeable fait encore mieux : 74 % des répondants lui sont favorables. Pourtant, le véhicule thermique reste le référentiel dominant. La preuve : 80 % des sondés estiment qu’il est plus facile de rouler électrique en maison individuelle qu’en immeuble collectif.

Cette perception en dit long : pour de nombreux Français, vivre en copropriété semble encore difficilement compatible avec le passage à l’électrique. En cause, moins une mauvaise expérience du véhicule électrique que le sentiment de ne pas disposer, dans leur immeuble, de solutions de recharge accessibles et adaptées. C’est donc bien l’équipement des copropriétés qui apparaît comme l’un des principaux freins à l’adoption.

Les principaux freins à l’adoption

Les premiers obstacles restent économiques. Le coût d’achat du véhicule freine 58 % des répondants, devant le manque d’autonomie (42 %) et les incertitudes sur la durée de vie de la batterie (36 %). Le prix demeure donc la barrière d’entrée principale.

Mais la recharge des véhicules électriques n’est pas loin derrière. Elle constitue un frein de premier plan, avec trois grandes difficultés citées :

  • le temps de recharge, évoqué par 34 % des répondants
  • l’absence de solution à domicile, par 33 %
  • le manque de praticité des bornes en libre-service, par 30 %

Au total, 67 % des répondants citent au moins un frein lié aux bornes ou au temps de recharge. Ce chiffre grimpe à 73 % dès lors qu’on y ajoute le coût de la recharge elle-même.

Un déficit d’information plus qu’une expérience négative

Les entretiens qualitatifs de l’étude apportent un éclairage important : ces résistances sont davantage nourries par un manque d’information que par une mauvaise expérience réelle de l’électrique.

« J’avais des a priori en fait parce que bon j’aimais beaucoup les voitures. Je ne m’étais pas plus renseignée que ça sur les voitures électriques. » — Sonia, participante au volet qualitatif de l’étude Ifop pour Logivolt.

Autrement dit, la clé n’est pas uniquement d’installer des bornes. C’est aussi d’informer les résidents sur les solutions qui existent déjà en copropriété.

La recharge des véhicules électriques : un critère décisif avant même l’achat

Une anticipation très précoce dans le parcours d’achat

Résultat frappant de l’étude : la question de la recharge s’invite très tôt dans la réflexion des futurs acheteurs. 53 % des intentionnistes y pensent avant même d’envisager l’achat du véhicule, et 40 % l’intègrent au moment du choix du modèle.

Ce comportement marque un véritable changement de logique. Désormais, le futur acquéreur ne se demande plus seulement s’il souhaite passer à l’électrique : il cherche d’abord à savoir s’il pourra recharger facilement son véhicule au quotidien. La disponibilité d’une solution de recharge devient ainsi un prérequis à l’achat, bien plus qu’un simple sujet pratique à régler ensuite.

« C’est quand même la crainte aussi de se dire, nous on est en immeuble, il n’y a pas de bornes dans la résidence. Donc c’est de se dire : comment est-ce qu’on charge ? » — Michel, participant au volet qualitatif.

Un levier de conversion puissant

Les chiffres sont éloquents. 88 % des intentionnistes déclarent qu’une solution de recharge facilement accessible, proche de leur logement et à un coût attractif, les inciterait à acheter un véhicule électrique ou hybride rechargeable. La recharge n’est donc pas seulement un service : c’est un déclencheur d’achat.

Mieux encore, cette perspective convaincrait aussi 41 % des personnes qui n’envisagent pas encore de s’équiper. La recharge agit ainsi comme levier de conversion bien au-delà du seul public déjà convaincu.

« Je voulais prendre un véhicule électrique mais le seul bémol, c’était l’histoire des bornes dans mon quartier, il n’y en avait pas. Maintenant, il y en a plusieurs en construction. C’est une excellente nouvelle, ça donne envie d’avancer. » — Alain, participant au volet qualitatif.


Obstacles à l’installation d’une borne de recharge dans les immeubles collectifs

Obstacle perçu % de répondants concernés Nature du frein
Coût d’installation 49 % Financier
Nécessité d’obtenir l’accord de la copropriété (AG) 36 % Décisionnel / Collectif
Contraintes techniques 34 % Technique
Manque d’information et complexité des démarches > 40 % Information / Perception

Légende : Les freins liés à la recharge (3 dernières lignes) touchent 67 % des répondants de manière cumulative.


