Les logements surpeuplés de la Métropole du Grand Paris

Les logements surpeuplés de la Métropole du Grand Paris

Depuis le début des années 2000, les ménages font face à l’augmentation du coût des logements. Avec la pandémie sanitaire, les foyers les plus modestes font face parfois à des situations de logements surpeuplés. C’est d’ailleurs le cas de la Métropole du Grand Paris, où le nombre de logements surpeuplés ne fait qu’augmenter. Quels en sont les principaux facteurs ?

La Métropole du Grand Paris touchée par la sur-occupation des logements

Dans la Métropole du Grand Paris, le nombre de logements surpeuplés augmente régulièrement depuis maintenant 20 ans. Parmi ces 1,8 millions d’habitants du Grand Paris, 434 380 ménages vivent dans des logements surpeuplés. Une réelle rupture se crée quand on sait qu’à Paris cette moyenne reste stable. À noter que la capitale regroupe près d’un tiers des logements sur-occupés de la Métropole du Grand Paris.

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L’étude réalisée par l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) s’intéresse au profil des ménages concernés par la sur-occupation des logements. Cette situation pose la question de l’offre abordable des logements pour les plus modestes. Certains devront même attendre des mois, voir des années pour vivre enfin dans un logement adapté à la taille de leur ménage.

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Dans la Métropole du Grand Paris, parmi 3,15 millions de logements : 434.380 sont surpeuplés, 819.987 sous-occupés et 1.892.950 sont occupés « normalement ».

De nombreuses familles se voient obligées de quitter la Métropole afin de trouver un meilleur logement décent pour y élever leurs enfants.

Confort et logements surpeuplés ne font pas bon ménage !

Face à la crise sanitaire du Covid-19, ces thèmes ressortent comme de réels enjeux sociaux et humains. Puisque 67 millions de Français se confinent au même moment : 7 millions d’habitants du Grand Paris doivent vivre confinés dans leur logement.

D’ailleurs, la Métropole du Grand Paris est l’une des métropoles françaises la plus touchée par la sur-occupation, avec la métropole niçoise. À savoir, qu’à peu près un quart (soit 23,5 %) des logements occupés par plus de deux personnes sont surpeuplés. Cette situation en Ile-de-France atteint quant à elle, les 19,2 %.

À Paris, on compte 127 000 ménages (23 % des ménages de deux personnes ou plus) à vivre à l’étroit dans leurs logements surpeuplés. Ce sont notamment les 18e, 19e et 20e arrondissements les plus concernés. Avec un taux supérieur à 25 %, suite à la conjonction d’un nombre plus important des familles nombreuses avec enfants.

Le département de la Seine-Saint-Denis apparaît comme la zone la plus touchée par cette forme de mal logement. La Plaine Commune (38 %) et Est Ensemble (30 %) sont les territoires les plus touchés par cette problématique. Aussi, les ménages locataires et vivant dans un appartement sont plus susceptibles de vivre en logements surpeuplés. Il en va de même pour les familles en couples ainsi que les foyers les plus modestes.

Des facteurs socio-économiques

Cette situation s’explique par la structure du parc de logements. En effet, une grande majorité d’appartements, sont plus petits qu’ailleurs. On note en moyenne des logements de 3 pièces dans la métropole parisienne, contre 4 dans le reste de la France.

De plus, le coût élevé des logements, le faible taux de rotation dans le parc social, accentuent ces difficultés.

Au-delà de ces difficultés, les analyses montrent aussi le poids des facteurs socio-économiques. En effet, l’occupation de ces logements surpeuplés augmente avec la taille du ménage. C’est pourquoi les familles en couple avec des enfants sont plus touchés par cette cause.

Dans tous les territoires métropolitains, la suroccupation est 2 à 3 fois plus fréquente pour les ménages des catégories sociales modestes. À savoir que 46 % des ouvriers et 31 % des employés vivent dans des logements surpeuplés. Alors que cette question ne touche que 16 % des cadres et 5 % des retraités.

Aussi, 40 % des ménages immigrés sont en situation de sur-occupation ; contre 16 % pour les ménages non-immigrés.

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