Défaillances d’entreprises : le secteur du bâtiment durement affecté

Défaillances d’entreprises : le secteur du bâtiment durement affecté

Le groupe Altares dévoile les chiffres des défaillances d’entreprises en France pour le second trimestre 2021. 6 587 entreprises sont tombées en défaillance en France, soit 14,2 % de plus que lors de la même période 2020. En Île-de-France, le nombre de procédures s’envole et le taux de liquidations directes dépasse 80 %. Le secteur de la construction concentre plus du quart des jugements (+44 %).

Défaillances d’entreprises en hausse de 14,2 % sur trois mois

En hausse de 14,2 % sur trois mois, le nombre de défaillances d’entreprises reste paradoxalement bas. En effet, à la fin juin 2021, la tendance reste favorable par rapport à juin 2020 (-28 %). Le taux de liquidations directes reste très haut. Toutefois, le nombre d’emplois menacés passe sous le seuil des 20 000.

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défaillances d'entreprises par type de procédure
Source : Altares

 

Le taux des liquidations directes (75 %) reste très au-dessus de ses valeurs traditionnelles (68 %). Cela confirme que les entreprises qui se présentent au tribunal sont dans une réelle situation de fragilité.

“ Les audiences sont encore loin d’avoir retrouvé leur rythme d’avant Covid. Toutefois, le taux des liquidations judiciaires directes reste très élevé. Les TPE représentent près de 90 % des défaillances d’entreprises.” – Thierry Millon, directeur des études Altares.

Les TPE concentrent près de 90 % des défaillances d’entreprises

Les plus petites entreprises de moins de 6 salariés rassemblent près de neuf procédures sur dix (89 %). Avec 5 850 procédures ouvertes au second trimestre, les TPE enregistrent une hausse de 18 % par rapport à la même période de 2020. Pour autant, nous sommes encore loin des niveaux de 2019.

Les PME de 10 à 19 salariés sont, elles aussi, sous tension (+2,7 %). En revanche, le nombre de procédures collectives recule pour toutes les autres tailles d’entreprises. Les PME de plus de 50 salariés sont particulièrement touchées. De fait, on observe qu’aucune liquidation judiciaire directe n’a été prononcée pour des sociétés de plus de 100 salariés.

Dans toutes les activités, si les défaillances restent très en dessous de leurs valeurs de 2019, elles repartent à la hausse.

Le bâtiment enregistre la plus lourde augmentation (+37 %)

C’est dans le secteur du bâtiment que l’on enregistre la plus forte augmentation (+37 %) de défaillances d’entreprises. Dans le détail, certains secteurs sont plus affectés. C’est notamment le cas pour le gros œuvre (+50 %) ou encore pour les maisons individuelles (+88 %).

 

Les travaux publics contiennent la hausse à +24 % et le second œuvre à +30 %. Pourtant, en ce qui concerne les travaux d’installation électrique (+66 %) et de peinture et vitrerie (+47 %), les liquidations sont très marquées

Sauf retour d’une épidémie persistante, il est question de stopper les aides financières dans les prochaines semaines. Pour autant, cela ne devrait pas déclencher sur les trois derniers mois de l’année une forte poussée des défaillances d’entreprises et un retour au niveau de 2019.

“ Il est important de privilégier la médiation et le traitement à l’amiable des retards de paiement. Car cela limite d’autant le recouvrement forcé et les assignations. En revanche, la flambée des prix des matières premières crée une inquiétude nouvelle.” – Thierry Millon.

La flambée des prix des matières premières gâchera-t-elle la reprise ? Faute de pouvoir se répercuter aisément sur les prix de ventes, ces hausses risquent de mettre les trésoreries sous tension. Si elles devaient perdurer sévèrement au-delà de l’été, ces hausses pèseraient alors sur les marges. Une tendance qui pourrait contrarier sérieusement la reprise, voire compromettre la pérennité des entreprises les plus fragiles.

La région Île-de-France et PACA enregistrent les plus lourdes hausses

Les défaillances d’entreprises touchent plus sévèrement certaines régions. En l’occurrence, c’est le cas de l’Île-de-France (+37,3 %) qui arrive en tête, tirée par les chiffres de Paris. À noter que les Yvelines et le Val-de-Marne résistent encore. On retrouve ensuite la Provence-Alpes-Côte-d’Azur (36,9 %), dont l’évolution s’aligne sur celle des Bouches-du-Rhône. Le Var contient la hausse, mais les Alpes-Maritimes enregistrent une forte dégradation.

Trois régions affichent une évolution comparable, avoisinant + 17 % :

  • L’Auvergne-Rhône-Alpes en dépit de dégradations plus fortes dans le Rhône et la Haute-Savoie ;
  • Le Centre Val de Loire où l’Indre-et-Loire et le Loiret basculent dans le rouge ;
  • Les Pays-de-la-Loire où seule la Sarthe reste dans le vert.

Affichant des volumes moins importants, la Corse enregistre une hausse de 14 %. La région Grand-Est (+11%) est sous la moyenne nationale, grâce notamment à des niveaux de défaillances stables dans le Bas-Rhin.

Trois régions contiennent l’augmentation des niveaux de défaillances d’entreprises sous les 5 % : Nouvelle Aquitaine, Occitanie et Bourgogne-Franche-Comté. Enfin, trois régions se distinguent par un recul encore très sensible du nombre de procédures sur le second trimestre. C’est le cas de la Normandie (-24 %), la Bretagne (-21 %) et les Hauts-de-France (-11 %).

Méthodologie

Les statistiques Altares de défaillances d’entreprises comptabilisent l’ensemble des entités légales disposant d’un numéro SIREN et ayant fait l’objet d’un jugement d’ouverture de procédure prononcé par un Tribunal de Commerce ou Judiciaire (ex TGI – TI). Pour consulter l’étude complète, cliquez ici.

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