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Immobilier

Immobilier neuf : maintien de la pression sur les prix de vente

prix de l'immobilier neuf

Le baromètre des prix des logements neufs nous informe sur les évolutions du marché. Cette étude réalisée par le laboratoire de l’immobilier décrypte les prix des logements en cours de commercialisation dans plus de 100 villes de France métropolitaine. L’accélération de la hausse des prix se confirme dans le neuf, dans un contexte d’offre toujours tendue.

Sommaire

Une progression de +7 % des prix de l’immobilier neuf sur un an

Un appartement neuf coûtait en moyenne 4 900 euros/m² en mai 2021. Ce prix moyen était notamment observé dans les communes de plus de 45 000 habitants. Désormais, il atteint 5 250 euros/m². Soit une augmentation de +7 % est donc enregistrée sur 12 mois.

En effet, la hausse des prix de l’immobilier neuf se poursuit et s’accélère même. Rappelons qu’en novembre 2021, le Laboratoire de l’Immobilier relevait une augmentation de +5,7 % sur un an. De nombreux facteurs ont provoqué l’envolée des prix des appartements neufs sur le territoire, en l’occurrence :

  • la flambée des prix des matériaux et de l’énergie ;
  • les difficultés d’approvisionnement ;
  • l’entrée en vigueur de la nouvelle règlementation environnementale.

De plus, l’offre reste particulièrement tendue. Les autorisations de construire peinent cependant à augmenter et les mises en chantier se stabilisent depuis 11 mois.

Une hausse significative des prix à Paris et à Bordeaux

Dans les 15 grandes villes françaises, les prix de l’immobilier neuf ont connu une progression de +6,1 %. L’attrait des Français pour les villes moyennes a peu affecté le niveau des prix dans les grandes villes. Néanmoins, cela a légèrement ralenti la hausse des prix des logements neufs.

TOP 15 : une forte hausse des prix de l’immobilier neuf à Paris et Bordeaux

TOP 15 : une forte hausse des prix de l’immobilier neuf à Paris et Bordeaux

 

Un tiers du top 15 a profité des hausses supérieures à +6 % sur un an. Dans le classement, Paris affiche ainsi une progression notable de + 7,1 %. Le prix moyen d’un appartement neuf y atteint 13 150 euros/m². Par ailleurs, dans le top 15, seule la ville de Toulon a connu une hausse inférieure à +4 %.

De même, Bordeaux sort du lot avec une forte hausse des prix s’établissant à +7 %. Elle remonte ainsi au 4e rang du classement, devant Montpellier. Notons cependant que Paris, Lyon (6 672 euros/m²) et Nice (6 296 euros/m²) ont conservé les trois premières places.

En dépit d’une hausse de +5,7 %, Le Havre reste le dernier du classement. C’est la grande ville affichant les prix de l’immobilier neuf les moins chers (3 633 euros/m²). Par ailleurs, elle est l’unique commune du top 15 à moins de 4 000 euros/m².

“ Les prix des communes du Top 15 ont accéléré leur progression depuis notre précédent baromètre de novembre 2021. Les grandes métropoles ont peut-être perdu la première manche de la qualité de vie face aux villes moyennes. Pour autant, elles conservent un très fort pouvoir d’attraction en termes de formation, d’emploi ou d’offre culturelle. Or, cela contribue à soutenir la demande et les prix.” – Kevin Brulin, chargé d’études du Laboratoire de l’immobilier.

Un prix moyen particulièrement élevé dans le 15e arrondissement de Paris

À Paris, on trouve le plus grand nombre de nouveaux programmes immobiliers dans les arrondissements périphériques. Ces zones affichent des prix moins chers que le centre de la capitale, en dépit des hausses.

Par exemple, le prix moyen de l’immobilier neuf dans le 18e arrondissement a dépassé la barre des 11 000 euros/m². Le 15e arrondissement présente une hausse significative de +8,3 % avec un prix moyen de 14 808 euros/m².

