Chauffage collectif : Faut-il généraliser les Contrats de Performance Energétique ?

Contrats de Performance Energétique
Les contrats avec garantie de résultats dégagent 18 % d’économies d’énergie supplémentaires par rapport aux contrats de moyen.

L’enquête du SNEC démontre la performance des contrats avec garantie de résultats à l’image des Contrats de Performance Energétique (CPE). L’atteinte des objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour les logements avec chauffage collectif passera par le déploiement à grande échelle des CPE.

Les logements avec chauffage collectif, un gisement d’économies d’énergie

 

À l’horizon 2030, le parc de logements sera constitué à 85% de logements construits avant la réglementation environnementale 2020 ou même réglementation thermique 2012. Il est alors primordial d’engager des politiques d’efficacité énergétique ambitieuses sur le parc existant.

La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) prévoit une baisse de la consommation des bâtiments de l’ordre de 12% entre 2016 et 2028.

En intégrant le phénomène « naturel » de déconstruction-reconstruction du parc, il faudra alors que la rénovation du parc existant permette d’économiser 55 TWh d’ici 2028. En sachant que dans les logements avec un chauffage collectif (LCC), les consommations de chaleur (Chauffage et eau chaude sanitaire) représentent près de 50 TWh au niveau national.

La consommation énergétique se concentre à 64% sur les étiquettes D (30%) et E (34%).

Il y a 3,9 millions de logements en dessous de l’étiquette C dont 740.000 en de situation de précarité énergétique. C’est pour cela qu’il est nécessaire de développer une politique de massification de rénovations des logements avec chauffage collectif.

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Les bâtiments les plus énergivores doivent être rénovés en profondeur

 

Les bâtiments consommant plus de 330 kWh/m²/an représentent 26% de la consommation du parc résidentiel.

Ils représentent un gisement important pour les travaux de rénovation équivalent BBC, puisque les économies générées permettent d’amortir l’investissement sur une vingtaine d’année.

Au-delà de l’aspect purement énergétique, c’est également un impératif pour lutter contre la précarité énergétique et le mal logement. Pour cela il est nécessaire de mettre en œuvre un pilotage national permettant d’identifier les gisements à traiter en priorité.

Afin de garantir aux occupant les bénéfices des rénovations énergétiques, ces travaux doivent s’inscrire dans des contrats de performance énergétique. Les CPE « rénovations globales » permettent généralement un gain garanti de 60%.

Une généralisation des rénovations globales sur les logements les plus consommateurs dégagerait une économie de 7,7 TWh, permettant d’atteindre 14% des objectifs PPE et éviter l’émission de 1,2 Mt de CO2.

Le déploiement à grande échelle des Contrats de Performance Energétique adaptés à chaque catégorie de bâtiments permettrait d’atteindre 1/3 des objectifs 2028 de la PPE en matière d’efficacité énergétique des logements. Il est indispensable d’avoir cette approche segmentée afin de garantir un coût maitrisé des aides publiques à la rénovation énergétique.

Olivier SALVAT, Président du SNEC.

Il faut promouvoir les Contrats de Performance Energétique (CPE)

 

Les contrats avec garanties réelles d’économies d’énergie ou CPE, ont prouvé leur efficacité et facilitent l’engagement des maîtres d’ouvrage par les garanties financières qu’ils apportent aux clients et en coût global.

Le parc de logements avec un chauffage collectif (LCC), est un marché particulièrement porteur pour la massification des rénovations énergétiques. En effet, du fait de leur configuration centralisée, ils permettent des rénovations techniques d’installations thermiques assez simples.

Les bouquets de rénovations techniques (changement de chaudières, mise en œuvre de régulation à distance et pilotage, isolation des canalisations, etc.) peuvent réduire les consommations de 25 à 30%, avec des temps de retour assez courts (6 à 12 ans).

Toutefois, les opérateurs du SNEC constatent que sur des installations rénovées, l’absence de pilotage et de maintenance génère une surconsommation croissante au cours des années. Pour ce faire, il est nécessaire de promouvoir la rénovation des installations techniques dans le cadre de Contrats de Performance Energétique (CPE).

Car l’opérateur s’engage sur la bonne atteinte des résultats énergétiques afin de garantir les économies d’énergie dans la durée et ainsi sécuriser les maîtres d’ouvrage. Une massification rapide de ces CPE « Techniques », sur le parc des logements consommant entre 150 et 330 kWh/m²/an (D et E) économiserait 8,6 TWh.

Cette massification permettrait d’atteindre 15% des objectifs PPE d’efficacité énergétique des bâtiments et éviter l’émission de 1,3 Mt de CO2.

Enquête réalisée par l’institut indépendant I+C auprès des 60 adhérents du SNEC qui gèrent 70% du parc collectif résidentiel (82 GW)’un panel représentant 33 millions de m2, soit environ 490 000 logements.