Logivolt, filiale de la Banque des Territoires (Groupe Caisse des Dépôts), finalise un prêt vert de 300 millions d’euros. La capacité d’investissement de l’entreprise atteint désormais près de 500 millions d’euros depuis sa création en 2021. Objectif : équiper 26 000 immeubles et 1,7 million de places de stationnement en bornes de recharge des véhicules électriques d’ici 2030 — sans aucun reste à charge pour les copropriétés ni les bailleurs sociaux. Un déploiement massif, alors que seulement 6 % des immeubles collectifs sont aujourd’hui équipés.
Sommaire :
- Une levée de fonds de 300 millions d’euros : comment est-elle structurée ?
- Quel est l’état du marché de la recharge des véhicules électriques en copropriété ?
- Comment fonctionne le modèle Logivolt en copropriété ?
- Quelles aides publiques accompagnent la recharge des véhicules électriques ?
- Quels objectifs pour 2030 ?
À retenir — Logivolt lève 300 M€ pour la recharge des véhicules électriques en copropriété
- Logivolt finalise un prêt vert de 300 millions d’euros, porté par le Groupe BPCE et coordonné par la Caisse d’Épargne Île-de-France.
- La capacité d’investissement totale de Logivolt atteint désormais près de 500 millions d’euros depuis 2021.
- 100 % des places de stationnement sont pré-équipées, sans aucun reste à charge pour la copropriété ou le bailleur.
- L’objectif est d’équiper 26 000 immeubles et 1,7 million de places de stationnement d’ici 2030.
- Le programme Advenir revalorisé en avril 2026 plafonne désormais l’aide collective à 12 500 euros par immeuble.
Une levée de fonds de 300 millions d’euros : comment est-elle structurée ?
Un prêt vert adossé à des fonds déjà engagés
Logivolt conclut un prêt vert de 300 millions d’euros sous forme de dette structurée. Quatre banques du Groupe BPCE portent l’opération : la Banque Populaire Rives de Paris, la Banque Populaire Val de France, la Banque Populaire Grand Ouest et la Caisse d’Épargne Île-de-France. C’est cette dernière qui coordonne l’ensemble du dispositif.
Ce nouveau financement vient s’adosser aux 190 millions d’euros déjà engagés par la Banque des Territoires en 2021 et en 2024. Pourquoi les prêteurs ont-ils dit oui ? D’abord parce que la Banque des Territoires, actionnaire unique de Logivolt, est un investisseur de long terme dont la solidité est reconnue. Ensuite parce que Logivolt affiche un bilan opérationnel convaincant : en cinq ans d’existence, la société a remporté plus de 8 500 assemblées générales de copropriétaires. Une légitimité terrain difficile à contester.
Olivier Sichel, directeur général de la Caisse des Dépôts, confirme que cette levée de fonds illustre « la robustesse du modèle » et s’inscrit dans l’ambition du groupe « de faire de la transformation écologique une réalité dans tous les territoires ».
Une opération qui consolide le leadership de Logivolt
Au-delà du montant, cette levée de fonds envoie un signal fort au marché. Elle consolide le statut de Logivolt comme tiers-investisseur de référence en faveur de la mobilité propre.
Pierre Eymard, directeur général de Logivolt, ne cache pas sa satisfaction : « Le marché nous a donné raison. Cette levée confirme que l’un des leviers essentiels de la transition vers une mobilité décarbonée se trouve dans les parkings de nos immeubles. »
Quel est l’état du marché de la recharge des véhicules électriques en copropriété ?
Un marché qui prend de la vitesse
Le moment est bien choisi. Les ventes de véhicules électriques représentent désormais plus d’un tiers des immatriculations de voitures neuves en France — un niveau record selon Avere-France. La demande de recharge à domicile suit naturellement cette progression. Or, les parkings résidentiels collectifs restent le maillon faible de la chaîne.
Les chiffres publiés par Avere-France, cités par Logivolt, dressent un tableau contrasté :
- 6 % des immeubles collectifs seulement sont équipés d’une solution de recharge — mais c’est une hausse de 43 % en un an.
- 16 % des copropriétés ont voté l’installation d’une solution collective — en progression de 17 % sur un an.
- Le gouvernement vise 1,7 million de places équipées dans les copropriétés d’ici 2030, dans le cadre du plan national d’électrification.
La dynamique est réelle. Pourtant, plus de 80 % des immeubles collectifs restent sans infrastructure de recharge des véhicules électriques. Le retard à combler est considérable. Le baromètre Advenir au 2e trimestre 2026 illustre l’accélération en cours : 64,8 GWh d’énergie ont été délivrés sur le seul trimestre, en hausse de 12 %.
Les freins persistants à l’équipement des copropriétés
Si les chiffres progressent, le frein principal reste le financement. Équiper un parking collectif en infrastructures de recharge implique des travaux lourds : création d’un point de livraison dédié, câblage de l’ensemble des places, installation des colonnes montantes. Des coûts difficiles à mutualiser, qui bloquent souvent le vote en assemblée générale.
Le cadre juridique, lui, s’est pourtant assoupli. Le droit à la prise, instauré par la loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010 et renforcé par la loi LOM de 2019, garantit à tout résident disposant d’une place de stationnement le droit de faire installer un point de recharge. Ce droit est codifié à l’article L111-3-4 du Code de la construction et de l’habitation. En pratique, la décision collective reste un obstacle décisionnel dans de nombreuses copropriétés. C’est précisément ce verrou que Logivolt cherche à lever.

