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Energie

Hausse des prix de l’énergie : il faut instaurer des mesures durables

prix de l'énergie

Aujourd’hui, aucun ménage n’est à l’abri de la hausse des prix de l’énergie. Les ménages précaires sont parmi les plus touchés. Face à ces problématiques énergétiques, la Cheffe du Gouvernement, Élisabeth Borne, a annoncé des dispositifs d’aides d’urgence. Heero, spécialiste de la rénovation énergétique, salue ces décisions gouvernementales tout en précisant cependant la nécessité d’instaurer des mesures durables.

Les annonces d’Élisabeth Borne pour limiter la hausse des prix de l’énergie

La Cheffe du Gouvernement a fait une annonce à propos du bouclier tarifaire sur l’électricité et le gaz. Il sera prolongé en 2023. Ainsi, ce dispositif prévoit une limitation de la hausse des prix de l’énergie à 15 %, notamment pour :

  • le gaz à compter de janvier 2023 ;
  • l’électricité à partir de février 2023.

Le coût de cette aide est estimé à 16 milliards d’euros. Les ménages pourraient alors économiser jusqu’à :

  • 160 euros par mois pour ceux qui utilisent un chauffage électrique ;
  • 175 euros par mois pour ceux qui se chauffent via un système au gaz.

Par ailleurs, la première ministre prévoit d’accompagner les ménages les plus modestes (environ 12 millions de foyers). Elle a promis de leur attribuer un « chèque énergie exceptionnel » de 100 à 200 euros selon leur revenu. Cette aide sera versée à la fin de l’année 2022. Son coût s’élève à 1,8 milliard d’euros.

Des mesures d’aides jugées éphémères face à la hausse des prix de l’énergie

Certes, ces mesures gouvernementales permettent de préserver le budget des ménages face à la hausse des prix de l’énergie. Leur effet sera toutefois temporaire. Ces aides sont donc peu efficaces pour résoudre en profondeur le problème de surconsommation énergétique des passoires thermiques.

Globalement, les logements énergivores classés E, F ou G représentent 41,2 % du parc immobilier en France. Ils sont au nombre de 15 millions. D’ailleurs, 19,5 % du parc (7 millions de logements) sont qualifiés de « passoires thermiques » étiquetées F ou G. Cependant, en cinq ans, seul 2,8 % du parc a bénéficié des travaux de rénovation énergétique.

D’après Pierre Leroy, fondateur de Heero, il est important de résoudre le problème à la racine. En effet, la rénovation des logements les plus énergivores s’avère incontournable. Toutefois, l’État n’apporte pas suffisamment de soutien aux propriétaires occupants, notamment ceux en situation de précarité énergétique. Ces ménages sont les plus touchés par la hausse des prix de l’énergie.




Rappelons que l’interdiction à la location s’appliquera dès janvier 2023 à certains logements G (consommation énergétique > 450 kWh/m2). Tous les logements G seront concernés en 2025, F en 2028 et E en 2034.

Les occupants des logements énergivores sont les plus concernés

La précarité énergétique a touché 1 Français sur 5 durant l’hiver 2020-2021. Ces derniers ont souffert du froid durant au moins 24 heures lors cette saison (+6 % en un an). Pour Ainsi, pour 40 % des personnes précaires, ce problème est dû à une mauvaise isolation des logements. Pour 36 %, il est lié au coût de l’énergie trop cher. En 2020, les dépenses en énergie s’élevaient à plus de 8 % des revenus pour 10,5 % des Français.

Selon Romain Villain, directeur marketing et études chez Heero, il convient surtout d’accompagner les ménages modestes. Ces derniers devraient être incités à rénover leur logement grâce à un système d’aides simples. De plus, il est essentiel de mettre à leur disposition des professionnels RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). C’est la solution la plus adaptée pour atténuer l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur les ménages précaires.

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Le taux de sociétés RGE exerçant partout en France est encore faible

 

Notons que les sociétés RGE sont présentes davantage dans les zones bénéficiant de fortes densités de logements et de ménages aisés. Cependant, dans ces grands bassins d’activités, on trouve peu de logements énergivores. À l’inverse, les professionnels RGE sont rares dans les zones rurales et éloignées. Les logements classés E, F ou G y sont pourtant nombreux.

Par ailleurs, soulignons que le taux de sociétés RGE exerçant partout en France est encore faible. En effet, seules 3,8 % des entreprises du bâtiment sont certifiées, soit environ 52 200 SIRET uniques. Pourtant, le secteur du bâtiment français est composé de 1 365 000 sociétés au total.

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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