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Immobilier

Passoires thermiques : la vente est-elle la solution prioritaire ?

passoires thermiques

L’interdiction de proposer des logements énergivores à la location s’appliquera bientôt en France. Cela entraîne aujourd’hui une forte hausse des mises en vente des passoires thermiques. Les propriétaires préfèrent, en effet, vendre rapidement ces biens au lieu de les rénover. Cette situation risque-t-elle de provoquer un déséquilibre entre l’offre et la demande sur le marché ? SeLoger et Meilleurs Agents s’interrogent sur cette question.

Faut-il s’attendre à une forte hausse des mises en vente des passoires thermiques en France ?

Le parc immobilier français est aujourd’hui composé de 29 millions de logements, dont 4,9 à 7,2 millions des passoires énergétiques. Ces logements énergivores sont classés F ou G par le diagnostic de performance énergétique (DPE). Ils représentent, en effet, une part assez élevée du parc des logements (entre 17 % et 24 %).

Toutefois, la loi Climat et Résilience va progressivement introduire des mesures d’interdiction de louer ce type de biens. Ainsi, les logements étiquetés G seront exclus du marché en 2025 et les logements étiquetés F, en 2028.

Avec la prochaine entrée en vigueur de cette interdiction, un nouveau permis de louer sera donc mis en place. Dans ce contexte, les mises en vente des passoires thermiques risquent-elles d’augmenter fortement ?

Les propriétaires souhaitent, en effet, se défaire rapidement de ces biens énergivores, devenus gênants. Pour faire le point sur ce sujet, SeLoger et Meilleurs Agents ont décrypté toutes leurs annonces immobilières.

Une part importante des logements énergivores dans les annonces immobilières de vente

Selon l’étude de SeLoger/Meilleurs Agents, on observe une progression constante de la part des passoires thermiques parmi les annonces de vente. En 2019, la proportion de biens classés F/G s’établit ainsi en moyenne à 10,5 % des annonces publiées. Après un an, elle a légèrement augmenté pour passer à 10,9 %. En 2021, sa hausse s’est accélérée pour atteindre 12,9 %.

Par ailleurs, la progression des mises en vente semble plus rapide pour les maisons que pour les appartements. Parmi les annonces de maisons à vendre, la part des biens classés F ou G a connu une forte hausse sur trois ans :




  • 11,4 % en 2019 ;
  • 12 % en 2020 ;
  • 14 % en 2021.

Toutefois, parmi les annonces d’appartements à vendre, la part des biens énergivores progresse légèrement sur cette période :

  • 9,4 % en 2019 ;
  • 10,1 % en 2020 ;
  • 10,5 % en 2021.

De plus, dans les annonces, la hausse du taux des passoires thermiques parait plus marquée que celle des logements peu énergivores (A/B/C/D/E). En effet, on estime à 8 % la progression des mises en vente d’appartements classés F/G sur un an. En revanche, le volume des mises en vente de bons élèves au DPE connaît une hausse de seulement +3,5 %.

Une explosion des mises en vente des passoires thermiques en milieu rural et à Paris

L’obligation de financer des travaux de rénovation énergétique incite de nombreux propriétaires à vendre leur bien classé F/G. Cette règle s’impose, en effet, pour conserver une capacité de louer. À défaut, les propriétaires verront leur logement énergivore sortir du parc locatif.

La part de passoires énergétiques parmi les annonces augmente

Un afflux massif de biens énergivores sur le marché immobilier

Cependant, l’accélération des mises en vente des passoires thermiques n’est pas homogène en France. D’après les résultats de l’étude menée par SeLoger/MeilleursAgents, la part des maisons étiquetées F/G en milieu rural a explosé (+7,3 % sur un an). Toutefois, le volume de maisons « énergétiquement standard » à vendre a fortement chuté en 2021 (-11,8 %).

On note la même tendance à Paris. La part des biens énergivores à vendre progresse de +17,6 % sur six mois et de +34,3 % sur un an. En revanche, celle des logements étiquetés A/B/C/D/E affiche une hausse de seulement +12,6 % sur un an.

En résumé, les logements énergivores classés F/G au DPE sont aujourd’hui sur-représentés parmi les annonces immobilières de vente. Cette situation affecte grandement le marché de l’immobilier. D’un côté, les prix de vente de ces logements subissent une baisse significative. De l’autre, les délais de vente s’allongent au détriment des vendeurs. De plus, la mise en place programmée d’un permis de louer pousse encore davantage les propriétaires à proposer ces biens à la vente.

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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