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Finance

Défaillances d’entreprises : le secteur du bâtiment est le plus touché

Défaillances d'entreprises

Le groupe Altares livre son étude sur les défaillances d’entreprises en France pour le 4e trimestre et l’ensemble de l’année 2021. En comparaison à 2019 et à 2020, le nombre de défaillances était-il en baisse ou en hausse ? Quels sont les faits marquants de l’année 2021 ? Que s’est-il passé au 4e trimestre 2021 ?

Baisse du nombre de défaillances d’entreprises en 2021

Le nombre de défaillances d’entreprises en 2021 est en baisse :

  • -11,8 % par rapport à 2020 ;
  • -45 % par rapport à 2019.

 

En cela, il atteint son niveau le plus bas depuis 35 ans ! Le recul du nombre de défaillances témoigne, en effet, de l’efficacité des mesures de soutien mises en place par l’État. À partir du printemps 2020, le gouvernement a proposé des aides, en l’occurrence, les Fonds de solidarité et le Prêt Garanti par l’État. Grâce au prolongement de ces dispositifs d’aide en 2021, plusieurs entreprises ont pu échapper à la faillite.

“ Le maintien des facilités de paiement des charges sociales et fiscales et l’absence de recouvrement forcé ont, certes, permis d’épargner de nombreuses entreprises. Mais, avec 30 000 défaillances enregistrées sur l’ensemble de l’année 2021, la performance est tout de même remarquable !” – Thierry Millon, directeur des études Altares.

Nombre de défaillances d'entreprises

 

La reprise économique a débuté cependant sur le dernier trimestre de l’année 2021. Cela a affecté certaines entités. Ainsi, le nombre de procédures ouvertes (8 256) a progressé de +0,6 % par rapport au 4e trimestre 2020. Sur le mois de décembre, le nombre de défaillances d’entreprises a d’ailleurs augmenté de +9 %. En dépit de cette dégradation notable, les défauts étaient largement moins nombreux qu’au mois de décembre 2019.




Un démarrage lent des procédures de traitement de sortie de crise (PTSC)

Le nombre de procédures de sauvegarde a diminué de -12,5 %, avec 729 jugements prononcés en 2021. La baisse était plus importante au 4e trimestre de cette année (-28 %). Notons que la procédure de sauvegarde est dédiée aux entreprises en difficulté qui ne sont pas encore en cessation de paiement. Sa proportion est seulement de 2,6 % sur la totalité des procédures. Malgré cela, le taux des défaillances d’entreprises était en recul.

Par ailleurs, le recul des procédures de redressement judiciaire est plus important que celui des procédures de sauvegarde. Avec 6 500 jugements prononcés en 2021, la baisse est de -19 % par rapport à 2020. Seuls 23 % des jugements ont ainsi permis l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire. Au 4e trimestre, le nombre des procédures de redressement judiciaire a baissé de -2,6 %.

Selon les résultats de l’étude du groupe Altares, seules 15 procédures de traitement de sortie de crise ont été enregistrées. Ce nouveau dispositif a pour objectif de favoriser la reprise des entreprises remplissant les conditions suivantes :

  • un effectif inférieur à 20 salariés ;
  • une cessation de paiement ;
  • des fonds pour régler les créances salariales.

 

Le nombre de liquidations judiciaires (21 138) a reculé de -9,4 % sur l’ensemble de l’année 2021. Il a cependant progressé de +2,8 % sur les trois derniers mois (d’octobre à décembre). 75 % des jugements prononcés ont mené à des liquidations judiciaires. Or, ce taux est habituellement maintenu à environ 66 %.

Une grande résistance face aux risques de défaillances d’entreprises

En 2021, on a noté la résistance de toutes les typologies d’entreprises face aux risques de défaillances. Bien que le nombre de défaillances d’entreprises soit en baisse, dans les PME de 20 à 49 salariés, on a constaté :

  • un recul important du nombre de sauvegardes et de redressements judiciaires ;
  • une hausse de +6 % des liquidations judiciaires.

 

En revanche, 187 PME d’au moins 50 salariés ont subi des défaillances, contre 289 en 2020 et 350 en 2019. Malgré les sauvegardes d’Appart’city ou de Flunch, et la cessation d’Office Dépôt, le nombre d’emplois menacés n’a pas dépassé le seuil des 100 000. Il s’établit en effet, à 95 000 en 2021, contre 133 000 en 2020 et 174 000 en 2019.

Au 4e trimestre 2021, le nombre de défaillances d’entreprises d’au moins 50 salariés a encore reculé. On a comptabilisé 46 défaillances, contre 56 au 4e trimestre 2020. Cependant, une dizaine de ces entreprises défaillantes employaient plus de 200 salariés (25 000 emplois menacés). Ce niveau est équivalent à celui de 2020.

Le bâtiment, le secteur affichant le plus grand nombre de défaillances

En 2021, le quart de l’ensemble des procédures concerne le secteur de la construction. En effet, ce dernier pèse fortement sur la tendance globale. 7 509 défaillances d’entreprises y ont été enregistrées (+0,4 % par rapport à 2020). Par ailleurs, le nombre de liquidations judiciaires directes était en hausse, de l’ordre de +4,2 %. Le secteur passe ainsi à l’orange.

Le second œuvre présente néanmoins une baisse du nombre de défauts de -5,5 %. Quant au gros œuvre, il affiche une légère augmentation de +1,1 % et passe au rouge. La maçonnerie générale a résisté avec un recul de -1,4 % des défauts. Par contre, la construction de maisons individuelles a connu une forte hausse du nombre de défaillances d’entreprises (+10 %). De même, les travaux publics affichent une augmentation de +9,1 % des défauts. Les travaux de terrassement courants accusent même une hausse de +17 %.

Les plus fortes augmentations des ouvertures de procédures concernent le secteur de l’immobilier, avec notamment :

  • +56 % pour la promotion immobilière ;
  • +9 % pour les agences immobilières.

 

Sur le dernier trimestre 2021, dans le secteur du bâtiment, le nombre de défaillances d’entreprises a connu une nette progression (+12,9 %). Cette période a également été marquée par une dégradation significative dans la construction, avec une hausse de +8,4 %.

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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