Quelles perspectives pour les start-up de l’immobilier en France ?

start-up de l’immobilier
La France s’affirme comme le deuxième pôle européen des PropTech.

Alors que la France s’affirme comme le deuxième pôle européen des PropTech. L’heure est à la consolidation pour les start-up de l’immobilier et le secteur gagne en maturité. Une nouvelle période commence selon les experts de XERFI.

Une nouvelle période commence pour les Start-up de l’immobilier

 

La grande majorité des Start-up de l’immobilier sont dans une phase de validation de leur modèle. Dans ce contexte, le nombre de tours de table a diminué mais le montant des fonds levés a augmenté.

A 4,25 millions d’euros en moyenne pour les neuf premiers mois de 2019 (sans compter l’opération exceptionnelle de Meero), la hausse atteint en effet presque 40% sur un an.

Certaines start-up de l’immobilier ont réussi à consolider leur modèle, réalisant des levées de fonds de série C. Les séries A, B et C ne sont pas simplement des lettres de l’alphabet. Elles correspondent aussi aux phases de développement des entreprises qui lèvent des fonds.

Pour les séries C, les investisseurs injectent du capital dans des entreprises performantes. L’objectif pour eux est de doubler leur investissement initial, au-delà d’une fructification. Les entreprises peuvent espérer lever des dizaines de millions d’euros lors de ce tour.

C’est par exemple le cas de Deepki et de Finacald qui ont ainsi pu investir dans leurs produits et s’offrent alors la possibilité de se développer à l’international.

Si l’on prend le cas de Deepki, la société a levé 8 M€ en juin dernier pour accélérer la transition environnementale de l’immobilier ! Deepki ambitionne ainsi de devenir le leader européen dans son expertise. En effet, Deepki digitalise la gestion des grands parcs immobiliers. Grâce à ses applications qui allient data-analytics et expertise immobilière, Deepki aide ses clients à dématérialiser et fluidifier les processus de gestion de leur patrimoine immobilier et à détecter les économies de charges et d’énergie.

De son côté Finalcad a réalisé une levée de fonds de 35 millions d’euros en décembre 2018 auprès de plusieurs investisseurs. L’application mobile a pour but de simplifier la vie des hommes de chantier. Il s’agit de numériser et normaliser tous les processus sur le terrain afin de pouvoir capitaliser sur les bonnes pratiques, faire vivre la maquette numérique sur le chantier.

La diminution du rythme de créations d’entreprise est également révélatrice du gain de maturité du marché. L’année 2019 devrait ainsi totaliser 23 créations de PropTech contre 71 en 2016.

Et avec désormais quelque 400 jeunes pousses actives dans l’immobilier, soit le double de la population de 2015, la France s’affirme comme le deuxième pôle européen de la PropTech après le Royaume-Uni.

Selon Vincent Desruelles, directeur d’études à Xerfi Precepta, « en phase avec la croissance du chiffre d’affaires des start-up en général, la hausse de leurs revenus restera soutenue d’ici 2022. »

Dans le détail, les activités liées à la data, celles de numérisation dans le BTP et les services de soutien aux promoteurs enregistreront les plus fortes croissances en raison de potentiels encore inexploités et de progrès technologiques dans l’utilisation des algorithmes.

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Dans le contexte concurrentiel actuel, y aura-t-il encore de la place pour tous ?

 

L’étude réalisée par Xerfi, confirme que les spécialistes des services aux agences immobilières et aux promoteurs (BtoB) évoluent dans un contexte concurrentiel favorable. C’est par exemple vrai pour PriceHubble ou Solen qui se positionnent comme des partenaires des professionnels de l’immobilier.

En s’appuyant sur le big data et l’intelligence artificielle, PriceHubble pose les bases de l’analyse digitale immobilière à haute valeur ajoutée et plus généralement d’une nouvelle manière d’appréhender l’immobilier.

Dans un tout autre registre, Solen est une entreprise spécialisée dans le calcul de la luminosité et de l’ensoleillement d’un bien immobilier pour les promoteurs et les agents immobiliers.

A contrario, les start-up orientées BtoC sont exposées à une compétition féroce qui accroît le risque d’éviction du marché.

Cela concerne entre autres les acteurs de l’intermédiation et de la gestion immobilière qui misent sur l’image globalement dégradée des professions immobilières pour leur ravir des parts de marché. Toutefois, les agences et administrateurs de biens ont encore de solides atouts.

Quant aux PropTech qui se positionnent sur des marchés émergents, elles doivent encore faire leurs preuves. Il s’agit des plateformes de réservation d’espaces de bureaux inoccupés ou des jeunes pousses du smart office, qui développent des prestations pour les usagers dans l’immobilier de bureau.

Sur ce secteur de marché, on rencontre aussi des acteurs du coliving et de la conciergerie pour les locations saisonnières de biens résidentiels.

En somme, les PropTech françaises ont franchi une étape décisive de leur développement ces deux dernières années, ouvrant la voie à une consolidation prochaine.

Quelles perspectives de développement pour les PropTech ?

 

L’une des solutions est d’étoffer leur portefeuille clients et de s’insérer dans des écosystèmes vertueux pour diffuser leurs services. Les groupes de BTP, promoteurs et autres sociétés de services ont ainsi nettement renforcé leurs collaborations avec les start-up depuis 2017.

L’extension du maillage territorial est aussi une piste à creuser, surtout si la proximité est au cœur de l’activité comme dans le smart building et l’intermédiation.

D’ailleurs, les levées de fonds ont souvent pour finalité le recrutement de commerciaux.

Les PropTech font également évoluer leur offre pour fidéliser leurs clients et en conquérir de nouveaux : nouvelles fonctionnalités, perfectionnement des algorithmes…

Quant à l’essor à l’international, il reste pour l’instant l’apanage des poids lourds tels que Meero, Habiteo et Deepki.

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