Précarité énergétique : un phénomène en hausse

L’Observatoire National de la Précarité Energétique estime qu’en 2018 la France compte 6,8 millions de ménages touchés par la précarité énergétique. Un chiffre en augmentation.

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La précarité énergétique touche 6,8 millions de Français

 

De plus en plus de Français sont concernés par la précarité énergétique. L’Observatoire National de la Précarité Énergétique estime qu’en 2018, ce phénomène touchait près de 6,8 millions de Français, soit 11,7% de ménages. Ce chiffre, en augmentation de 1% par rapport à 2017, marque un tournant important.

Ainsi, parmi les 30% de Français les plus modestes, 11,7% d’entre eux ont consacré plus de 8% de leur revenu aux dépenses énergétiques.

L’étude révèle également que 15% des ménages français ont souffert d’une sensation de froid chez eux au cours de l’hiver dernier.

Cette situation d’inconfort provient pour une part importante d’une mauvaise isolation de leur logement (41%). Mais elle est aussi associée à des défaillances techniques de l’équipement de chauffage (24%) ou à une installation insuffisante (20%). Enfin, pour 7% des ménages la restriction de la consommation est nécessaire pour des raisons économiques.

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Comment expliquer cette hausse ?

 

Deux raisons principales : la hausse de la facture d’énergie hors taxes et l’augmentation de la fiscalité énergétique.

Entre 2017 et 2018, la composante carbone des taxes intérieures de consommation (TICGN sur le gaz naturel et TICPE sur le fioul) est passée de 30,5 € par tonne de CO2 en 2017 à 44,6 € par tonne de CO2 en 2018. Cette hausse contribue à hauteur de +0,3 point à l’évolution de l’indicateur de la précarité énergétique.

Plus globalement, c’est la fiscalité dans son ensemble qui contribue grandement à l’augmentation du taux. La hausse des diverses taxes couplée à l’augmentation des prix de l’électricité explique le poids de cette donnée dans le résultat.

Par ailleurs, la consommation énergétique est dépendante de la météo. En effet, selon la douceur ou la rigueur des températures, les besoins en chauffage ne sont pas les mêmes. Et l’hiver de l’année 2018, particulièrement doux, a contribué à limiter l’augmentation du taux de précarité énergétique.

Avec correction de l’effet météo, le taux de précarité énergétique passe de 12% en 2017 à 12,4% en 2018.

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Quelles sont les aides existantes ?

 

Deux types d’aides existent, d’une part les aides à la réalisation de travaux de rénovation énergétique, d’autre part les aides directes au paiement.

Récemment, les aides à la rénovation énergétique ont été modifiées. Il est évident qu’en diminuant le nombre de passoires thermiques, le nombre de personnes en situation de précarité énergétique diminuera tout autant.

Depuis 2 ans , une nouvelle aide remplace les tarifs sociaux de l’énergie : le chèque énergie.  Son montant varie en fonction de la composition du ménage et du revenu. En 2019, près de 5,7 millions de chèques énergie ont été distribués contre 3,6 millions en 2018. Signalons que cette aide au paiement n’est pas prise en compte dans le calcul de l’indicateur de suivi.

Méthodologie de l’Observatoire National de la Précarité

Pour réaliser cette étude l’ONPE dispose de deux éléments. L’ONPE estime le nombre de personnes concernées par la précarité énergétique, via un indicateur spécifique. Ce dernier utilise la notion de taux d’effort quant aux dépenses d’énergie.

Ainsi pour cet indicateur, les ménages sont considérées en situation de précarité énergétique, s’ils font partie des 30% les plus modestes et s’ils consacrent plus de 8% de leur revenu aux dépenses d’énergie. Cette donnée est enfin complétée par l’indicateur du froid ressenti donné par Baromètre Info.

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