Culture financière : les Français souhaitent apprendre à placer leur argent

Culture financière des Français

Les Français aiment épargner, mais en général ce placement est peu rémunéré. Aussi, ils aimeraient pouvoir faire fructifier leur capital. Pour autant, ils ont une méconnaissance globale des produits financiers. Ce qui confirme le besoin de renforcer leur culture financière. Pour comprendre la relation des Français à l’investissement financier, ATLAND Voisin et Fundimmo ont mené l’enquête.

Un manque de culture financière généralisé chez les épargnants

Pour cette étude réalisée par OpinionWay en mai 2021, 2053 personnes sont interrogées sur leur capacité d’épargne et d’emprunt ou encore leurs besoins financiers à court, moyen et long terme. En définitive, très peu ont une vision claire de leur budget et des placements qu’ils pourraient faire.

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D’ailleurs, plus de trois personnes sur dix disent ne pas connaître les diverses solutions d’investissement disponibles. Par ailleurs, 49 % des Français admettent leur déficit de culture financière. Or, cette culture est totalement inexistante pour 14 % d’entre eux.

Culture financière : un déficit des connaissances

 

Cette réalité est particulièrement préoccupante. D’autant qu’elle concerne toutes les générations. En outre, les femmes (52 %) sont plus touchées par ce manque de culture financière que les hommes. Notons que le niveau de maîtrise de ces sujets varie également selon le niveau des revenus. 62 % des personnes percevant plus de 3 500 euros par mois se disent confiantes en leur capacité à investir. Par contre, seuls 45 % de ceux qui gagnent moins de 1 000 euros par mois sont de cet avis.

L’obsession des Français pour l’immobilier

Selon les Français, le montant moyen pour se lancer dans un investissement doit être au moins de 66 000 euros. Ce fait semble logique, puisque près de 60 % des foyers propriétaires préfèrent placer leur argent dans l’immobilier. Les ménages se constituent pour la première fois un patrimoine via l’acquisition de leur résidence principale. Néanmoins, l’investissement locatif s’avère aussi un placement populaire.

Du fait de cette obsession pour la pierre, les autres solutions de placement alternatives sont souvent négligées. Elles sont cependant à la portée de tout type d’investisseur, même les « petits épargnants ». À ce problème de marginalisation des autres solutions d’investissement s’ajoute d’ailleurs le manque de culture financière. De sorte que cette méconnaissance alimente un grand nombre de préjugés en la matière.

La culture financière et les comportements des consommateurs

Ainsi, 49 % des répondants évoquent un manque de moyens pour épargner. Ils ne pensent pas pouvoir placer leur argent ailleurs que sur un Livret A. Le plus surprenant, c’est que 43 % des réponses proviennent de la catégorie “CSP+”, c’est-à-dire, ceux qui perçoivent des salaires élevés. C’est une réalité étonnante. Puisque ces chiffres montrent que même les Français les plus aisés peuvent se sentir incapables de faire fructifier leur capital. Une autre situation remarquable est que ce problème concerne davantage les femmes (59 %) que les hommes (40 %).

Par ailleurs, il convient de s’interroger sur le rapport de notre société avec l’argent. Parler d’argent est parfois difficile en France, considéré comme un sujet tabou. La notion de l’enrichissement personnel (faire fructifier son capital) provoque cependant des réactions paradoxales. Les Français consacrent, par exemple 10 % de leur budget loisirs aux jeux d’argent (surtout la loterie). Cela représente une dépense annuelle moyenne de 200 euros par personne majeure.

L’enquête effectuée par ATLAND Voisin et Fundimmo a aussi permis d’observer l’évolution des comportements des consommateurs. À cause des crises économiques liées à la pandémie, les ménages économisent davantage et réduisent leurs dépenses. De ce fait, les ménages s’intéressent davantage aux sujets abordant les bons plans, les techniques pour maîtriser les dépenses, etc. L’optimisation d’un budget est déjà plus ou moins maîtrisée dans l’Hexagone. Les Français n’ont donc qu’un palier à franchir afin de savoir fructifier leur patrimoine.

Transformer les épargnants en investisseurs grâce à la culture financière

46 % des Français affirment ignorer vers qui se tourner pour avoir de bons conseils sur les placements financiers. Quoi qu’il en soit, les candidats investisseurs tendent tout de même à consulter l’avis d’un :

  • conseiller bancaire (83 % d’entre eux) ;
  • gestionnaire de patrimoine (66 %) ;
  • proche (63 %).

Sans nul doute, les Français font confiance à leur conseiller bancaire. Il est donc l’interlocuteur privilégié pour les questions de placement. Pour autant, les conseillers que l’on peut rencontrer en agence se font de plus en plus rares. On assiste à une progression de la fermeture des agences bancaires au profit des banques en ligne. C’est peut-être l’occasion d’être plus autonome pour réaliser des opérations financières.

Aujourd’hui, les Français se servent de leur Smartphone connecté pour se renseigner et se cultiver. C’est aussi, grâce à ces mêmes applications que les banques opèrent la dématérialisation de leurs processus et de leurs services. Or, les banques en ligne comptent déjà 10 millions de clients sur tout le territoire français. Dès lors l’outil internet est devenu le principal accès à la connaissance. Cet outil privilégié assure désormais un rôle de “coach d’apprentissage personnel” afin de promouvoir la culture financière.

