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Rénovation

Rénovation énergétique performante : quels sont les freins ?

En France, 12 millions de personnes sont encore en situation de précarité énergétique. Ce problème est dû en partie à des logements mal isolés ou mal chauffés. Il est donc primordial pour l’État de procéder à la rénovation énergétique des 5 millions de « passoires thermiques ». Toutefois, malgré l’existence de multiples dispositifs d’aide, pourquoi la rénovation globale et performante reste-t-elle peu adoptée ?

Le CITE, une aide à la rénovation énergétique sans critère de performance

La précarité énergétique demeure aujourd’hui l’une des principales préoccupations des Français. Ce sujet est abordé dans le « 27e rapport sur l’état de mal-logement en France » de la Fondation Abbé Pierre. En effet, les dispositifs d’aide à la rénovation énergétique comportent des failles. La plupart des travaux financés ne permettent pas d’obtenir de réels gains énergétiques dans les logements.

Rénovation énergétique pour lutter contre les passoires thermiques

 

Entre 2009 et 2019, via le crédit d’impôt à la transition énergétique, l’État avait dépensé un à deux milliards d’euros par an. Cependant, ce dispositif était dépourvu de ciblage social précis et de critère de performance. Il était d’ailleurs exposé à des risques d’effet d’aubaine. D’ailleurs, le succès des CEE et du dispositif « isolation à 1 euro » a même favorisé les arnaques.

L’aide MaPrimeRénov’, limitée à des rénovations par étapes

Depuis 2020, le CITE est remplacé par MaPrimeRénov’. Bien que cette aide soit ouverte à tous, sans critère de revenus, elle est surtout sollicitée par des ménages très modestes et intermédiaires. Peu de ménages aisés (2 %) prétendent ainsi à cette aide. Le souci est que le montant de MaPrimeRénov’ reste insuffisant pour mener des travaux de rénovation énergétique performants.

Ce dispositif a seulement permis de massifier des travaux de rénovation par étapes, sans garantie de performance. Par conséquent, la majorité des projets financés avec MaPrimeRénov’ concernent les gestes de rénovation (isolation, remplacement du chauffage, changement de menuiseries…). Les travaux de rénovation globale représentent uniquement 0,1 % des dossiers.

Par ailleurs, l’échec de ce dispositif est évident sur le volet des copropriétés. Sur 65 dossiers engagés sur les neuf premiers mois en 2021, seuls 11 logements sont sortis de leur état de « passoires ». Toutefois, on a quand même recensé 11 logements ayant atteint le niveau du BBC (Bâtiment Basse Consommation). Il y a encore de nombreux efforts à fournir pour éradiquer la précarité énergétique et atteindre les objectifs climatiques fixés.




Des restes à charge élevés après la mobilisation des aides à la rénovation énergétique

En principe, un ménage français a le droit de faire plusieurs demandes MaPrimeRénov’. Néanmoins, le montant total des aides octroyées est plafonné à 20 000 euros sur cinq ans. De fait, le reste à charge des ménages aidés est toujours aussi important. Le gouvernement estime que le reste à charge se situe à 10 %. La réalité semble cependant bien différente. Après la mobilisation de toutes les aides, selon l’Anah, le reste à charge est estimé à :

  • 39 % pour les ménages très modestes ;
  • 56 % pour les ménages modestes ;
  • 73 % pour les ménages intermédiaires ;
  • 84 % pour les ménages aisés.

 

En réalité, le coût des travaux de rénovation complète et performante peut s’élever rapidement à des dizaines de milliers d’euros. Le niveau du reste à charge décourage ainsi certains ménages à rénover leur logement. Néanmoins, le Crédit Mutuel et la Banque Postale proposent dès 2022 le « prêt avance rénovation » destiné à financer ce reste à charge.

