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Crédit

Taux de crédit : une hausse de 0,10 % en février ?

Taux de crédit

L’année 2022 apporte son lot de surprises. Après un mois de janvier plutôt calme, des changements se font ressentir auprès des banques. Certains établissements ont augmenté leurs taux de crédit de 0,10 %, voire plus. Une hausse qui s’opère suite à celle des taux d’emprunt de l’État. Cependant, cette augmentation n’a pas encore d’effet direct chez les emprunteurs. Mais, quels sont les risques si les taux continuent de monter ? Zoom sur les modalités d’emprunt qui se profilent pour 2022.

Les banques remontent leurs taux de crédit jusqu’à 0,35 % !

Face à la remontée non négligeable des taux d’emprunt de l’État, les banques instaurent leur propre stratégie. Dès début février 2022, certains établissements ont augmenté leurs taux de crédit. Cette décision vise à préserver leurs marges sur le crédit immobilier. Un véritable changement s’opère alors après un mois de janvier assez stationnaire et une année 2021 historique en matière de taux bas.

Pour rappel, la majorité des banques ont des objectifs élevés en termes de production de crédits. Mais, au vu du contexte actuel et de la forte concurrence, la hausse des taux de crédit risque d’être restreinte. À cela s’ajoute le niveau assez bas des taux d’usure qui pourra aussi limiter les augmentations.

Par ailleurs, certaines banques prévoient d’appliquer ces augmentations à la plupart des emprunteurs ou simplement aux meilleurs profils. Une banque nationale, quant à elle, a toutefois décidé de ne pas changer ses taux de crédit et de les garder stables. Une stratégie fondée sur une politique d’attractivité des taux de crédit.

Dès le 1er février 2022, les taux de crédit atteignent alors en moyenne 0,10 %, voire 0,35 % chez une banque régionale. Ces chiffres vont se répercuter sur les taux moyens proposés. Les meilleurs profils d’emprunteur subissent aussi les effets de cette hausse des taux de crédit immobilier.

Une hausse de 1,1 % est observable sur un crédit d’emprunt de 15 ans, de 1,25 % sur 20 ans et de 1,45 % sur 25 ans.

Evolution des taux d'usure en 2022

Les impacts d’une hausse des taux de crédit malgré des taux d’usure très bas

Les taux d’usure ont nettement baissé durant l’année 2021. Ils se sont néanmoins stabilisés au premier trimestre 2021, mais leurs niveaux sont restés très bas. Malgré une légère hausse des taux de crédit, les taux d’usure subissent une baisse non négligeable. Ils reculent d’environ 26 points pour un crédit d’emprunt de 20 ans. Une situation assez alarmante qui inquiète les courtiers.




Evolution du taux de crédit immobilier et des taux de l'usure

 

Pour rappel, le taux d’usure est le taux maximum que les prêteurs ne peuvent dépasser. Les banques ne sont pas autorisées à aller au-delà pour accorder un crédit. Si les taux d’usure restent bas alors que les taux de crédit remontent, certains emprunteurs se retrouvent fragilisés. En effet, les banques risquent de refuser leur demande de prêt malgré leur niveau raisonnable d’endettement et de reste-à-vivre.

“ Maintenant que les taux remontent, la méthode de calcul du taux d’usure se fondant sur les taux effectivement accordés durant le trimestre précédent pose un problème. La remontée ne sera considérée que dans 3 mois.”Sandrine Allonier, directrice des études de Vousfinancer.

Or, cette situation provoque un effet ciseau risquant de pénaliser ceux qui ne bénéficient pas des taux les plus bas. Ce sera aussi le cas pour les profils les plus fragiles, notamment les seniors ou ceux avec des taux d’assurance élevés.

En effet, les banques s’alignent aux recommandations du Haut Conseil de stabilité financière pour définir les profils d’emprunteurs cibles. Le HCSF préconise d’inclure l’assurance dans le taux d’endettement des emprunteurs. Pour autant, la hausse des taux de crédit immobilier et la baisse des taux d’usure les conduisent à revoir leur méthode.

Des changements en cours

L’année 2022 s’annonce assez mouvementée en matière de crédit immobilier. Une hausse des taux de crédit est observée dès le début février auprès des banques. Même si elle reste sans conséquence majeure sur les emprunteurs, le contexte risque de changer si la hausse se poursuit.

Les profils d’emprunteurs les plus fragiles peuvent se voir refuser leur demande de prêt. Une bonne nouvelle se profile néanmoins avec un amendement adopté par le Sénat le 26 janvier dernier. Il concerne la suppression du questionnaire et de l’examen médicaux pour les demandes de crédit inférieur à 350?000 euros. Cette mesure sera appliquée si le prêt touche à sa fin avant le 65e anniversaire de l’emprunteur.

En outre, le délai du droit à l’oubli pourrait être réduit de dix à cinq ans pour les pathologies cancéreuses et étendu à d’autres pathologies chroniques.

“L’adoption définitive de ces mesures le 3 février pourrait avoir un vrai impact sur le tarif d’assurance emprunteur de ceux qui veulent obtenir un crédit avec un problème de santé.” – Sandrine Allonier.

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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