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Logement

Logements : quelles sont les propositions des candidats à la présidentielle ?

Quelles sont les mesures pour les logements

Le jour de l’élection présidentielle approche. Dans ce contexte, Flatlooker a réalisé une étude sur les différentes propositions des principaux candidats à la présidentielle en termes de logement. Cette agence de location et de gestion locative digitale s’est notamment concentrée sur quatre points majeurs. Ils concernent les logements sociaux, les passoires thermiques, les aides au logement et l’encadrement des loyers.

Les chiffres sur les logements sociaux

En trois ans, un recul de 29 % des constructions est observé dans les grandes métropoles. Cette chute est due à l’arrêt des chantiers durant les confinements et au recul du nombre d’autorisations de construire. En effet, 99 000 constructions sont enregistrées lors du quinquennat de François Hollande. Elles ont reculé de 12,5 % entre 2017 et 2022 (88 000 constructions).

les mesures pour les logements

 

En France, la crise de logement touche aujourd’hui 14,6 millions de personnes. Environ 4 millions de Français ne possèdent pas de logement ou ont un logement de mauvaise qualité. Ainsi, pour les prochaines élections présidentielles, les enjeux sont importants. Faut-il privilégier la construction de logements sociaux, augmenter le quota de logements sociaux par villes ou faciliter l’accès des étudiants ?

Les propositions du rapport Rebsamen en termes de logements sociaux

Pour lutter contre la crise de logement dans les zones tendues, le rapport Rebsamen a avancé 13 mesures fiscales et budgétaires. Ainsi, plusieurs propositions ont été retenues. Elles font partie des mesures annoncées récemment par le Premier ministre Jean Castex. Parmi elles, on note notamment :

  • la transformation de l’aide à la construction durable en un contrat local entre l’État et les collectivités dans les zones tendues ;
  • la compensation intégrale par l’État, durant 10 ans, de la perte de ressources pour les communes appliquant l’exonération de la TFPB.

Ainsi, ces mesures visent à relancer la construction de logements, en particulier dans les zones tendues.

Les propositions des candidats concernant les logements sociaux

Le Président et candidat Emmanuel Macron propose de maintenir le même rythme de construction à 85 000 logements sociaux par an. En effet, il préconise de mobiliser les bailleurs sociaux pour produire 30 000 « logements jeunes » supplémentaires. Il envisage d’ailleurs de construire 60 000 logements dédiés aux étudiants et 20 000 aux jeunes actifs.




La candidate Anne Hidalgo inclut dans son programme la construction de 150 000 logements sociaux par an (1/3 « très sociaux). Elle souhaite ainsi mettre en place des sanctions contre les maires qui n’atteignent pas le quota des 25 %.

Le candidat Éric Zemmour privilégie l’accès au logement des actifs et des mères célibataires. Pour ce faire, il prévoit de supprimer le droit d’accès aux logements sociaux pour les personnes ayant des antécédents judiciaires. Il compte aussi abroger la loi DALO et la loi SRU. Par ailleurs, il envisage de revoir la situation des locataires tous les 2 ans.

Le candidat Jean-Luc-Mélenchon souhaite construire annuellement 200 000 logements publics conformes aux normes écologiques. Ainsi, il prévoit de fixer à 30 % le quota de logements sociaux dans les villes. Il envisage de rétablir les aides publiques pour les HLM et d’éviter l’augmentation des loyers à la relocation.

Pour Marine Le Pen, il faut prioriser l’accès aux logements sociaux et étudiants aux Français. De même, elle propose de construire 100 000 logements sociaux dont 20 000 pour les étudiants et jeunes travailleurs.

Pour Valérie Pécresse, il est question de plafonner à 30% le nombre de logements sociaux par commune. De plus, elle souhaite exclure les personnes aux antécédents judiciaires du droit d’accès aux logements sociaux.

Enfin, selon Yannick Jadot, nous devons construire 140 000 logements sociaux par an et porter à 30% le taux minimum de HLM dans les communes.

Les chiffres sur les passoires thermiques

La France compte aujourd’hui 4,8 millions de passoires thermiques. Ces derniers représentent 19 % des émissions de CO2 sur le territoire. Avec la loi Énergie et Climat 2019, le gouvernement vise à accélérer la lutte contre les passoires énergétiques. En 2021, plus de 650 000 logements ont bénéficié ainsi d’une rénovation, contre 141 000 en 2020.