Ce nouveau prêt permet aux ménages modestes de rembourser le capital avec la plus-value perçue lors de la vente du bien. De ce fait, ils sont tenus de régler uniquement les intérêts après l’obtention du financement. Bien que ce prêt se présente comme une bonne solution, les banques privées hésitent à s’y engager.

Focus sur le prêt avance rénovation

Le Prêt Avance Rénovation s’adresse aux personnes exclues des solutions de financement classiques en raison de leur revenu, de leur âge ou encore de leur situation professionnelle. Ce dispositif vise à les aider pour financer les travaux de rénovation énergétique de leur logement en adossant le prêt à leur bien immobilier. Toutefois, il est réservé aux ménages propriétaires de leur résidence principale sous conditions de ressources.

Plus précisément, il s’agit d’un prêt hypothécaire, qui finance l’intégralité du « reste à charge » avec un remboursement du capital « in fine », lors de la vente du logement ou de la succession. Quant aux intérêts, ils peuvent être remboursés au fil de l’eau ou « in fine ».

Ce prêt est distribué en bureau de poste et via une plateforme d’experts située à Orléans. Sa forme varie en fonction de l’âge des clients :

  • Plus de 60 ans. Le prêt peut bénéficier d’un différé total d’amortissement. Il sera remboursé au moment de la mutation du bien ou lors de la succession.
  • Moins de 60 ans. Le différé est partiel. Le remboursement des intérêts s’effectue pendant la durée du prêt. Le capital sera quant à lui remboursé lors de la mutation du bien ou en cas de décès de ou des emprunteurs.

 

Enfin, le Prêt Avance Rénovation est proposé à un taux fixe de 2%. Il est disponible à partir de 3 500 euros. Toutefois, son montant maximum dépend de l’âge du client et ne peut excéder 70 % de la valeur du bien avant travaux. Notons que la souscription d’une assurance emprunteur n’est pas exigée et La Banque Postale n’applique aucuns frais de dossier et d’assurance ni d’indemnités de remboursement anticipé. Seuls les frais d’hypothèque sont à la charge du client.

Manque d’informations sur les dispositifs d’aide existants

Rares sont les Français qui connaissent parfaitement l’ensemble des dispositifs d’aide à la rénovation énergétique. La méconnaissance de ces aides est un frein majeur pour de nombreux porteurs de projet de rénovation. Certaines personnes ne connaissent aucun des dispositifs existants. Ce problème touche ainsi toutes sortes de ménages propriétaires, mais particulièrement ceux à faibles revenus.

Face à cette ignorance, les propriétaires hésitent à se lancer dans la réalisation des travaux d’amélioration de leur logement. Toutefois, l’accès à des aides financières figure parmi les facteurs incitant les Français à sauter le pas. Selon une enquête réalisée par l’Anah en 2021, 7 Français sur 10 auraient mené des travaux, car ils avaient bénéficié de MaPrimeRénov’.

Il est donc important de bien informer les ménages sur les différentes aides auxquelles ils ont droit. Avec le lancement de France Rénov’ et de MonAccompagnateur Rénov’ en 2022, ce problème de sous-information sera peut-être atténué.

La solution proposée par Dorémi en termes de rénovation complète et performante

L’entreprise sociale et solidaire Dorémi propose ses services d’accompagnement aux porteurs de projet de rénovation énergétique complète et performante. Elle leur fournit notamment des renseignements sur les aides financières et les financements existants. De plus, elle les met en relation avec des artisans formés au référentiel Dorémi de la rénovation performante. Tout au long du projet, la coordination et l’optimisation des travaux sont indispensables pour optimiser la performance énergétique d’un logement.

Cette entreprise sociale et solidaire s’adresse essentiellement aux propriétaires de maisons individuelles. Elle travaille aujourd’hui avec plus de 50 collectivités couvrant 20 % de la population en France. Par ailleurs, elle s’appuie sur le soutien de France Active Investissement, de MISS, d’Electric Energy Access et de Wiseed. C’est aussi un partenaire du ministère de la Transition écologique dans le cadre du programme CEE.

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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