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Energie

Précarité énergétique : un bouclier énergie contre la hausse des prix

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En France, l’initiative Rénovons regroupe depuis 2016 les forces vives de la société civile en faveur de l’efficacité énergétique. Elle défend ainsi l’idée que la rénovation des passoires thermiques constitue la solution principale pour éradiquer la précarité énergétique. Pour accompagner les projets de rénovation, elle propose d’instaurer des mesures de soutien, dont le Bouclier Énergie. Ce dispositif devrait être activé dès le prochain mandat présidentiel.

5,6 millions de ménages en situation de précarité énergétique

Sur le territoire français, 5,6 millions de ménages se trouvent en situation de précarité énergétique. Ils occupent notamment des logements qualifiés de passoires thermiques, difficiles à chauffer.

De plus, les hausses des prix de l’énergie n’ont fait qu’aggraver ce problème. Touchées par la crise économique due à la pandémie, de nombreuses autres familles pourraient aussi subir cette précarité. En effet, aujourd’hui, plus de 12 millions de Français se plaignent :

  • d’avoir froid dans leur logement en hiver à cause d’une mauvaise isolation ou d’un système de chauffage non performant ;
  • de payer des factures d’énergie trop élevées, soit environ 10 % de leurs revenus.

Parmi les 4 millions de Français déclarant avoir froid chez eux, quatre personnes sur cinq louent leur logement. Ainsi, la précarité énergétique concerne davantage les locataires.

Les chiffres de la précarité énergétique

 

Près d’un tiers des résidences principales du parc privé sont classées « passoires thermiques » dans l’Hexagone. Les diagnostiqueurs leur attribuent une étiquette énergie F ou G. Par ailleurs, 7,4 millions de logements du parc résidentiel privé ne disposent pas des performances énergétiques requises.

On considère ainsi que 15% des copropriétés sont en grande fragilité. Soit près de 100 000 copropriétés et plus d’un million de logements.




Le Bouclier Énergie, une des solutions à la précarité énergétique

D’après l’initiative Rénovons, le Bouclier Énergie constitue une réponse adaptée aux problèmes de précarité énergétique. Elle propose, en effet, des mesures mûrement réfléchies, cohérentes et progressives sur le long terme. Ces mesures sont alignées pour atteindre de façon optimale les objectifs fixés, notamment :

  • réduire la précarité énergétique en France ;
  • diminuer la consommation énergétique des résidences principales ;
  • parvenir à une baisse durable des émissions de gaz à effet de serre.

De nombreux niveaux d’actions sont prévus. Certaines actions peuvent être réalisées immédiatement pour résoudre des situations de précarité énergétique entraînant des conséquences sociales importantes. En revanche, d’autres dispositions doivent être instaurées en vue d’encourager les propriétaires à rénover leur logement. Elles doivent aussi permettre de réduire les besoins en énergie des occupants des bâtiments.

Par ailleurs, l’initiative Rénovons incite tous les acteurs de la construction à participer grandement à l’atteinte de ces objectifs. Des mesures doivent être prises afin de les inciter à augmenter leur capacité à réaliser des travaux de rénovation performants. Cela permet sans doute de diminuer la précarité énergétique et les consommations d’énergie dans les logements.

Des mesures pour répondre à l’urgence sociale

Pour aider les ménages à payer leurs factures, la mesure d’urgence proposée par le Bouclier Énergie consiste à augmenter le montant du chèque énergie. Pour rappel, cette aide financière a profité à 38 millions de personnes en décembre 2021. Mais, les 150 euros perçus sont insuffisants pour aider vraiment les plus démunis.

Pour cette raison, la priorité est d’instaurer un chèque énergie de 700 euros pour 3,5 millions de ménages. Ainsi, elle serait indexée sur les prix réels de l’énergie pour amortir efficacement les augmentations futures des prix.

Par ailleurs, il est demandé aux fournisseurs d’instaurer un service minimum autour de 1 000 watts. Cela éviterait les coupures d’électricité et maintiendrait un frigo et des lumières allumés.

“ Les mesures déjà prises par le gouvernement sont insuffisantes et ne permettent pas d’aider durablement les personnes les plus en difficultés. Nous soutenons la mise en place d’un Bouclier Énergie pour améliorer la vie des familles ou des retraités qui renoncent à se chauffer. ” – Jean Merckaert, Directeur action & plaidoyer Secours Catholique, Caritas France.

Par ailleurs, il faudra soutenir l’accompagnement des propriétaires bailleurs suite à l’interdiction de location des passoires énergétiques. Cette mesure prise dans le cadre de la loi Climat et résilience doit aussi s’associer à la promotion large d’aides financières importantes. De même, il est nécessaire de préciser le rôle et les moyens dont vont disposer les Caisses d’allocations familiales pour renforcer leurs actions de médiation entre propriétaires et locataires.

