Observatoire National de la Précarité Énergétique : Des données fiables et significatives

Observatoire National de la Précarité Énergétique : Des données fiables et significatives
www.onpe.org

L’ONPE vient de publier le tableau de bord de la précarité énergétique. Ce document a pour vocation de rassembler les principaux indicateurs permettant de quantifier l’ampleur du sujet pour permettre une meilleure connaissance et un suivi des aides à destination des ménages en situation de précarité énergétique.

Nombre de ménages en situation de précarité énergétique

5,6 millions de ménages sont en précarité énergétique (INSEE, ENL 2013).

Rappelons que la précarité énergétique résulte de la difficulté ou de l’impossibilité d’un ménage à payer ses factures d’énergie et à satisfaire ses besoins essentiels de confort thermique. La précarité énergétique est le produit de la combinaison des facteurs suivants : le prix de l’énergie, le niveau de ressources des ménages, la qualité de l’habitat et de l’équipement de chauffage, les pratiques des ménages.

Consommations énergétiques du parc résidentiel (en kWh/m2)

En 10 ans, la consommation énergétique du parc résidentiel a diminué de 10%, sous l’effet conjugué de l’amélioration de la performance des logements construits durant la période, de l’amélioration de l’efficacité énergétique des équipements installés (dans le neuf comme en rénovation) et des travaux d’amélioration énergétique engagés.

L’initiative « Rénovons » évalue à 7,4 millions le nombre de logements « passoires » (correspondant aux étiquettes Energie F ou G du DPE soit > 330 kWh ep /m2/an en énergie primaire) dans le parc résidentiel privé français dont 2,6 millions sont occupés par les ménages modestes.

Parmi les 3,5 millions de rénovations énergétiques de logements achevées en 2014, l’observatoire permanent de l’amélioration énergétique du logement (OPEN) fait état de 288.000 rénovations énergétiques performantes et très performantes, d’un coût moyen de 25.410 €/logement, représentant une dépense totale de 7,3 millions d’euros.

Les ménages dont les revenus sont inférieurs à 19.000 €/an ne constituent que 14% de la population réalisant des travaux (toutes performances confondues), alors qu’ils représentent 27% de la population française.

Montant et nature des dépenses énergétiques des ménages (€ courants TTC / ménage)

A partir de 2014, et pour les deux années qui suivent, la facture totale d’énergie des ménages diminue, après quatre années de hausse. Ce recul est principalement imputable à la baisse des dépenses en énergie domestique (-3 % en 2016), alors que les dépenses de carburant restent stables (+1 %). Par ailleurs, ce recul peut aussi être lié à des températures clémentes sur ces années. Bien que la facture d’énergie ait une tendance à la baisse sur ces dernières années, une progression de la part des dépenses énergétiques dédiées au logement est à noter.

Difficulté des ménages à payer les factures

En cas de non paiement des factures d’électricité et de gaz par les clients domestiques, les fournisseurs d’énergie peuvent opérer une réduction de puissance, une suspension de la fourniture, ou la résiliation du contrat, en dehors de la trêve hivernale. Les fournisseurs d’énergie sont intervenus à plus de 600.000 reprises auprès de leurs clients suite aux impayés d’électricité ou gaz naturel (Médiateur national de l’énergie, 2016).

Les interventions réalisées en 2016 augmentent ainsi de 5% par rapport à 2015. L’évolution est quasi-nulle pour l’électricité, au contraire de celle du gaz, dont les interventions ont progressé de 25%.

Les ménages en précarité dépensent en moyenne 1.925 € / an pour la facture énergétique dans le logement, contre 1.584 € TTC / an pour la moyenne nationale (ENL 2013, INSEE). 34% des ménages déclarent avoir restreint le chauffage chez eux pour ne pas avoir de factures trop élevées (Médiateur national de l’énergie, 2016).

Les dispositifs financiers nationaux

  • Le programme Habiter Mieux a permis le financement de la rénovation de plus de 40.000 logements, pour un coût de travaux moyen de 22.650 € / logement (ANAH, 2016).
  • 3,2 millions de ménages bénéficient des tarifs sociaux de l’énergie (CRE, 2016).
  • 4 millions de ménages seront éligibles au chèque énergie dès 2018 (Ministère de la Transition écologique et solidaire, 2017).
  • Sur 203.000 demandeurs d’une aide du FSL pour le paiement de factures d’énergie, 150.000 ménages en ont bénéficié en 2014 (Ministère de la Cohésion des territoires, 2014).
  • 132,1 Twh cumac ont été délivrés du 1er janvier 2016 au 31 juillet 2017 dans le cadre des Certificats d’Economies d’énergie « précarité énergétique » (Ministère de la Transition écologique et solidaire, 2017).

> Tableau de bord de la précarité énergétique (3ème édition 2017)

Source : www.onpe.org