En effet, la rénovation énergétique du logement a pour objectif de :

  • lutter contre le réchauffement climatique : la France vise à réduire de -40 % ses émissions de CO2 et de -30 % sa consommation d’énergies fossiles d’ici 2030 ;
  • éradiquer les passoires énergétiques : tous les logements classés F et G devraient être rénovés d’ici 2028 selon les préconisations de la Convention citoyenne pour le climat ;
  • lutter contre la précarité énergétique (ce souci touche 36 % des locataires du parc social et 26 % des locataires du parc privé).

Le gouvernement met en place des dispositifs pour soutenir la rénovation énergétique du logement. Ce sont, entre autres, MaPrimeRénov’ et les Certificats d’économies d’énergie (CEE).

Les propositions des candidats pour supprimer les passoires thermiques

Les candidats ont conscience de l’importance de poursuivre les efforts pour lutter contre la crise de logement en France. En effet, Anne Hidalgo souhaite rénover 760 000 logements par an. Elle envisage d’appliquer zéro reste à charge aux ménages les plus modestes. Éric Zemmour prévoit d’intégrer dans son programme l’éradication des passoires thermiques (4,8 millions en un quinquennat).

Emmanuel Macron, quant à lui, vise à améliorer la performance énergétique de 700 000 passoires thermiques par an. En effet, il prévoit de consacrer 10 milliards d’euros pour la transition écologique. Il envisage de prendre intégralement en charge certains travaux de rénovation et de conserver MaPrimeRénov’.

Marine Le Pen propose d’allouer un grand budget estimé à 25 milliards pour changer les chaudières au fioul. Par ailleurs, cette candidate souhaite instaurer une épargne « logement vert ». Cette dernière servirait à financer les travaux de rénovation dans le cadre d’un achat immobilier.

Fabien Roussel, Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot comptent imposer la rénovation des logements classés F et G. En outre, ces candidats prévoient de ne laisser aucun reste à charge aux foyers les plus modestes.

La disparité des approches des candidats concernant les aides au logement

L’aide personnalisée au logement (APL) permet à certains locataires de bénéficier de la prise en charge partielle de leur loyer. Son montant est réduit de -5 euros lors du quinquennat du Président Emmanuel Macron. Aujourd’hui, les autres candidats reprochent cette décision. Quoi qu’il en soit, ils proposent des approches bien différentes sur les aides aux logements :

  • revaloriser les APL en annulant la baisse des 5 euros (Jean-Luc Mélenchon) ;
  • accorder des aides à toutes personnes consacrant plus d’un tiers de leur revenu à leur loyer (Anne Hidalgo) ;
  • octroyer des APL aux personnes dont le loyer dépasse le 1/5 de leurs ressources (Fabien Roussel) ;
  • proposer un revenu à tous les jeunes âgés de plus 18 ans et les détacher fiscalement de leurs parents (Yannick Jadot) ;
  • verser uniquement les allocations logement après 5 ans de résidence légale (Valérie Pécresse) ;
  • annuler les aides sociales non contributives pour les étrangers extra-européens (Éric Zemmour et Marine Le Pen).

Le Président et candidat Emmanuel Macron souhaite apporter des changements aux aides au logement en fusionnant toutes les aides sociales.

Les propositions des candidats sur l’encadrement des loyers

Par le biais de l’encadrement des loyers, un loyer maximal est imposé dans des zones prédéfinies. Il est 20 % supérieur au loyer médian. Cependant, ce dispositif n’est pas encore généralisé sur tout le territoire. Il s’applique, en effet, à quelques villes françaises, dont Paris, Lyon, Villeurbanne, Lille, Hellemes, Lomme, Saint-Denis, Montpellier et Bordeaux. Son extension est progressive et il est prévu que sept territoires l’appliqueront d’ici fin 2022.

Cet encadrement des loyers est en phase d’expérimentation aux yeux de la loi. D’ailleurs, son baromètre prévoit d’établir un rapport annuel des résultats obtenus qui sera publié à chaque rentrée universitaire. Ce compte-rendu permettra d’analyser plus profondément chaque année l’évolution des prix des loyers et du respect de la loi.

Toutefois, quelques candidats ont exprimé des propositions autour de ce dispositif visant à favoriser l’accès aux logements sociaux. Anne Hidalgo souhaite le généraliser dans les zones très tendues. Jean-Luc Mélenchon envisage de le généraliser en fixant le loyer maximal à 20 % au-dessous du loyer médian. Nicolas-Dupont Aignan prévoit de le supprimer, car il s’agit, selon lui, d’une source de stress pour les bailleurs. Philippe Poutou veut appliquer cette mesure sur toute la France.

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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