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Logement

Logement : un francilien sur deux habite encore chez ses parents après 25 ans

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Logement : un francilien sur deux habite encore chez ses parents après 25 ans

Depuis la crise économique de 2008, les jeunes franciliens quittent plus tardivement le logement parental. Une étude de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme (IAU) constate qu’aujourd’hui, un francilien sur deux, parmi ceux qui sont nés dans la région Ile de France, habite encore chez ses parents après 25 ans.

En 2011, un tiers des familles franciliennes hébergeait un jeune majeur, soit 621.000 familles, dont 155.000 avec un jeune de plus de 25 ans (8%). Ce sont respectivement 28.000 et 16.000 familles de plus qu’en 2006.

Si l’on tient compte de l’ensemble des enfants qui ont ou n’ont pas encore décohabité, ce sont en fait 60% des parents franciliens qui hébergent un jeune majeur: ils sont 50% lorsque l’enfant a plus de 20 ans et encore 30% s’il a plus de 25 ans. Cela représente 15 à 20 points de plus que ce qui est observé ailleurs en France métropolitaine.

Les Franciliens habitent chez leurs parents plus longtemps que les autres Français. Cet écart s’explique en partie par l’offre régionale en matière de formation et d’emploi, qui permet plus facilement aux jeunes de poursuivre leurs études et de s’insérer professionnellement sans changer de région. Ainsi, en Île-de-France, ce n’est qu’à l’âge de 23 ans qu’une majorité de jeunes vit dans un logement autonome, soit deux ans plus tard que l’âge médian observé ailleurs en France métropolitaine.

Il faut dire que les coûts pour se loger en Île-de-France ont fortement augmenté, et notamment pour les petits logements, qui accueillent d’habitude les jeunes décohabitants. La question est de savoir si l’acquisition d’une autonomie résidentielle est plus difficile aujourd’hui.

Ce sont les étudiants et les chômeurs qui habitent le plus souvent chez leurs parents : 76% des étudiants de 20 à 29 ans et 62% des chômeurs du même âge sont dans ce cas, contre 39% parmi les actifs en emploi. La situation est restée stable entre 1999 et 2011 pour les étudiants, mais la proportion de chômeurs qui n’a pas décohabité s’est élevée de 10 points sur la même période, et celle des actifs en emploi de 6 points.

Le niveau de diplôme et l’activité sont essentiels pour comprendre la décohabitation des jeunes Franciliens. Ils déterminent en effet les revenus qu’ils peuvent mobiliser pour se loger. L’entourage familial du jeune, notamment parental, peut aussi avoir une influence sur son envie ou sa capacité à acquérir une autonomie résidentielle.

Ainsi, on apprend qu’un facteur qui agit fortement sur l’âge au départ des enfants est la situation du couple parental. Si les parents vivent toujours ensemble, l’enfant reste plus longtemps à leur domicile. Au contraire, lorsque les parents sont séparés, l’enfant quitte le logement parental en moyenne sept mois plus tôt. La présence d’un beau-parent est encore plus incitative au départ, puisque l’enfant quitte le logement de son parent deux ans plus tôt que les autres.

La taille de la fratrie exerce également une légère influence sur l’âge de la décohabitation des jeunes adultes : les enfants de familles nombreuses partent plus tôt que les enfants uniques, et légèrement plus tôt encore que ceux dont la fratrie comporte deux enfants.

L’analyse démontre également que la surface du logement parental est prépondérante dans le facteur de décohabitation : plus ce logement est petit, plus il y a de chances que les jeunes concernés n’habitent plus chez leurs parents. Les enfants restent d’autant plus facilement au domicile familial, au-delà d’un certain âge, qu’ils disposent d’un minimum d’intimité et, notamment, d’une chambre à eux.

D’une manière générale, les familles dont les enfants décohabitent plus tard sont moins aisées que les autres, ainsi que leurs enfants. Ces derniers occupent rarement, en effet, un emploi stable, correctement rémunéré, et leurs parents n’ont pas la possibilité de les aider à financer un premier logement autonome, ou de se porter garants lors d’une location. Ainsi, les familles qui comptent un enfant de plus de 20 ans à la maison habitent plus souvent en HLM, comparées à celles dont les enfants de cet âge sont partis.

Dans la région Île-de-France, les familles dont un jeune n’a pas quitté le logement parental au-delà de l’âge médian (24,7 ans) habitent majoritairement dans les départements les plus pauvres, moins actifs et, surtout, plus touchés par le chômage. C’est en Seine-Saint-Denis que la situation est la plus courante, avec 10% des familles qui hébergent un enfant de plus de 25 ans. Dans ce département, également, ce type de famille a augmenté plus rapidement, à un rythme de +650 familles par an entre 2006 et 2011.

Enfin, il est certain que les jeunes Parisiens ont moins besoin de déménager du domicile parental étant donné la proximité des lieux d’études et d’emploi, et la qualité des transports dont ils bénéficient, dans une ville où les logements sont par ailleurs très chers.

> IAU IDF – Note rapide n° 701 Septembre 2015

« Les jeunes FranciLiens peinent à quitter Le Logement de Leurs parents »

Juliette Dupoizat, démographe sous la direction de Catherine Boillot directrice du département Société et habitat.

Source : www.iau-idf.fr

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Manda R.

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