Pourquoi les émissions de CO2 baissent dans le résidentiel ?

Les émissions de CO2 liées à l'énergie

Les émissions de CO2 du secteur résidentiel ont diminué de 26% entre 2005 et 2017. Cette baisse est imputable en grande partie à la diminution du contenu carbone de l’énergie ainsi qu’à l’amélioration des performances thermiques des logements.

Les émissions de CO2 baissent sous l’effet de la stabilisation de la consommation d’énergie

 

Les émissions de co2 du résidentiel baissent tendanciellement depuis 2010, sous l’effet de la stabilisation de la consommation d’énergie et de la baisse de son contenu carbone.

La consommation d’énergie du secteur résidentiel représente 27% de la consommation nationale à usage énergétique. Après avoir crû jusqu’au début des années 2000, elle tend à se stabiliser depuis.

L’électricité représente aujourd’hui la première forme d’énergie utilisée dans le résidentiel (33%) devant le gaz naturel, les énergies renouvelables, les produits pétroliers (fioul domestique et gaz de pétrole liquéfié) et le chauffage urbain.

Depuis 1990, l’électricité et, dans une moindre mesure, le gaz se sont développé au détriment des produits pétroliers et du charbon. Par ailleurs, les énergies renouvelables, principalement du bois-énergie connaissent depuis cette date un regain significatif.

Au total, les émissions de CO2 directes ont baissé de 26% depuis 1990.

La hausse de la consommation d’électricité (+ 60% entre 1990 et 2017) et les émissions de CO2 qui lui sont indirectement liées ont diminué en raison de la forte baisse du contenu carbone de l’électricité produite en France.

Cette dernière baisse s’explique elle-même par différents facteurs au cours du temps : le développement du nucléaire, le développement des énergies renouvelables, auquel il faut ajouter l’accélération de la substitution de gaz au charbon dans le mix électrique.

Le chauffage prédominant en matière d’émissions de CO2

 

Le chauffage représente 67% de la consommation d’énergie résidentielle en 2017. Une consommation qui baisse légèrement depuis le début des années 2000.

À l’inverse, la consommation d’électricité pour des usages spécifiques a presque doublé entre 1990 et 2017, tandis que les consommations liées à la cuisson et à l’eau chaude sanitaire sont restées globalement stables.

Le chauffage est encore plus prédominant en matière d’émissions de CO2, étant à l’origine de 75% d’entre elles en 2017, que de consommation d’énergie.

Cela s’explique, d’une part, par le poids plus important des énergies fossiles dans le chauffage que dans l’ensemble des usages et, d’autre part, par le fait que l’électricité consommée pour le chauffage présente un contenu carbone supérieur à celui des autres usages de l’électricité.

En effet, la consommation de chauffage, concentrée sur la période hivernale, nécessite le recours aux moyens de production d’électricité de pointe, notamment les centrales thermiques à combustibles fossiles.

À l’inverse, l’électricité spécifique (7%), dont la consommation est davantage répartie tout au long de l’année, a un contenu carbone moins élevé que celle liée au chauffage électrique dans la consommation d’énergie.

L’eau chaude sanitaire et la cuisson représentent respectivement 12% et 6%, pèsent dans la consommation d’énergie.

Ce qu’il faut retenir, c’est que les émissions liées à chacun des usages ont diminué au cours du temps. La chute du contenu carbone de l’électricité spécifique a plus que compensé le quasi-doublement de sa consommation entre 1990 et 2017. Les émissions associées baissant ainsi de 11,5% sur la période.

L’expansion du recours à l’électricité, au détriment du fioul pour l’eau chaude sanitaire et du gaz de pétrole liquéfié (GPL) pour la cuisson, sont les principales explications des baisses (respectivement – 6% et – 26%) des émissions liées à ces deux usages entre 1990 et 2017.

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La consommation d’énergie de chauffage décroît depuis 2005

 

Les émissions liées au chauffage des résidences principales représentent 97% des émissions liées au chauffage résidentiel.

Cette baisse, s’explique en partie par l’amélioration des performances thermiques des nouveaux logements et des efforts de rénovation des logements existants.

La consommation de chauffage au mètre carré diminue ainsi en moyenne de 1,9% par an depuis 2005, contre 1,3% par an en moyenne dans les années 1990.

Ces gains sont toutefois absorbés en grande partie par la hausse de la surface totale des logements (+1,3% par an en moyenne depuis 2005).

De plus le nombre moyen de logements par habitant (+0,4% par an en moyenne) tend à décélérer sous l’effet du vieillissement de la population et des ruptures conjugales plus fréquentes.

Des écarts important entre la France et le reste du G7

 

Rapportées au nombre d’habitants, les émissions nationales du secteur résidentiel sont inférieures de 58% à la moyenne du G7 (en 2016), alors que la consommation d’énergie du secteur y est inférieure de 9% seulement.

L’écart entre la France et le reste du G7 en termes d’émissions est donc essentiellement imputable au contenu carbone de l’énergie consommée dans le résidentiel.

Ce dernier est beaucoup plus faible en France en raison principalement de la prépondérance des énergies non fossiles dans le mix électrique et, dans une moindre mesure, du recours relativement important aux énergies renouvelables pour le chauffage.

En ce qui concerne la consommation d’énergie par habitant, la position de la France, comparée aux autres pays du G7, est contrastée suivant les usages. Celle relative au chauffage est supérieure en France de 21% à l’ensemble du G7, malgré des températures hivernales proches de la moyenne.

Pour les autres usages (eau chaude, climatisation, cuisson et électricité spécifique), la consommation d’énergie par habitant est inférieure en France de 39% à l’ensemble du G7.

Le développement modeste des climatiseurs en comparaison avec les autres pays joue un rôle important dans cet écart. Au final, ces autres usages représentent 65% des émissions des habitations du G7, soit une proportion trois fois supérieure à la France.

Les Français apparaissent également relativement économes en énergie en matière d’eau chaude sanitaire. Enfin, ils sont en moyenne moins consommateurs d’électricité spécifique que les Nord-Américains et les Japonais, mais davantage que les Britanniques, les Italiens et surtout les Allemands.

Pour l’usage «chauffage », la consommation par mètre carré est notamment beaucoup plus élevée qu’aux États-Unis et qu’au Japon. Cela peut s’expliquer par des températures en moyenne un peu plus clémentes dans ces deux pays et des différences de performances énergétiques des bâtiments.

Mais il semble aussi que cela soit lié aux différences de modes de vie ou de modes d’occupation des logements. L’ensemble des surfaces de logements n’étant pas nécessairement chauffé jusqu’à une même température de confort.

En revanche, malgré des climats différents, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni affichent des consommations par unité de surface proches du niveau observé en France, ce qui reflète probablement une meilleure qualité d’isolation dans les pays les plus froids.

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