Augmentation du Smic : une hausse de la capacité d’emprunt de 10%

Augmentation du Smic

En 2 ans, le salaire minimum a augmenté de 4,5 %. Désormais, le Smic est fixé à 10,48 € brut de l’heure. Ce qui représente une hausse de 54 € net par mois. Pour autant, la hausse des prix de l’immobilier dans plusieurs villes moyennes freinent l’accession à la propriété. De sorte que les ménages les plus modestes pourraient être exclus du marché.

Une hausse significative du Smic en 2 ans

Avec l’inflation, le salaire minimum interprofessionnel de croissance ou Smic a connu une croissance de 4,5 % en deux ans. De ce fait, le taux horaire brut du salaire minimum s’élève actuellement à 10,48 €. Or, auparavant il était de 10,03 €. Avec cette hausse de 54 € net par mois, 10 % des salariés rémunérés au Smic ont augmenté leur capacité d’emprunt. Il faut dire que la baisse des taux d’intérêt a fortement participé à augmenter cet accès au financement. Concrètement, le taux de crédit a baissé pour atteindre un taux de 1,25 % en moyenne cette année pour un crédit sur 25 ans.

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“ Grâce à la baisse des taux combinée à la revalorisation du Smic, la capacité d’emprunt avec le salaire minimum a augmenté de 60 % en 10 ans et de 10 % ces seules deux dernières années ! ” – Sandrine Allonier, directrice des études et porte-parole de Vousfinancer.

Evolution du Smic et capacité d'emprunt

Il est désormais envisageable de faire un emprunt d’environ 107 000 € sur 25 ans. À titre de comparaison, en 2011, ce montant s’élevait encore à 67 000 €. Ce qui fait une différence de 40 000 € de plus. Étant donné que l’assurance est dorénavant incluse dans le calcul de l’endettement, le taux d’endettement peut aller jusqu’à 35 %.

Une possibilité d’achat de 10 à 90 m2 de surface

D’un autre côté, il est plus difficile d’obtenir un crédit immobilier de nos jours suite à la hausse constante des prix. La valeur de l’immobilier dans plusieurs localités ne cesse d’augmenter, creusant ainsi des inégalités de pouvoir d’achat.

D’après Vousfinancer, une différence sensible est à souligner au niveau du prix de l’immobilier avant et après la crise sanitaire. Les résultats montrent que l’acquisition d’un bien s’avère compliquée si le prix ne cesse de croître. Ces derniers ont notamment augmenté de 15 % en seulement deux ans.

Habituellement, le réseau de courtiers Vousfinancer établit une analyse concernant la surface que le salarié rémunéré au Smic peut acheter. Une étude approfondie est réalisée dès qu’une modification du Smic est notée et dans le cas où le prix de l’immobilier augmente. Sachant que l’emprunteur devra s’acquitter d’une mensualité égale à 33 % du Smic sans compter l’assurance. Ainsi, le remboursement se fera sur 25 ans avec un taux de crédit de 1,25 % et 10 % d’apport personnel.

Toutefois, l’augmentation de la capacité d’emprunt de près de 10 000 € ne compense pas le recul du pouvoir d’achat. En effet, la surface que le salarié rémunéré au Smic peut acheter a fortement baissé. D’ailleurs, on observe cette tendance dans la moitié des villes moyennes. Ces dernières ont enregistré une forte hausse de prix à deux chiffres.

Pouvoir d'achat immobilier avec le Smic

 

Une différence notable est soulignée concernant le pouvoir d’achat des salariés rémunérés au Smic dans l’ensemble du territoire français. En effet, en gagnant le Smic et avec une obligation d’avoir au moins 10 % d’apport, il est possible d’acquérir :

  • 10 m2 à Paris,
  • 20 m2 à Lyon,
  • 23 m2 à Bordeaux.

Pour acquérir une plus grande surface, il est recommandé de viser Nîmes (52 m2), le Havre (53 m2) ou la ville du Mans (69 m2).

Un pouvoir d’achat en baisse dans la moitié des villes moyennes

On constate une baisse de la capacité d’achat dans la moitié des villes moyennes en France. À titre d’exemple, le pouvoir d’achat immobilier est plus stable dans les villes comme Bordeaux, Paris ou Lyon. À l’inverse, ces deux dernières années ont vu ce pouvoir d’achat reculer de manière considérable à Angers et à Rennes. Les foyers recevant des revenus moindres, surtout les primo-accédants, éprouvent des difficultés à acquérir un bien dans ces localités.

De plus, la décision du Haut conseil de stabilité financière ayant recommandé une limitation de l’endettement est loin de jouer en leur faveur. À cela s’ajoute la durée du crédit revue à la baisse, au regard de la situation. D’autant plus que ces emprunteurs doivent avoir au minimum 10 % d’apport personnel pour pouvoir obtenir un financement. Cette décision limite l’accès à la propriété dans des agglomérations qui, quelques années auparavant, étaient encore abordables. C’est le cas de Paris, Lyon ou Bordeaux.

Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer, met en avant la problématique liée aux évolutions de ces dernières années. Elle attire l’attention sur la hausse du Smic, la baisse du taux de crédit et le recul du pouvoir d’achat.

“ Dans des villes comme Paris ou Bordeaux, qui connaissent désormais une accalmie après de fortes hausses de prix, le pouvoir d’achat immobilier est en hausse respectivement de 6,5 et 7,2 %. Ce sont les augmentations les plus élevées parmi les 20 villes étudiées.” – Julie Bachet.

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