Recharge publique ou résidentielle : quelles solutions en habitat collectif ?

Les bornes publiques, premier réflexe des habitants en immeuble

En habitat collectif, la recharge repose d’abord sur le réseau public. Parmi les personnes déjà équipées ou intentionnistes, les solutions les plus citées sont :

  • les bornes situées près du domicile : 46 %
  • les bornes en libre-service lors des déplacements et les parkings publics : 33 %
  • le lieu de travail : 30 %
  • les bornes individuelles dans leur parking : 28 %
  • les bornes partagées dans leur parking : 26 %

Le réseau public joue un rôle de réassurance. Il rend visible le déploiement de l’écosystème électrique et contribue à normaliser l’usage. Toutefois, ses limites sont réelles : 68 % des personnes déjà équipées déclarent encore rencontrer des contraintes d’organisation liées à la recharge. Pannes, places occupées par des véhicules thermiques, tarifs peu lisibles : la borne publique impose une posture active et parfois épuisante.

La recharge résidentielle : quand la voiture se charge comme le téléphone

La recharge à domicile change complètement l’expérience. Qu’il s’agisse d’une wallbox individuelle ou d’un point de charge partagé dans le parking, elle s’intègre naturellement aux habitudes du quotidien. Elle réduit la dépendance au réseau public et supprime la charge mentale liée à l’anticipation des trajets.

Recharge publique vs recharge résidentielle en habitat collectif

Critère de comparaison Recharge publique Recharge résidentielle (immeuble)
Accessibilité actuelle Croissante (41 175 immeubles équipés au T1 2026) Faible (18 % des immeubles)
Contraintes d’organisation Élevées (68 % des équipés concernés) Très réduites
Charge mentale Forte (localisation, disponibilité, tarifs, pannes) Nulle (recharge nocturne automatisée)
Coût à l’usage Variable selon l’opérateur et la borne Maîtrisé (tarif heures creuses)
Impact sur la décision d’achat Réassurance Déclencheur direct
Solution préférée des intentionnistes 46 % (bornes proches du domicile) 88 % favorables si solution disponible

Source : Étude Ifop pour Logivolt, octobre 2026 — données complétées par Avere-France T1 2026

La différence est fondamentale. Les bornes publiques rendent le véhicule électrique possible. La recharge résidentielle le rend évident, au quotidien. Or, c’est précisément cette recharge domiciliaire qui fait défaut à l’écrasante majorité des résidents en copropriété.


L’équipement des immeubles : un intérêt réel, une mise en œuvre perçue comme complexe

Un décalage criant entre intention et infrastructure

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. 45 % des habitants en habitat collectif sont déjà équipés ou envisagent d’acheter un véhicule rechargeable. En face, seulement 18 % disposent d’une solution de recharge dans leur immeuble. Ce fossé de 27 points entre intention et infrastructure concentre l’essentiel du problème.

L’habitat collectif représente pourtant un gisement considérable pour la mobilité électrique et le véhicule électrique rechargeable (VER). Pour mesurer l’enjeu, Logivolt — filiale à 100 % de la Banque des Territoires (Groupe Caisse des Dépôts) — a déjà remporté plus de 8 500 assemblées générales, représentant un potentiel de 620 000 places de parking raccordables.

Les obstacles perçus par les résidents

L’envie est là. Parmi les personnes dont le parking n’est pas équipé, 46 % se déclarent intéressées par l’installation d’une borne. Cette proportion monte à 73 % chez les intentionnistes, directement confrontés au problème avant de passer à l’achat.

Obstacles à l’installation d’une borne de recharge dans les immeubles collectifs

Obstacle perçu % de répondants concernés Nature du frein
Coût d’installation 49 % Financier
Nécessité d’obtenir l’accord de la copropriété (AG) 36 % Décisionnel / Collectif
Contraintes techniques 34 % Technique
Manque d’information et complexité des démarches > 40 % Information / Perception

Pourtant, trois obstacles freinent concrètement le passage à l’action :

  • le coût d’installation, cité par 49 % des répondants
  • la nécessité d’obtenir l’accord de la copropriété, par 36 %
  • les contraintes techniques, par 34 %

En outre, plus de 4 résidents sur 10 se disent freinés par le manque d’information et la complexité perçue des démarches. Ce dernier point est révélateur : la peur de la procédure pèse autant que la procédure elle-même.