La progression des prix est également importante dans le 20e et le 18e arrondissement. Elle s’établit respectivement à +7,5 % et à +7,3 %. De plus, en Petite Couronne, les communes de Levallois-Perret et de Boulogne-Billancourt affichent les prix les plus élevés. Les appartements neufs y sont vendus respectivement à 12 542 euros/m² et à 12 512 euros/m².

Cependant, à Levallois-Perret, les prix figurent parmi ceux qui ont peu augmenté sur 12 mois (+3,7 %). Un autre constat remarquable, c’est Issy-les-Moulineaux qui a franchi pour la première fois la barre des 10 000 euros/m². Une hausse de +4,3 % est observée sur un an. En Seine-Saint-Denis, bien que les prix de l’immobilier neuf restent abordables, des hausses sont constatées. Ainsi, ils ont dépassé les 4 000 euros/m².

“ Les communes les plus accessibles constituent un marché de report pour les ménages des classes moyennes. De même, il y a eu aussi un « effet Covid » qui a incité certains Franciliens à rechercher davantage d’espace habitable en s’éloignant du cœur de la métropole parisienne.” – Kevin Brulin.

Une progression de +7,8 % sur 12 mois en province

En province, les communes de plus de 45 000 habitants affichent un prix moyen de 4 638 euros/m². Une hausse de +7,8 % est donc enregistrée sur un an. De fait, cela a réduit légèrement l’écart entre les prix appliqués en province et ceux en Île-de-France.

En Province, les prix grimpent de +7,8 % en 1 an

Les communes les plus accessibles se concentrent dans le nord de la France

 

Sans tenir compte des métropoles régionales, Annecy occupe la première position dans le classement des communes provinciales les plus chères. Le prix moyen de l’immobilier neuf s’y établit à 7 027 euros/m², soit une augmentation de +3,5 %.

Derrière Annecy, viennent Antibes (6 722 euros/m²), Aix-en-Provence (5 874 euros/m²), Villeurbanne (5 775 euros/m²) et Cagnes-sur-Mer (5 661 euros/m²). Néanmoins, ces communes présentent des hausses de prix entre +4,5 % et +5,9 %, inférieures à la moyenne nationale.

Enfin, on découvre les communes les plus abordables (moins de 3 500 euros/m²) dans le nord du pays. En effet, à Tourcoing et à Dunkerque, le prix moyen s’élève respectivement à 3 494 euros/m² et à 3 333 euros/m². Ces deux villes ont connu des hausses respectives de +6,1 % et de +7,9 %. Le rattrapage de prix de l’immobilier y est bien marqué.

L’impact de l’implémentation de la RE2020 sur les prix de l’immobilier neuf

Depuis le 1er janvier 2022, la nouvelle norme environnementale RE2020 est obligatoire pour tout projet de construction neuve. Cette nouvelle règlementation remplace la RT2012. Elle est donc plus exigeante et plus vertueuse, mais également plus coûteuse.

“ Les effets de sa mise en œuvre sur les prix du neuf seront bientôt pleinement visibles. Ils commenceront à se faire sentir dans le courant du second semestre 2022. C’est-à-dire lorsque les opérations autorisées en début d’année seront commercialisées.” – Franck Vignaud, Directeur du Laboratoire de l’immobilier.

En effet, la hausse significative relevée par le baromètre ne considère pas encore l’entrée en vigueur de la RE2020. Il faut alors s’attendre à de nouvelles augmentations ! Par ailleurs, on observe la remontée des taux d’intérêt des crédits immobiliers. Néanmoins, leur niveau demeure historiquement bas. Ainsi, les Français accordent toujours un grand intérêt pour l’immobilier. Ce constat est renforcé auprès des investisseurs qui cherchent à se protéger contre l’inflation.

D’après Franck Vignaud, les prix de l’immobilier neuf continueront d’augmenter si la production de logements reste insuffisante. En effet, l’offre et la demande devraient être au moins alignées pour espérer une baisse de prix dans les mois à venir.

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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