Conditions de logement et de vie : les changements liés au confinement

Conditions de logement et de vie : les changements liés au confinement

La pandémie sanitaire, et le confinement qu’elle a entraîné, changent les conditions de logement au quotidien. Elle bouleverse l’usage et l’occupation du logement, tout en accentuant les écarts sociaux. Qui sont les ménages qui ont subi les plus grands changements ?

Changement de cadre de vie

Le confinement renforce la pression sur l’occupation du logement et les situations de surpeuplement en France. L’Institut National d’Études Démographiques (Ined), s’intéresse aux conditions de logement des Français en cette période de confinement.

Durant le confinement, près de 7% des Français ne résident pas dans leur logement habituel. Dans 74 % de ces cas, ils rejoignent un membre de la famille, plus rarement dans une résidence secondaire ou chez un ami.

12 % des habitants de la région parisienne ont quitté leur domicile pendant le confinement.

conditions de logement

Sur ce point, les départs concernent davantage les deux extrémités de l’échelle sociale : 6% sont des ménages aisés, et 12 % sont des ménages pauvres. Toutefois si les premiers ont rejoint une résidence secondaire, les seconds sont pour la plupart logés par un proche. Par contraste, 98 % des professions intermédiaires sont restées dans leur logement habituel.

En effet, un lien entre les conditions de logement en période de confinement, et le niveau de revenu ressort nettement. Par exemple : les couples avec des enfants sont moins susceptibles de partir. Globalement, les personnes souhaitant quitter leur domicile déclarent comme premier motif de départ l’isolement (27%). Le second motif concerne l’aide aux autres (20%), tandis que le manque d’espace extérieur s’affiche à 15%.

Le confinement a donc induit un changement important du cadre quotidien de vie pour un Français sur huit.

Qui dispose d’un logement confortable ?

Le confinement met à l’épreuve les conditions de logement des Français. De plus, il augmente les situations de surpeuplement en France. Car en moyenne, les Français bénéficient d’un logement de 48 mètres carré par personne.

Cependant, avec 57 m2/personne, les propriétaires sont souvent mieux lotis que les locataires (36 m2/pers). On remarque que les cadres disposent en moyenne d’une surface personnelle plus grande (60 m2/pers) que les ouvriers et employés (45 m2/pers).

À Paris, la superficie moyenne tombe en effet à 41 m2 par personne contre 48 m2 dans les autres grandes villes de France. Cette moyenne atteint même les 53 m2 dans les espaces ruraux où les logements individuels triomphent !

Des logements surpeuplés

Le confinement impose une double pression sur l’occupation des logements, par l’accueil de personnes extérieures au ménage en période habituelle et par la limitation des sorties du domicile.

En période de confinement comme avant, les situations de surpeuplement sont plus fréquentes à Paris (13 % des ménages) et dans les grands pôles urbains (10 %). Au moment de l’enquête, un ménage sur dix vit dans un logement surpeuplé. C’était seulement le cas de 8 % d’entre eux avant le confinement.

Au contraire, les habitants des couronnes périurbaines et des espaces ruraux apparaissent plus protégés face aux conditions de logement. Même s’ils connaissent une augmentation modérée des situations de surpeuplement depuis le début le confinement.

Dans un foyer sur quatre en France, la situation de confinement a imposé une nouvelle approche de coprésence dans le logement. En effet, désormais, on compte au moins deux membres du ménage à être présents en même temps dans le logement. Les personnes qui vivent avec des enfants, pour qui, les écoles ont fermé sont le plus souvent dans ce cas.

Qui dispose d’un espace vert ?

Ce n’est plus un secret pour personne, avoir un jardin durant le confinement est devenu une véritable aubaine ! Toutefois, 11 % des Français ne possèdent aucun espace extérieur attenant à leur logement. Sur ce point, les propriétaires sont nettement mieux lotis que les locataires en terme des conditions de logement. Puisque seulement 4 % des propriétaires n’ont aucun espace extérieur, contre 20 % des locataires.

L’avantage d’un extérieur dépend fortement de la profession et du niveau de vie. En effet, seuls 6 % des cadres ne disposent pas de jardin, contre 14 % des ouvriers, des artisans et commerçants.

Dans les villes, avoir un espace extérieur dans son logement est donc un véritable privilège. Ainsi, 15 % des habitants des villes de plus de 100 000 habitants ne disposent d’aucun espace extérieur dans leur logement. En outre, le sentiment de surpeuplement en période de confinement est nettement plus fort chez ceux dont le logement ne dispose pas d’espace extérieur.

92 % des personnes qui vivent en maison déclarent disposer d’une surface de vie correcte, supérieure ou très supérieure à leurs besoins, contre 82 % des personnes qui logent en appartement.

En définitive, dans 65% des cas, le sentiment de surpeuplement est subjectif au regard de la définition administrative.

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