Comment fonctionne le modèle Logivolt en copropriété ?
Un financement intégral sans reste à charge
Le principe de Logivolt tient en une phrase : la copropriété ou le bailleur social ne débourse rien. Logivolt finance l’intégralité de l’infrastructure collective de recharge, y compris le pré-équipement de 100 % des places de stationnement.
Concrètement, voici comment cela fonctionne :
- La copropriété vote la convention en assemblée générale.
- Logivolt mandate un opérateur référencé, qui gère tout de A à Z : visite de pré-devis, conception, travaux, collecte des subventions Advenir, et service après-vente.
- Chaque résident accède au service au même tarif, qu’il se connecte dès le premier jour ou plusieurs années plus tard.
- En copropriété, le résident ne paie sa quote-part qu’au moment où il branche son véhicule.
- Dans le parc social, le bailleur n’avance rien. Le locataire règle un petit loyer mensuel uniquement lors de son raccordement.
Un interlocuteur unique, du devis au SAV
L’un des atouts du modèle, souvent sous-estimé, est la simplicité pour le syndic et le conseil syndical. Logivolt s’appuie sur un réseau de partenaires opérateurs sélectionnés selon un cahier des charges strict. Cet opérateur devient l’interlocuteur unique de l’immeuble — de la première visite jusqu’au service après-vente, en passant par la gestion des dossiers de subvention.
En agissant ainsi, le modèle de tiers-investissement lève simultanément les deux principaux freins à l’équipement : le frein financier et le frein décisionnel. Le résultat est tangible : depuis sa création, Logivolt a déjà constitué un potentiel de 620 000 places de parking raccordables.

Quelles aides publiques accompagnent la recharge des véhicules électriques ?
Le programme Advenir revalorisé en avril 2026
L’État n’est pas en reste. Le programme Advenir, piloté par Avere-France dans le cadre des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), a sensiblement revalorisé ses barèmes à partir du 1er avril 2026, pour tous les projets votés en assemblée générale à compter de cette date :
- Infrastructure collective : le plafond passe de 8 000 € à 12 500 € HT pour les parkings jusqu’à 100 places ; au-delà, 125 € par place supplémentaire.
- Parkings extérieurs : une surprime de 8 000 € fait son apparition pour les travaux de voirie extérieure.
- Borne individuelle : le plafond grimpe de 600 € à 1 000 € HT.
À noter : les nouveaux barèmes s’appliquent uniquement aux projets votés en assemblée générale à partir du 1er avril 2026. Un vote antérieur reste soumis aux anciens montants. En revanche, les dossiers ouverts avant cette date mais pas encore signés basculent automatiquement vers les nouvelles aides. Quant au programme Advenir lui-même, il court jusqu’au 31 décembre 2027 — le temps de lancer le projet, mais sans trop tarder.
Un soutien public qui s’aligne sur les ambitions de Logivolt
La revalorisation d’Advenir et la levée de fonds de Logivolt ne sont pas deux événements distincts : ils s’inscrivent dans le même mouvement de politique publique. Le gouvernement a fixé l’objectif de 1,7 million de places équipées dans les copropriétés d’ici 2030. Pour atteindre cette cible, il faut des acteurs capables de déployer à grande échelle — avec un réseau d’opérateurs, une capacité d’investissement significative et un modèle sans reste à charge. Logivolt coche toutes ces cases.
Monimmeuble.com a publié un décryptage complet de ces nouvelles aides : Prime Advenir 2026 : les aides revalorisées pour la recharge en copropriété.

Quels objectifs pour 2030 ?
26 000 immeubles et 1,7 million de places à équiper
Les 300 millions d’euros levés seront intégralement déployés au financement des infrastructures collectives de recharge des véhicules électriques. Logivolt vise l’équipement d’environ 26 000 immeubles d’habitation et 1,7 million de places de stationnement d’ici 2030 — en cohérence exacte avec la cible fixée par l’État.
Ce déploiement concerne à la fois les copropriétés privées et le parc de logements sociaux, où la demande des bailleurs est en forte hausse. Au total, la capacité d’investissement de Logivolt atteint près de 500 millions d’euros, ce qui lui permet de répondre à l’accélération de la demande sur l’ensemble du territoire métropolitain.
Une vision à dix ans
Pierre Eymard, directeur général de Logivolt, projette une transformation profonde des usages : « Je suis convaincu que dans 10 ans le fait de recharger sa voiture chez soi le soir sera devenu une évidence, presque un réflexe, comme le fait de recharger son téléphone avant de se coucher. »
Cette vision d’une recharge électrique domestique universelle repose sur trois facteurs convergents : l’accélération des ventes de véhicules électriques, le renforcement des aides publiques, et l’émergence de modèles de financement tiers — comme celui de Logivolt — qui lèvent simultanément les freins financiers et décisionnels en copropriété.
Conclusion
La levée de 300 millions d’euros réalisée par Logivolt marque une étape décisive pour la recharge des véhicules électriques en habitat collectif. Avec près de 500 millions d’euros de capacité d’investissement, l’entreprise dispose désormais des moyens de ses ambitions. Le modèle sans reste à charge, renforcé par la revalorisation du programme Advenir, rend la transition concrète et accessible — pour les copropriétés comme pour les bailleurs sociaux. Le pari est simple : faire du parking de l’immeuble le premier point de recharge de demain.


