Grande enquête FNAIM : quel modèle de copropriété pour demain ?

FNAIM
65% des copropriétaires satisfaits des prestations de leur syndic.

A la suite de la loi ELAN, la FNAIM a souhaité donner la parole aux copropriétaires pour obtenir leur avis sur le fonctionnement de leur copropriété, leurs relations avec leur syndic et sur les dispositions législatives actuelles ou à l’étude.

Fonctionnement de la copropriété : les deux tiers des copropriétaires satisfaits

 

Un chiffre retient d’emblée l’attention : les deux tiers des copropriétaires interrogés (68%) se déclarent satisfaits du fonctionnement de leur copropriété.

Notons que cette enquête a été réalisée auprès de copropriétaires clients des adhérents FNAIM, que 34 questions ont été posées pour un total de 42.978 réponses anonymes !

Avec ce nombre record de réponses obtenues, on peut dire que c’est l’enquête la plus importante à ce jour puisqu’elle couvre également l’ensemble du territoire français.

Ce qui est étonnant, c’est de constater que le taux de satisfaction est encore plus élevé (72%) pour les petites copropriétés de moins de 5 lots.

Contrairement à certaines idées reçues, les syndics professionnels savent aussi gérer les petites copropriétés !

En ce qui concerne l’application du contrat type obligatoire depuis 2014 pour les copropriétés de plus de 15 lots, la majorité des copropriétaires (64%) estiment qu’il s’agit d’une réelle amélioration. Mais il semble toutefois plus difficile à mettre en œuvre pour les plus petites copropriétés.

Par ailleurs, 75% des sondés, considèrent que la constitution d’un fonds travaux est une bonne chose.

Les copropriétaires favorables à un pouvoir élargi pour le conseil syndical

 

Si 61% des copropriétaires considèrent que le conseil syndical dispose de suffisamment de pouvoirs, ils sont pourtant 56% à penser qu’un pouvoir élargi pourrait, dans certains cas (travaux urgents), améliorer une prise de décision et dispenser le syndic de convoquer une assemblée générale spéciale.

Toujours à ce sujet, on a demandé aux copropriétaires ce qu’ils pensaient du projet de conférer des pouvoirs étendus à un conseil d’administration pouvant se substituer à une décision d’AG (comme en droit des sociétés). Cette proposition est clairement rejetée et ne récolte que 21% de réponses favorables.

De même, pour la vérification de la comptabilité par un expert comptable rémunéré par le syndicat des copropriétaires, à 53%, les sondés sont contre ! Il semble que les membres du conseil syndical n’y soient pas favorables par ailleurs les membres des très petites et des très grandes copropriétés y sont plus souvent favorables.

65% des copropriétaires satisfaits des prestations de leur syndic

 

Si les deux tiers des copropriétaires interrogés (65%) sont satisfaits des prestations de leur syndic, ils sont quand même un tiers (33%) à envisager d’en changer.

Il y a encore une marge de progression avec 12% de très satisfaits er 53% de satisfaits. On constate certaines disparités selon la localisation et la taille de la copropriété, les grandes copropriétés sont globalement moins satisfaites, de même on observe une moindre satisfaction des les zones où le marché est tendu.

Concernant la mise en concurrence, il ressort que 26% des copropriétaires satisfaits ont procédé à une mise en concurrence de leur syndic. Pour autant les trois quarts des copropriétaires sondés n’ont pas mis leur syndic en concurrence bien que 86% d’entre eux restent attachés à la possibilité de mettre eux-mêmes en concurrence leur syndic. 67% sont d’ailleurs contents que cela soit obligatoire.

Concernant la rémunération du syndic, 49% des répondants estiment que le niveau de rémunération est justifié (52% pour les membres su conseil syndical). 68% des copropriétaires satisfaits des prestations de leur syndic pensent que le niveau de rémunération de leur syndic est justifié.

Une compétence multiple des syndics est réclamée par les sondés, ce qui a un coût. La réactivité et la disponibilité sont les principales attentes mais les compétences techniques et en communication sont aussi demandées, en plus de connaissances comptables et juridiques avancées.

Jean-Marc Torrollion, Président de la FNAIM

Aussi, 17% des copropriétaires interrogés sont favorables à renforcer le rôle du syndic et étoffer ses prestations par des services innovants moyennant rémunération complémentaire.

Mais Ils souhaitent par ailleurs plus d’encadrement, ainsi à 70%, ils seraient favorables à la création d’un ordre professionnel, disposant de pouvoirs de sanction.

Cette enquête confirme que le syndic professionnel est au centre de la réussite de la copropriété en France et de la politique du Logement.

Jean-Marc Torrollion

Rappelons que les deux syndicats FNAIM et UNIS proposent de faire évoluer le « contrat -type » vers un « contrat-socle », proposant ainsi de nouveaux services en toute légalité.

La FNAIM souhaite, en effet, un modèle unique de copropriété au travers duquel l’ensemble des concitoyens peut se retrouver. Ce nouveau modèle plus souple, doit pouvoir s’adapter à la gestion des copropriétés suivant leur taille, leur situation économique ou encore l’état du patrimoine. Par la mise en place, par exemple, d’une sous-délégation de gestion, d’un contrat de 5 ans ou du portage salarial…

C’est ainsi que l’on pourra répondre aux attentes des copropriétaires et c’est à cette condition que des sanctions financières se justifieront, considérant que les professionnels qui ne respectent pas la législation nuisent à la profession et à son image.

Jean-Marc Torrollion

Enfin, la FNAIM a indiqué que la référence à ces résultats va lui permettre d’étayer ses propositions dans le cadre de la réécriture de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis, et des modifications attendues.


Méthodologie

Enquête réalisée en interne, entre mars et mai 2019 auprès de copropriétaires clients des adhérents FNAIM à l’aide d’un questionnaire anonyme en ligne (outil « Drag’n Survey ») comportant 34 questions.

L’enquête effectuée porte sur un échantillon de 42.976 copropriétaires. En termes de répartition géographique des sondés, le département avec le plus de réponses ne dépasse pas 5% du nombre total de réponses.