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Santé

Risques de chute : le gouvernement lance son plan pour les réduire

Les risques de chute des seniors représentent un enjeu de santé publique majeur en France. C’est pourquoi le gouvernement a mis en place un plan national triennal antichute des personnes âgées. Ce dernier vise à réduire de 20 % les chutes mortelles ou invalidantes des 65 ans et plus jusqu’en 2024. Il tourne autour de cinq grands axes que nous allons développer dans cet article. Les professionnels de la filière du bâtiment ont d’ailleurs donné leur avis sur ce nouveau plan.

Les risques de chute en France en chiffre

En France, les chutes des seniors sont la cause de plus de 100 000 hospitalisations chaque année. Par ailleurs, elles entraînent plus de 10 000 décès par an. Elles affectent significativement les personnes âgées sur le plan physique, psychologique et social. Elles conduisent même à une perte d’autonomie.

De plus, les chutes représentent une dépense énorme pour la collectivité. Le coût s’élève à 2 milliards d’euros, dont 1,5 milliard déboursé par l’Assurance Maladie. Dont une partie pourrait être évitable par la prévention. Aujourd’hui, face au vieillissement de la population, les actions visant à réduire les risques de chute sont primordiales.

D’autant plus que ces chiffres vont s’accentuer avec la transition démographique. Le « papy-boom » des enfants nés après-guerre arrive en force, avec + 50 % de personnes de 75 à 84 ans d’ici à 2030.

“ En fixant l’objectif de réduire le nombre de chutes mortelles ou entraînant des hospitalisations des personnes âgées de 20 % en 3 ans, nous poursuivons un objectif majeur de santé publique.” – Brigitte Bourguignon Ministre déléguée auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, chargée de l’Autonomie.

Les cinq grands axes du plan contre les risques de chute

La réalisation de ce plan antichute nécessite une bonne sensibilisation de tous les acteurs aux risques de chute et à leurs impacts. Ce plan s’articule autour de cinq axes principaux.

« Savoir repérer les risques de chute et alerter »

Les seniors et les professionnels de santé ne savent pas réellement repérer les risques de chute. En partant de ce constat, deux portraits types de “chuteurs” (reflet de 80 % des cas) seront diffusés auprès des acteurs de l’autonomie. De plus, cinq signes “avant-chuteurs ” seront exposés. L’objectif est de repérer plus facilement les individus à risque et de mieux prévenir les chutes.




Risque de chute - profils des chuteurs

« Aménager son logement pour éviter les risques de chute »

Pour mieux protéger les seniors, des outils de repérage de baisse de l’autonomie et de risques de chute à domicile seront utilisés. Des équipes dédiées au repérage des risques du logement seront mobilisées. Des aides techniques spécifiques sont prévues pour adapter le logement des personnes âgées et limiter leurs chutes. Ainsi, le dispositif MaPrimeAdapt’ s’ouvre aux seniors souhaitant évaluer les risques chez eux et aménager leur domicile.

Quels aménagements pour mon logement ?

« Des aides techniques à la mobilité faites pour tous »

Les aides techniques permettent aux personnes âgées de retrouver ou de prolonger leur mobilité. Désormais, elles pourront bénéficier d’un accompagnement dans le choix et l’utilisation des équipements les plus efficaces et remboursés à 100 %. Le but est de favoriser le recours à ces aides à la mobilité. D’ailleurs, le gouvernement prévoit une prise en charge des seniors ayant déjà chuté. Ces derniers pourront ainsi suivre des modules de rééducation post-hospitalisation.

« L’activité physique, meilleure arme antichute »

L’activité physique contribue à mieux protéger les seniors contre les risques de chute. Pour cette raison, le gouvernement propose de faciliter le recours à l’activité physique adaptée (APA). Cette offre sera lancée et l’analyse des besoins des personnes âgées sera privilégiée. Les principaux concernés seront orientés vers des programmes d’activité physique adaptés à leur état de santé. De plus, l’expérimentation d’un « panier de soins » dédié à la prévention des chutes est prévue dès 2022.

« La téléassistance pour tous »

Les seniors pourront accéder plus facilement aux services de téléassistance grâce à la réduction de leur reste à charge. Cette aide sera réalisée en collaboration avec les commanditaires publics et les conseils départementaux. Par ailleurs, des études sur l’utilisation de la téléassistance devraient être effectuées avec les gérontopôles pour alimenter la CNSA.