La possibilité de se forger sa propre culture financière

Plus de la moitié des Français (53 %) sont autodidactes. Les hommes (58 %) sont plus enclins à s’informer par leurs propres moyens. Cette initiative semble s’agrandir progressivement avec l’âge (26 % des 18-24 ans, contre jusqu’à 65 % des 65 ans et plus).

D’un autre côté, les parents ne jouent qu’un rôle mineur dans cet apprentissage. Ils sont un référent pour seulement 21 % des répondants, dont 16 % sont des hommes et 26 %, des femmes. Toutefois, une différence générationnelle est constatée, marquée par une évolution positive avec 38 % des 18-24 ans, contre 12 % des 65 ans et plus. Aussi, apparemment, les plus âgés ont bénéficié d’une sensibilisation intrafamiliale bien plus importante.

Précisons également que 13 % des répondants considèrent l’école comme le lieu idéal pour apprendre à construire un patrimoine. 12 % des Français déclarent l’importance des médias pour se renseigner sur ces questions.

À qui faire confiance en termes de placement financier ?

Deux tiers des Français se tournent vers leur famille pour débattre des sujets autour de l’épargne et de l’investissement. D’ailleurs, 64 % d’entre eux privilégient l’avis de leur conjoint. Notons que près de 28 % d’entre eux confient d’ailleurs à leur moitié la gestion complète de leurs placements.

Les femmes (35 %) sont plus enclines à suivre cette tendance, contre 20 % des hommes. En parallèle, 48 % des personnes interrogées hésitent à aborder le sujet relatif aux placements avec leurs amis. 30 % des répondants affirment ne pas chercher à en discuter avec leurs collègues. Ils préfèrent en parler à des personnes de confiance (notamment des proches).

Par contre, de plus en plus de Français recourent aux échanges virtuels afin de s’informer sur les placements. Dans ce cas de figure, la proportion reste faible en comparaison aux autres pratiques, mais elle est tout de même significative. Si 13 % des répondants utilisent les forums en ligne, 12 % se tournent vers les réseaux sociaux.

Le comportement des consommateurs selon leurs revenus

Des différences de comportement des Français sont d’ailleurs relevées selon leurs revenus. En effet, les Français ayant des ressources élevées sont plus aisés à parler d’argent à autrui. Ceux rémunérés à 3 500 euros par mois n’hésitent pas à aborder le sujet avec les membres de leur famille (76 %) et leur conjoint (86 %).

Ces proportions connaissent une baisse significative chez les personnes aux revenus mensuels inférieurs à 1 000 euros. Elles sont de 49 % (famille) et 35 % (conjoint). Au contraire, les personnes ayant des bas revenus optent plutôt pour les échanges virtuels.

Les enjeux de la confiance et de la connaissance sont fondamentaux

Dans le cadre de cette enquête, les répondants ont proposé des solutions à ce manque de culture financière. 73 % des Français estiment que cette discipline à part entière devrait être enseignée à l’école. 64 % auraient préféré bénéficier d’une formation sur les placements financiers dès leur plus jeune âge. Les personnes aux revenus élevés (68 %) sont plus convaincues à se former que celles aux bas revenus (54 %).

“ Il faut démocratiser l’investissement auprès de tous les Français pour les aider à répondre à leurs besoins à chaque étape de leur vie.” – Jean-Christophe Antoine, Président d’ATLAND Voisin.

En définitive, cette étude nous apprend une chose importante : une large part des Français ont la capacité d’adopter des stratégies de placement, mais ne le fait pas. Aussi, la confiance est indispensable et c’est pour cela qu’il est conseillé de passer par des professionnels contrôlés par un régulateur comme l’Autorité des Marchés Financiers.

“ Il faut appréhender le triptyque rentabilité, risque, liquidité. Cela peut sembler évident pour un professionnel, mais c’est loin de l’être pour la majorité de la population.” – Jean-Christophe Antoine.

En effet, il n’est pas simple de trouver le bon équilibre entre les produits garantis en capital ou liquides, mais qui par ailleurs s’avèrent rémunérateurs. Les conseillers ont une grande responsabilité dans cette nécessaire pédagogie et doivent être formés pour que les produits les plus intéressants ne soient pas uniquement réservés aux investisseurs avertis et aux particuliers aux plus hauts revenus.

Démocratiser l’offre de placements existante

Il y a encore du chemin à faire pour démocratiser l’offre de placements existante auprès de toutes les franges de la population. Le livret A recueille encore près de 38 milliards d’euros malgré sa faible rémunération.

“ Depuis le début de la crise sanitaire, le Livret A demeure indéboulonnable pour les ménages qui préfèrent y laisser dormir leur argent sous le prétexte unique de la liquidité et d’une absence de risques.” – Jérémie Benmoussa, Président du Directoire de Fundimmo.

Pourtant, des placements plus attractifs proposent des rendements de + 5%. Or, ils restent aujourd’hui ignorés par trop de Français. Aussi, ils se privent d’une diversification de patrimoine par méconnaissance et crainte du risque. Alors que d’autres pays, comme la Scandinavie, intègrent des cours de gestion d’argent de poche, on pourrait s’en inspirer.

Cela permettrait d’apprendre quelques principes financiers de base dès l’adolescence. En France, le besoin de pédagogie est immense pour expliquer les placements à tous. Les investissements à haut rendement ne sont pas réservés aux revenus les plus élevés. Mais, pour avancer dans cette voie, il faut aller plus loin. Tous les acteurs financiers ont un vrai rôle à jouer.

“Il faut aider les Français à passer d’une culture de l’épargne dormante à une culture de construction de patrimoine.”- Jérémie Benmoussa.

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