Un plan d’actions pour dire adieu au chauffage au fioul à Paris

Chauffage au fioul
Des conséquences directes sur la qualité de l’air et la santé.

Pour atteindre l’objectif inscrit dans le nouveau plan climat-air-énergie d’un « territoire zéro carburant fossile et zéro fioul domestique » d’ici 2030, l’Agence Parisienne du Climat lance un plan d’action pour inciter les copropriétés à abandonner le chauffage au fioul. 50.000 logements sont concernés.

Une étude pour mieux identifier les structures encore chauffées au fioul

 

L’étude prospective menée par l’Agence Parisienne du Climat (APC) a pour but d’obtenir une meilleure visibilité des modes de chauffage en copropriété afin de tenter de mieux identifier les structures encore chauffées au fioul et ainsi développer un éventail de solutions ad hoc.

Selon les experts de l’APC, près de 1.500 copropriétés, sur les 46.000 que compte la capitale, sont encore chauffées au fioul.

Pourtant, le fioul domestique dérivé du pétrole est responsable de 3% des émissions de particules fines, de 10% du dioxyde d’azote et 8% de gaz à effet de serre !

Cette action cible environ 50.000 logements, soit 5% du parc immobilier privé parisien, situés majoritairement dans l’ouest parisien (XVe, XVIe, XVIIe). Des quartiers de la Capitale où les immeubles ont été construits entre 1945 et 1974 durant les Trente Glorieuses, période faste du chauffage au fioul.

Cette source d’énergie est majoritairement représentée dans le 16e arrondissement, dans des copropriétés plutôt petites, abritant une moyenne de 30 logements. On peut supposer que ces immeubles aient d’abord été chauffés au charbon puis convertis au fioul.

La segmentation des copropriétés est bien la solution qui permettra d’accélérer la conversion du fioul vers une source d’énergie plus vertueuse. Elle doit être associé à l’ouverture des données énergétiques utilisées au quotidien, et qui nous permettent de suivre les consommations annuelles à l’adresse. Le registre national des copropriétés mis en place par l’Anah, et l’ouverture des données des énergéticiens, permettront, in fine, une forme de démarchage spécifique quant aux travaux de rénovation à mener.

Fréderic Delhommeau, directeur Habitat et rénovation de l’APC.

Comment sensibiliser les copropriétaires et les syndics au changement de combustible ?

 

Les principaux freins à cette transition énergétique sont connus : il y a d’abord la réticence des copropriétaires à changer des équipements en apparence pas encore en fin de vie ; leur manque de connaissances techniques pour se repérer dans le maquis des aides financières ou encore le coût « dissuasif » des investissements.

En effet, on retrouve parmi les arguments qui justifient le maintien de cette source d’énergie, la question du remplacement de chaudières encore en bon état de fonctionnement, malgré leur ancienneté.

Le coût des travaux peut paraître assez élevés pour les copropriétés qui ne voient pas de retour sur investissement. Pourtant, le fioul reste l’une des énergies les plus onéreuses en France, sujette aux fluctuations des prix et surtout 16% plus élevé que celui du gaz…

Guillaume Privat, chargé d’études sur les copropriétés fonctionnant au fioul.

Ce coût peut tout à fait constituer un premier levier d’action pour convaincre les copropriétés de mener un audit énergétique, qui pourra attester des économies engendrées par une autre source d’énergie et d’amortissement des coûts de remplacement d’une chaudière.

L’accompagnement proposé par la plate-forme coachcopro.com pour monter des dossiers, obtenir des aides… permet d’accéder facilement et gratuitement à des dispositifs de conseil pour sortir du fioul.

Anne Girault, directrice générale de l’Agence du climat.

Si l’on en croit le retour d’expérience de Jean-Pierre Chaussade, président du conseil syndical d’une copropriété de 40 logements située dans le 16e arrondissement de Paris et qui a remplacé sa chaudière au fioul, il aura fallu plus d’un an de travail pour monter le dossier mais cela en valait la peine.

Cette copropriété construite dans les années 1950 et chauffées au Fioul a opté pour une chaudière gaz après avoir été en contact avec l’Agence parisienne du climat mais aussi avec un bureau d’étude pour monter un dossier complet avec étude de marché, cahier des charges et appel d’offres…

Le point fort de notre dossier, c’est d’avoir réussi à intégrer les certificats d’économie d’énergie dans nos appels offres. Nous avons reçu les aides dès le lancement des travaux ! L’installation de la nouvelle chaudière, normalement facturée 80.000€, est revenue à 60.000€. Et l’année suivante, les charges de chauffage de l’immeuble sont passées de 40.000 à 20.000€. On a rentabilisé notre investissement en 3 ans.

Jean-Pierre Chaussade

Guides des Pros 728×150
Jurisprudences 2018
Club MI Pro #1 728×150
Club MI Plus #1 728×150

L’Agence Parisienne du Climat, en partenariat avec la Ville de Paris et le Partnership for Healthy Cities de Bloomberg Philanthropies, a lancé une enquête unique en France.

Objectifs : repérer les copropriétés parisiennes encore chauffées au fioul, les comptabiliser, comprendre pourquoi elles sont toujours au fioul, quels sont les freins et leviers au changement de combustible, rappeler les outils adaptés qui peuvent inciter à une conversion de leurs chaudières.

Cette étude vient alimenter l’observatoire métropolitain de la rénovation énergétique en copropriété, qui compile data-visualisations, cartographies en ligne et analyses des données collectées sur le terrain par les équipes de l’Agence Parisienne du Climat.