En France, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie contribue au financement de l’aide à l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées. Ainsi, elle verse aux conseils départementaux un concours au financement de l’allocation personnalisée d’autonomie et de la prestation de compensation du handicap.

Cela permettra de déterminer les outils de téléassistance les plus pertinents pour prévenir les risques de chute des personnes âgées.

Carte géolocalisée interactive

L’identification ainsi que la localisation des acteurs et éléments ressources sont essentielles pour une prévention des chutes opérante. Une carte géolocalisée sera prochainement créée et mise en ligne sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé. Son objectif sera de permettre à un bénéficiaire, un aidant, un professionnel de santé ou du secteur médico-social de repérer les lieux proposant des services et biens en lien avec la prévention des chutes.

De cette manière, une personne âgée pourra ainsi identifier et se rendre dans des lieux proposant des ateliers de pratique d’activité physique, des espaces d’achats et de conseils sur les aides techniques ou de conseils sur l’aménagement du logement. La recherche sera établie sur une géolocalisation et renseignera des adresses pertinentes dans un rayon de 30 kilomètres autour de l’individu.

Les réactions des cinq présidents de la filière du bâtiment

Cinq présidents de la filière du bâtiment saluent le gouvernement pour sa volonté de présenter ce plan national triennal antichute. En effet, ils sont conscients de l’importance de la prévention des chutes des 65 ans et plus. Cependant, ils regrettent l’absence de consultation de leur avis en amont de la conception de ce plan.

Selon eux, les acteurs des secteurs du bâtiment et du médico-social devront travailler ensemble pour atteindre les objectifs fixés. La synergie entre ces professionnels est surtout indispensable pour adapter réellement les logements aux besoins des seniors.

Les entreprises du bâtiment connaissent bien les personnes âgées, puisqu’elles interagissent avec ces dernières au quotidien. Elles sont ainsi en mesure de proposer des solutions vraiment efficaces pour détecter et réduire les risques de chute. Elles peuvent suggérer des outils permettant de capter les temps d’inactivité, signes alertant la survenue d’une perte d’autonomie.

L’intervention de professionnels qualifiés en termes de prescription et d’installation est nécessaire pour réussir le plan antichute. Ainsi, les solutions mises en œuvre sont pensées pour assurer la sécurité, la pérennité et la maintenance sur le long terme.

Les limites du plan antichute des personnes âgées

Ce plan antichute aborde uniquement les possibilités de financement octroyées par la Sécurité sociale ou les collectivités. Selon les professionnels du bâtiment, le gouvernement devrait aller plus loin dans sa démarche d’information. Par ailleurs, il faudrait offrir une vue d’ensemble des aides publiques déjà existantes, en particulier le crédit d’impôt autonomie.

De plus, il convient de renseigner les coûts réels des solutions et de leur installation. En parallèle, cette information devrait être accompagnée d’un message de vigilance sur la qualité et la mise en œuvre des solutions. Ce plan contre les risques de chute devrait d’ailleurs considérer les enjeux de souveraineté économique.

Outre cela, les acteurs du bâtiment déplorent l’absence de certaines solutions essentielles dans ce plan, notamment :

  • des capteurs de chute ou d’inactivité (indépendants des services de téléassistance) ;
  • des solutions pour adapter la salle de bains et les sanitaires (des toilettes suspendues et un espace de douche sécurisé par exemple).

Bien que ce plan marque une bonne intention, ces professionnels regrettent que celui-ci soit uniquement axé sur un angle social. Ils espèrent ainsi que les projets autour de MaPrimeAdapt’ résulteront d’un travail collaboratif.

Tous les acteurs des secteurs du médico-social et du bâtiment devraient aussi y contribuer. Ils pourraient apporter leur expertise respective pour créer un véritable parc de logements adaptés aux seniors. C’est de cette façon que l’on pourra effectivement réduire les risques de chute et favoriser le bien vieillir à domicile.

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

1 commentaire pour “Risques de chute : le gouvernement lance son plan pour les réduire”

  1. Bonjour,
    je suis tombée maintes fois dans la rue en butant sur les bosses, trous, différences de niveau des trottoirs parisiens. Mais jamais chez moi, et j’ai 81 ans.
    L’état des trottoirs parisiens est effrayant, et le gouvernement devrait obliger la Ville de Paris à re-surfacer tous ses trottoirs. C’est scandaleux que ce problème des chutes dans la rue ne soit pas évoqué.
    je vous remercie de faire suivre à la Ville si vous le pouvez.
    Bien cordialement
    F.Musset

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