Le Baromètre ViveS Média 2026, réalisé par Viavoice auprès de 2 000 Français, confirme ce que beaucoup pressentent : les inégalités financières entre femmes et hommes persistent. Elles s’installent dès l’orientation, s’aggravent avec la maternité et culminent à la retraite. Une femme sur trois ose demander une augmentation. 69 % redoutent une pension insuffisante. Les leviers existent pourtant — encore faut-il les connaître.
Sommaire :
- Les inégalités financières commencent-elles dès les études ?
- Les femmes gèrent-elles différemment leurs finances personnelles ?
- Les inégalités financières atteignent-elles leur sommet à la retraite ?
- Comment réduire durablement les inégalités financières ?
À retenir — Inégalités financières femmes/hommes : ce que révèle le Baromètre ViveS 2026
- Les femmes privilégient la passion au détriment du salaire dès le choix de leur métier.
- Une femme sur trois seulement ose demander une augmentation.
- 69 % des femmes craignent une retraite insuffisante, contre 47 % des hommes.
- Les femmes investissent trois fois moins en Bourse que les hommes.
- 53 % des femmes ignorent leurs droits à la pension de réversion.
Les inégalités financières commencent-elles dès les études ?
Des choix de carrière déconnectés du salaire
Les inégalités financières se profilent dès l’entrée dans la vie active. Le Baromètre ViveS 2026 le confirme. En effet, 73 % des Français ignoraient les salaires de leur secteur durant leurs études (75 % des femmes, 72 % des hommes). Ce déficit de littératie financière touche les deux sexes de façon quasi identique. Or les critères de choix, eux, divergent dès le départ.
La passion pour le métier prime chez les deux sexes (femmes 36 %, hommes 35 %). En revanche, la rémunération arrive en 2ᵉ position chez les hommes (31 %), alors qu’elle ne pointe qu’en 4ᵉ position chez les femmes (22 %), derrière l’équilibre vie professionnelle/personnelle et les opportunités du moment. Ce décalage initial creuse un écart salarial durable. Les spécialistes le désignent comme le premier maillon du “gender pay gap”.

Les regrets, eux, sont partagés : 63 % des femmes et 64 % des hommes auraient choisi un métier plus rémunérateur. Les inégalités financières ne résultent donc pas d’une indifférence à l’argent. Elles naissent d’un déficit de culture financière dès l’orientation scolaire.
La maternité, accélérateur des inégalités financières
Une fois en poste, la capacité à progresser diverge nettement. Seule une femme sur trois se sent à l’aise pour demander une augmentation, contre un homme sur deux. Pour négocier leur salaire à l’embauche, l’écart se creuse encore. Ainsi, 29 % des femmes y parviennent, contre 48 % des hommes. Quant à l’obtention d’une promotion, 41 % des femmes s’en sentent capables, contre 53 % des hommes.
L’entrepreneuriat reste, lui aussi, un terrain moins accessible. Seulement 22 % des femmes se sentent à l’aise pour se lancer en auto-entreprise, contre 31 % des hommes. Le plafond de verre demeure une réalité concrète, mesurable à chaque étape de la carrière féminine.
La maternité cristallise ces inégalités financières. 69 % des femmes estiment que le congé maternité pénalise leur carrière — un constat que seuls 50 % des hommes partagent. Par ailleurs, 58 % des femmes jugent que le calcul des droits à la retraite ne tient pas suffisamment compte du temps consacré à l’éducation des enfants (48 % des hommes). Le temps partiel subi, souvent imposé par les contraintes familiales, aggrave encore la discrimination salariale sur le long terme.
Les femmes gèrent-elles différemment leurs finances personnelles ?
Une épargne prudente, mais moins performante
Les inégalités financières se creusent aussi dans les comportements d’épargne. Les deux tiers des femmes et des hommes déclarent épargner. Pourtant, seulement 11 % des femmes acceptent un risque de perte en capital pour privilégier le rendement, contre 20 % des hommes. Elles investissent trois fois moins en Bourse.
Les raisons avancées sont claires : manque de connaissances (38 %), peur de perdre de l’argent (35 %), revenus insuffisants (34 %). Cette aversion au risque alimente des choix d’investissement structurellement différents. Elle aggrave ainsi les inégalités financières à long terme en freinant la constitution d’un patrimoine financier solide.
