Enterprise Ressource Planning : Un nouveau modèle économique pour les syndics de copropriété

Enterprise Ressource Planning : Un nouveau modèle économique pour les syndics de copropriété

Le bouleversement du numérique impactant les méthodes et les outils va repositionner le gestionnaire de copropriété, d’une situation actuelle de gestionnaire court terme à celle d’un véritable administrateur éclairé. C’est la vision de Vincent le Cornec*, fondateur de Audit Immo 3D qui nous parle de l’ERP, un nouveau business model du syndic.

Dans l’immobilier, les prochaines années seront numériques ou ne seront pas

Le modèle économique des syndics de copropriétés est aujourd’hui fragile et tiré vers le bas.  «  De faibles taux d’honoraires, une prestation limitée à la gestion courante, la forte concurrence, les nouveaux syndics cost-killers et virtuels, les nouveaux entrants experts-comptables, géomètres experts, les syndics bénévoles sont des facteurs qui expliquent la fragilité de la profession aujourd’hui remise en question par les organisations professionnelles elles-mêmes », souligne Vincent le Cornec, fondateur de Audit Immo 3D.

Le modèle économique et la valeur ajoutée de cette activité sont clairement conditionnés par les progrès du numérique qui ajouteront « intelligence » et performance dans les processus métiers et outils de gestion de la copropriété. Mais les syndics de copropriétés sont très en retard sur le numérique, ils passent à côté de nombreux outils de gestion, d’analyse des données, d’aide à la décision et à la programmation, de gestion de projet, de suivi des actions, etc.

« Si certains syndics pensent avoir franchi la marche du numérique en ouvrant un Extranet pour la mise à disposition de documents PDF à leurs clients, c’est quand même un peu court !!! Ce retard sur le numérique s’explique par les méthodes et outils de travail des syndics, la complexité de l’immeuble et son écosystème, par un manque d’offre numérique dédiée ces dernières années, mais aussi par l’absence d’experts ou direction des systèmes informatiques dans la structure des syndics à l’exception des plus grands », indique Vincent le Cornec.

Le « contrat social » du syndic vidé de sa substance

Le contrat entre un syndic et un syndicat des copropriétaires est, au-delà d’un contrat de prestation de services, un véritable contrat social. Une partie confie à l’autre, l’administration de son bien patrimonial et les pouvoirs qui en découlent « pour l’administrer »… Dans l’idéal, le gestionnaire devrait être un excellent généraliste de la Technique, orienté nouvelles technologies, maîtrisant la conformité juridique, la comptabilité,  la gestion financière, les achats, l’organisation des maintenances et la relation Client …

Dans la réalité, la mission définie dans le contrat de syndic de copropriété correspond à une prestation de gestion courante (comptabilité, impayés, sinistres, préparation et mise en œuvre des AG,….). Le syndic ne traite plus de la technique, encore moins de la stratégie, de la programmation et de la valorisation du bien…. Le syndic n’est donc pas Administrateur, c’est un comptable/gestionnaire court terme.

« Les législateurs et ministères qui ont élaboré le contrat type de syndic dans la loi ALUR auraient dû repréciser la mission principale du syndic qui est « d’administrer » pour être en conformité avec la Loi de 1965 et le « contrat social ». Cet oubli hypocrite ne fait que légitimer les errements actuels. C’est donc aux copropriétaires de s’auto-administrer », commente Vincent le Cornec.

L’ERP, Enterprise Ressource Planning : le nouveau modèle économique du syndic

L’ERP, Enterprise Ressource Planning, est déployé depuis plus d’une vingtaine d’années dans les grandes entreprises des secteurs de l’industrie et des services. Sur une même plate-forme informatique, l’ERP intègre et met en interaction les fonctions opérationnelles de l’entreprise. C’est un outil puissant de pilotage global, de connaissance, d’auto-contrôle et de gouvernance. De nombreuses start-up, des éditeurs de logiciels sont aujourd’hui dans les starting blocks pour attaquer ce marché de l’immobilier à forte demande et en mutation numérique. Certains travaillent plus particulièrement sur l’offre des progiciels touchant à la gestion de biens immobiliers.

« L’ERP permet la mise en cohérence de tous les flux d’information et la valorisation de l’information partagée en connaissance.  Aujourd’hui de nombreuses briques logicielles existent, ne nécessitant que certains développements marginaux. Elles peuvent être facilement déployées et mises à la disposition du gestionnaire : les outils (B2B et B2C) pour la relation Client et Prestataire, le BIM, la GED intelligente pour une connaissance éclairée de l’immeuble, les outils collaboratifs de gestion de projets, les outils RH, la gestion comptabilité. A cela on y ajoute une couche de business intelligence (connaissance, aide à la décision et prédiction) qui est la synthèse de toutes les briques de l’ERP pour mieux anticiper, réagir, piloter, évaluer,…. », explique Vincent le Cornec.

L’ERP va renforcer les capacités du gestionnaire de manière significative sur la connaissance de l’immeuble, sur le processus décisionnel et sur la programmation des opérations de maintien et de valorisation du bien. L’ERP lui permettra ainsi de se positionner davantage en « administrateur » avec une plus grande hauteur de vue.

L’amélioration des processus métiers et de l’accès à la connaissance de l’immeuble sont les deux principaux impacts immédiats de l’ERP sur le temps du gestionnaire, gains qui seront mis à profit sur l’analyse, l’organisation du travail, l’anticipation des actions, la réactivité et la relation Client. Le gestionnaire prendra de la hauteur, gagnera en sérénité, sera moins pris en défaut et aura fait progresser significativement sa valeur ajoutée.

« L’ERP représente un très gros enjeu pour les syndics de copropriétés pour l’offre de service elle-même et dans la bataille de la concurrence. Mais la prudence est de mise. C’est un projet de mutation profonde de la structure à partir duquel il faut en parallèle, définir les bons besoins et anticiper la conduite du changement sur l’organisation, les méthodes et les Hommes, tout en restant pragmatique et modeste au départ », conclut Vincent le Cornec.

*Vincent le Cornec vient du conseil en stratégie-organisation et de la business intelligence. Ayant mis en œuvre de nombreux diagnostics stratégiques d’entreprises et d’audits de projets, il a décidé de s’intéresser à  l’immeuble en tant que système.  Avec des experts de l’immobilier, il a développé l’offre d’audit global de gestion de biens immobiliers et la certification de personnes pour les auditeurs qui mettent en œuvre l’audit. Premier concerné par une gestion irréprochable il est aussi président du conseil du syndical d’une grande copropriété de 250 lots d’habitation à Courbevoie.

Source : https://www.auditimmo3d.com