Investisseurs : jouer la carte du non-coté et de l’immobilier en 2019

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Bertrand Tourmente, fondateur d’Althos Patrimoine.

Après une année 2018 chaotique sur les marchés financiers, les investisseurs vont devoir être sélectifs en 2019 pour faire fructifier leur épargne. Quels sont les placements à éviter ou à privilégier ? Bertrand Tourmente, fondateur d’Althos Patrimoine nous propose un rapide tour d’horizon des solutions et des placements à privilégier cette année.

 

Pour tout épargnant désireux de bien gérer son épargne et, surtout, la faire fructifier, la priorité est d’éviter les mauvais placements. Vient ensuite le moment d’optimiser sa stratégie d’investissement. L’objectif est de trouver le bon compromis entre des stratégies prudentes et offensives pour obtenir de meilleurs rendements sans mettre son capital en danger.

 

Eviter les produits obligataires et défiscalisants

 

Dans le contexte actuel de rendements bas, les placements à éviter restent nombreux pour l’année 2019. A cet égard, les fonds obligataires comportent un double désavantage. Ils proposent en effet des rendements modestes et un risque de perte en capital important en cas de retombée des taux. Les fonds monétaires sont logés à la même enseigne. Ces derniers offrent actuellement un rendement négatif (de l’ordre de -0,3%/an), leur faisant perdre toute attractivité.

Traditionnellement considérés comme « prudents », ces fonds monétaires ne sont donc pas adaptés à une stratégie de placement de long terme.

Dans un autre registre, les produits défiscalisant ne sont pas conseillés. Certes, les SCPI fiscales, les FIP ou autres FCPI permettent de réduire son impôt sur le revenu. Toutefois, l’économie d’impôts qu’ils génèrent est, hélas, souvent insuffisante pour obtenir un rendement intéressant.

De même, tout projet d’investissement locatif dans le neuf ne serait pas non plus une bonne idée de placement.

En effet, le prix d’acquisition d’un bien immobilier neuf est beaucoup trop élevé par rapport au marché dans l’ancien.

 

Privilégier le non coté et l’immobilier

 

À l’inverse, plusieurs solutions d’investissement méritent une attention toute particulière. Ainsi, il peut être intéressant d’allouer une partie de son capital vers des fonds investis sur le segment du non coté. On pense ici aux Fonds professionnel de capital investissement (FPCI), à ne pas confondre avec les FCPI.

L’intérêt de ces placements réside dans le fait qu’ils visent généralement un rendement supérieur à 8% par an grâce à des opérations ciblées.

Les FPCI spécialisés sur le marché secondaire – marché sur lequel les investisseurs peuvent racheter les parts d’autres investisseurs sortants – sont à ce titre particulièrement attractifs Ils permettent en effet de bénéficier d’un blocage des fonds sur des durées assez courtes, généralement 3 à 5 ans, avec un rendement cible à deux chiffres.

Les levées de fonds sur le marché primaire peuvent également être intéressantes lorsqu’elles sont associées à des projets d’investissement prédéfinis en amont.

Investir en FPCI nécessite toutefois de bien connaître les sociétés de gestion qui gèrent ces produits. Or, toutes ne se valent pas !

Prendre des engagements d’investissement sur le marché primaire en 2019 pourrait permettre au souscripteur de bénéficier d’investissement à bon compte en cas de retournement de marché important (lié à la fin du cycle économique débuté il y a maintenant 10 ans). En effet, les fonds engagés étant appelés habituellement sur 5 ans, l’investisseur pourrait bénéficier d’un investissement progressif sur cette classe d’actif.

Autre choix de placement à privilégier en 2019 : les Organismes de placement professionnel collectif en immobilier (OPPCI). Ces OPPCI présentent souvent l’intérêt d’offrir des rendements cibles supérieurs à 8% par an. Contrairement aux OPCI (non professionnels), les OPPCI sont des fonds pouvant avoir recours à un crédit pour l’achat de biens immobiliers.

Cette caractéristique permet d’assurer une revalorisation naturelle des parts d’OPPCI au fur et à mesure du remboursement de la dette, même en cas de baisse modérée des prix de l’immobilier. En revanche : les OPPCI restent soumis à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).

 

Bâtir une stratégie d’investissement équilibrée et diversifiée

 

L’investissement en FPCI et OPPCI étant associé à des tickets d’entrée supérieur à 100.000 euros, ces produits s’adressent à une clientèle au patrimoine conséquent. Il existe cependant d’autres solutions de placements complémentaires et plus accessibles.

Les investisseurs les plus prudents pourront ainsi conserver une part de leur épargne dans les fonds en euros des contrats d’assurance vie. Malgré un rendement chaque année plus faible, les fonds en euros présentent en effet l’avantage d’être assortis d’une garantie en capital.

Mieux, en 2019, on peut s’attendre à ce que certains fonds en euros conservent des rendements supérieurs à l’inflation et remplissent ainsi leur rôle de préservation de l’épargne.

Pour aller chercher davantage de rendement avec un risque toujours modéré, la location meublée non-professionnelle (LMNP) dans l’ancien et en centre-ville de grandes métropoles (pour éviter le risque d’une dévalorisation), peut également être un bon choix de placement à long terme. Surtout, si le bien est acheté à crédit avec un faible apport personnel, permettant ainsi d’augmenter le retour sur investissement.

Enfin, l’année 2019 pourrait être une année d’opportunités sur les marchés actions. Une nouvelle baisse de plus de 20% sur certains indices de qualité mériterait clairement qu’on s’y intéresse.

Ce choix s’adressera toutefois aux particuliers au profil offensif et qui cherchent à maximiser leur potentiel de rendement à long terme tout en conservant une parfaite liquidité de leurs placements.