Enfin, il faut abonder les Fonds de Solidarité Logement. En effet, ces fonds devraient financer le reste à charge des travaux pour les ménages en précarité énergétique. Comme le prévoit un décret de 2008, ces fonds doivent être abondés par tous les fournisseurs d’énergie.

Des mesures pour accélérer la rénovation énergétique

Le Bouclier Énergie propose de suivre une loi de programmation pluriannuelle pour la rénovation énergétique des bâtiments. Cette dernière regroupera l’ensemble des dispositifs budgétaires, les moyens réglementaires, fiscaux et financiers adaptés. De plus, elle prévoira leur évolution pour une période de cinq ans. Cette loi s’intégrera dans le processus de la Programmation pluriannuelle de l’énergie.

Par ailleurs, les aides à la rénovation énergétique doivent être calibrées de manière à atteindre en priorité le niveau Bâtiment basse consommation (BBC). Mais, a minima, le niveau de performance est celui qui est défini par la loi Climat et résilience. De fait, les aides doivent être également calibrées en fonction de la situation économique du bénéficiaire. Ainsi, il sera possible de couvrir 100 % du coût des travaux quand cela est nécessaire.

Dans un premier temps, ce seront les rénovations les plus performantes qui seront accompagnées. De sorte que les aides publiques seront obligatoirement liées à un accompagnement public ou privé adapté. Aussi, les ménages en situation de précarité énergétique bénéficieront d’un conseil neutre, financé jusqu’à 100 %.

Sur tous les territoires, il faut aussi être capable de détecter les ménages vivant dans des passoires énergétiques. Cela sera possible grâce aux méthodologies du programme Slime : Service local d’intervention pour la maîtrise de l’énergie. En effet, ce dernier s’associe avec les Centres communaux d’action sociale et les collectivités locales dans ce repérage. Enfin, pour multiplier les visites à domicile, il faut renforcer les moyens humains des structures de terrain.

“ Nous soutenons le Bouclier Énergie pour accélérer le rythme des rénovations en France. Les bénéfices de la rénovation énergétique sont multiples en termes de santé, de bien-être dans le logement et d’emplois. Il n’y a plus une minute à perdre pour agir !” – Hélèné Macela-Gouin, vice-Présidente de la stratégie Schneider Electric France.

Former les artisans à la rénovation énergétique

Il faut également s’intéresser à la qualité des travaux réalisés et à la performance globale des logements rénovés. C’est pourquoi, une formation accrue des professionnels du bâtiment est indispensable pour anticiper l’augmentation de la demande tout en répondant aux objectifs des pouvoirs publics. La question se pose aussi lorsqu’il s’agit de renforcer les capacités d’accompagnement des acteurs du conseil à la rénovation énergétique. Puisqu’il faudra assurer un financement et une formation pérenne des conseillers.

Qu’est-ce que le Bouclier Énergie pourrait apporter à notre pays ?

Le Bouclier Énergie représentera un investissement public de 63 milliards d’euros, soit environ 3,2 milliards par an, de 2020 à 2040. Sur cette période, il vise donc à améliorer les performances énergétiques de 7 millions de passoires thermiques. De ce fait, les bénéfices de ce dispositif sont multiples, en plus de la baisse du nombre des personnes concernées par la précarité énergétique.

Le coût et les bénéfices du bouclier énergie

 

En effet, le système de soins pourrait économiser 700 millions d’euros, dont 614 millions pour la Sécurité sociale. La facture d’énergie des ménages serait réduite de 10,8 milliards d’euros. Chaque ménage ferait ainsi des économies de 1 100 euros par an en moyenne. À partir de 2040, des économies de 2,06 milliards d’euros seraient réalisées sur les dépenses énergétiques du pays.

De plus, la réussite du dispositif Bouclier Énergie contribuera à la protection de notre environnement. Par conséquent, l’empreinte carbone de la France serait diminuée de 14,67 millions de tonnes d’équivalent CO2 (-17 % par rapport aux émissions actuelles des bâtiments résidentiels et tertiaires). À partir de 2040, le secteur résidentiel et tertiaire consommerait d’ailleurs moins d’énergie primaire (-105 TWh, soit -14 % de la consommation actuelle).

Il est temps d’annoncer et préparer une obligation de rénovation des logements à l’horizon 2030. On pourrait commencer par les cas de mutations des passoires énergétiques lors de leur vente ou leur mise en location. Puis, on profiterait dans les copropriétés, de l’opportunité des ravalements de façade pour embarquer des travaux de rénovation énergétique. Cette obligation, bien que plus éloignée dans le temps, envoie un signal positif des effets de la rénovation des logements sur le maintien d’un patrimoine immobilier en bon état, la santé des occupants et l’amélioration du climat.

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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