Des placements orientés vers la sécurité
Les femmes investissent moins que les hommes dans l’assurance-vie, le Plan Épargne Retraite (PER) et le Plan d’Épargne en Actions (PEA). En revanche, elles se tournent davantage vers l’immobilier. La pierre reste leur valeur refuge principale. Elles y voient d’abord un moyen de sécuriser leur logement (45 %).
76 % des femmes font le point sur leurs finances chaque mois (71 % des hommes). Pourtant, 26 % ne se sentent pas suffisamment outillées pour gérer leur budget et leur épargne retraite. Elles parlent moins d’argent au travail — un écart de 10 points avec les hommes — et se tournent davantage vers leur conjoint. Cette dépendance fragilise leur indépendance financière.
Une méfiance envers les canaux d’information financière
59 % des femmes font confiance à leur banquier, au même niveau que les hommes. En revanche, elles expriment une méfiance plus prononcée envers les assureurs, les médias et les influenceurs. Un tiers des femmes ne fait confiance à aucun de ces canaux. Cette réserve renforce la dépendance au conjoint et fragilise leur autonomie financière.
Cette vulnérabilité se manifeste concrètement face aux accidents de la vie. Les femmes estiment plus souvent qu’il leur serait difficile, voire impossible, de faire face à une maladie (77 % vs 71 % des hommes), une situation d’aidance (77 % vs 73 %), une séparation (72 % vs 64 %) ou une perte d’emploi (62 % vs 57 %).
Les inégalités financières atteignent-elles leur sommet à la retraite ?
Une retraite structurellement plus précaire
Les femmes vivent en moyenne 5 ans de plus que les hommes. Or, seulement 74 % en ont pleinement conscience, contre 83 % des hommes. Cette méconnaissance aggrave les inégalités financières au moment précis où elles pèsent le plus lourd.
69 % des femmes estiment que leur pension sera insuffisante, contre 47 % des hommes. Cet écart de pension structurel reflète toute une vie d’inégalités financières accumulées. Pour compenser, elles envisagent davantage de reprendre une activité (47 % vs 32 %) ou de mobiliser leurs revenus patrimoniaux (24 % vs 18 %). Toutefois, ces stratégies restent fragiles et exposent les femmes à une précarité accrue à la vieillesse.
Un manque criant d’information sur la retraite
60 % des femmes ignorent le montant de leur future retraite, contre 52 % des hommes. La raison principale : l’instabilité des règles de calcul (52 %). Cette incertitude paralyse toute anticipation sérieuse. Elle renforce ainsi les inégalités financières entre générations.
La pension de réversion constitue pourtant un levier majeur. Les femmes perçoivent environ 90 % des pensions de réversion versées en France. Ce dispositif peut représenter jusqu’à 54 % de la pension du conjoint décédé. Or 53 % des femmes ignorent si elles y auront droit. Se renseigner auprès de sa caisse de retraite est une démarche simple qui peut changer radicalement l’équation financière à la vieillesse.
Comment réduire durablement les inégalités financières ?
L’éducation financière, levier prioritaire
Le Baromètre ViveS 2026 identifie trois axes d’action pour réduire les inégalités financières :
- briser le tabou de l’argent,
- informer régulièrement les femmes,
- leur proposer des ateliers de sensibilisation.
Ces leviers visent à développer les compétences financières et à favoriser l’empowerment économique dès le plus jeune âge.
Sibylle Le Maire, directrice exécutive chez Bayard et fondatrice de ViveS Média, pointe des angles morts collectifs : dans l’éducation, dans les entreprises, dans les institutions. En réponse, ViveS Média agit via sa newsletter mensuelle, ses podcasts (Osons l’oseille, Osons investir pour agir), ses parcours vidéo pédagogiques (ViveS Académie) et ses événements en entreprise. L’objectif : renforcer la littératie financière des femmes à chaque étape de leur vie.
Des institutions et acteurs financiers mobilisés
Audrey Koenig, directrice générale de Natixis Wealth Management, insiste sur un point clé : maîtriser les codes de la finance constitue un levier de liberté indispensable. Natixis Wealth Management gère près de 26 milliards d’euros d’actifs (au 31/12/2025) et accompagne ses clients dans leurs stratégies patrimoniales.
Benoit Grisoni, directeur général de Boursorama, plaide pour des produits d’épargne simples et accessibles. BoursoBank, leader de la banque en ligne, se positionne ainsi comme un outil concret d’autonomie financière pour tous.