Le cadre réglementaire facilite pourtant la démarche

La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 oblige le syndic à inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée générale une étude sur l’état des installations électriques et les travaux nécessaires à l’accueil de bornes. Par ailleurs, les travaux d’installation d’IRVE (Infrastructure de Recharge de Véhicules Électriques) bénéficient d’une TVA réduite à 5,5 %, conformément à l’article 278-0 bis N du Code général des impôts.

Une offre collective et individuelle plébiscitée par les résidents

Un modèle qui réconcilie immeuble et liberté de choix

Face aux obstacles identifiés, l’étude teste un modèle simple : une infrastructure collective installée dans l’immeuble, à laquelle chaque résident intéressé peut souscrire individuellement. Le résultat dépasse les attentes : 72 % des répondants y sont favorables. Cette proportion monte à 89 % chez les intentionnistes et à 79 % chez les personnes déjà équipées.

Taux d’adhésion à l’offre de recharge collective à souscription individuelle

Profil de répondants Taux de soutien Interprétation
Ensemble des répondants 72 % Adhésion majoritaire générale
Personnes déjà équipées d’un véhicule électrique 79 % Fort soutien des utilisateurs actuels
Intentionnistes (envisagent l’achat d’un VE) 89 % Quasi-consensus chez les futurs acheteurs
Non-intentionnistes convaincus par la disponibilité d’une borne 41 % Levier de conversion au-delà du public acquis

Ce modèle répond à une double attente. D’un côté, il permet à la copropriété d’anticiper l’essor du véhicule électrique et de disposer d’une infrastructure évolutive, sans contraindre chaque résident à se décider en même temps. De l’autre, il laisse à chacun la liberté de se raccorder quand il en a besoin, à son rythme.

« J’ai juste à me dire : je vais être raccordé et je paye. Donc oui, c’est beaucoup plus simple. » — Michel, participant au volet qualitatif

La réponse de Logivolt : tiers-investisseur sans reste à charge

C’est précisément sur ce modèle que repose Logivolt. Créée en 2021, Logivolt, qui a levé 300 millions d’euros pour équiper 26 000 immeubles, finance l’intégralité du coût des infrastructures collectives, sans aucun reste à charge pour les copropriétés ni les bailleurs. Les résidents accèdent ensuite à une solution clé en main, simple et évolutive. Le coût moyen des travaux est de 25 000 € par immeuble, intégralement avancé par Logivolt, qui récupère par ailleurs les primes du programme Advenir.

« Pour que l’électrique devienne accessible à tous, la recharge doit s’adapter à tous les modes d’habitat. En immeuble, elle doit pouvoir être anticipée avant l’achat et s’intégrer naturellement au quotidien. C’est le rôle d’une infrastructure collective, évolutive et accessible individuellement : lever les incertitudes et rendre l’usage simple, fiable et prévisible. » — Pierre Eymard, directeur général de Logivolt.

Pour Frédéric Dabi, directeur général Opinion de l’Ifop, cette étude marque un tournant :

« La voiture électrique est en train de changer de statut. Elle tend à devenir une possibilité concrète pour une part importante de la population. La recharge ne peut rester une opération à planifier : elle doit devenir un geste aussi évident que le stationnement lui-même. » — Frédéric Dabi, directeur général Opinion de l’Ifop.


Conclusion

La recharge des véhicules électriques en copropriété s’impose désormais comme l’un des principaux freins au passage à la mobilité électrique. L’intérêt des Français progresse, mais les infrastructures restent encore insuffisantes dans de nombreux immeubles. L’enjeu n’est donc plus de susciter l’envie, mais de transformer cette intention en usage concret, en équipant les parkings là où les besoins se font sentir. Pour les copropriétaires comme pour les syndics, anticiper ces installations devient stratégique. Préparer aujourd’hui la recharge des véhicules électriques, c’est aussi préserver demain l’attractivité et la valeur de la copropriété.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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