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Accès à la propriété : comment réduire les inégalités ?

Accès à la propriété : comment réduire les inégalités ?

Le pouvoir d’achat des primo-accédants est fortement affecté par le resserrement des conditions d’octroi d’emprunt et la hausse des prix immobiliers. L’accès à la propriété est devenu plus difficile, surtout en Île-de-France et pour ceux disposant d’un faible apport. De plus en plus d’acquéreurs doivent compter sur leur famille pour constituer l’apport nécessaire à l’octroi d’un prêt immobilier. Les inégalités d’accès au logement se creusent davantage. Que suggèrent donc les Français afin d’y remédier ?

Les freins à l’accès à la propriété pour les primo-accédants

La mise en application des mesures du HCSF depuis le 1er janvier 2022 réduit significativement les possibilités d’emprunt. Cela concerne notamment les jeunes primo-accédants (25 à 34 ans).

Les freins à l’accès à la propriété pour les primo-accédants

 

En effet, le taux d’endettement maximal est désormais de 35 % et la durée de prêt maximale de 25 ans. De plus, les banques exigent un apport de 10 % au minimum. Ce critère contraignant se révèle pénalisant pour les jeunes actifs souhaitant avoir accès à la propriété.

Cette situation s’aggrave face à la hausse continue des prix immobiliers sur le territoire français. Une augmentation de +5 % est observée en 2021, avec un prix d’environ 3 000 euros par mètre carré (chiffre de MeilleursAgents).

“ Bien que les prix se tassent quelque peu à Paris, les acquéreurs sont dans l’obligation de présenter un apport de plus en plus important pour pouvoir accéder au bien de leur rêve. Ce qui complexifie la tâche pour les primo-accédants, qui n’ont pas toujours les ressources suffisantes.”- Pierre Chapon, président de Pretto.

L’importance d’une aide familiale pour accéder à la propriété

Compter sur sa famille est devenu incontournable pour un grand nombre de primo-accédants. D’après un sondage de Happydemics, un tiers des acquéreurs franciliens ont pu acheter un bien immobilier grâce à leur famille (via un héritage ou des donations). Cette proportion dépasse, en effet, la moyenne nationale. 55 % de ces acquéreurs ont présenté un apport au-delà de 10 %.




La part des héritages et des donations, est plus élevée chez les jeunes primo-accédants âgés de 25 à 34 ans (38 %). Cependant, ils présentent globalement un apport situé au-dessous de la moyenne pour assurer leur accès à la propriété. 41 % d’entre eux ont néanmoins un apport supérieur à 10 % (contre 55 % sur tous les répondants).

Selon les données internes de Pretto, seulement 3 % des dossiers finalisés s’effectuent sans apport ou avec un faible apport (< 10 000 euros). En effet, la finançabilité des emprunts avec un faible apport était de 62 points (contre 75 points en moyenne globale).

“ En raison des prix particulièrement élevés en Ile-de-France, il est difficile de devenir propriétaire en ayant des revenus modestes. L’apport familial représente une planche de salut pour de nombreux emprunteurs. Ce qui creuse davantage encore les inégalités d’accès à la propriété.” – Pierre Chapon.

En effet, en 2021, l’acheteur parisien disposait en moyenne de revenus mensuels nets de l’ordre de 5 000€ avec un apport de 81 000 €. Certes, la baisse des taux immobiliers de ces dernières années a permis de compenser la hausse des prix immobiliers. Pour autant, elle est insuffisante pour permettre à tous de vivre dans la capitale. C’est pourquoi de plus en plus de ménages s’éloignent, créant malgré eux une nouvelle hausse des prix dans leurs lieux d’implantation. C’est d’ailleurs, ce que l’on observe de plus en plus dans les villes moyennes.

Les solutions les plus plébiscitées par les Français pour faciliter l’accès au logement

Le sondage de Pretto a permis de connaître les solutions les plus plébiscitées par les Français pour réduire les inégalités d’accès à la propriété. Voici les quatres principales :

  • Assouplir les conditions d’octroi d’un prêt immobilier pour les primo-accédants (taux d’endettement à 37 %). 19 % des sondés sont favorables à cette mesure (24 % chez les 25 à 34 ans).
  • Réduire les frais de notaire. Cette solution permettra de solvabiliser les foyers aux revenus modestes et de faciliter leur accès à la propriété. Notons que ce sont ces frais qui augmentent la nécessite d’avoir un apport d’au moins 10 %. 18 % des sondés sont de cet avis.
  • Instaurer un apport universel garanti par l’État. L’idée est que les primo-accédants puissent bénéficier de ce dispositif. 15 % des sondés soutiennent, en effet, cette solution. Les 25 à 34 ans sont les plus favorables.
  • Construire plus de logements. Cette mesure vise à réduire la tension sur les prix immobiliers et à améliorer le pouvoir d’achat. Seulement 6 % des sondés soutiennent cette idée.

Selon Pierre Chapon, Président de Pretto, les Français attendent des solutions plus concrètes afin de favoriser l’accès à la propriété. Par ailleurs, 50 % d’entre eux n’espèrent rien des candidats à la présidentielle sur l’enjeu du logement.

“ Chez Pretto, nous le savons, acheter sans apport reste encore possible ! Certaines banques étant réticentes sur ce qu’elles considèrent être une prise de risque, malgré un dossier solide et de bonnes garanties. C’est pleinement le rôle d’un courtier de mener les négociations nécessaires et de faciliter par son expertise l’obtention de son prêt. ”- Pierre Chapon.

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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