1,2 millions de mal-logés en Ile-de-France

Mal logés en Ile de France
1,2 millions de mal-logés en Ile-de France.

La région francilienne est le reflet de tous les paradoxes. C’est la région la plus riche du pays et pourtant selon la Fondation Abbé Pierre, il y a 1,2 millions de mal-logés en Ile-de-France parmi les 4 millions que compte le pays.

Mal-logés en Ile-de-France : un constat alarmant

 

1,2 millions de mal-logés en Ile-de-France : c’est le chiffre alarmant du rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le mal logement dans la région francilienne.

Pour rappel le terme de « mal-logement » peut désigner les personnes qui n’ont pas de domicile personnel mais aussi celles et ceux logés dans des habitations insalubres ou précaires. Derrière ce chiffre se cache des réalités encore plus inquiétantes.

33% des habitants en bidonvilles sont situés dans la région IDF et 41% des expulsions locatives effectives ont lieu dans la région.

Des résultats qui s’ajoutent à une hausse de la pauvreté. En effet, entre 2004 et 2012, la proportion de ménages pauvres a augmenté deux fois plus vite que dans le reste du pays.

Le rapport pointe aussi le prix particulièrement élevé des locations dans le parc privé au sein de la région.

Car si le revenu moyen des franciliens est plus élevé de 26% par rapport à la moyenne nationale, une location dans le parc privé reviendra 52% plus chère.

Les racines du mal-logement

 

L’une des raisons de la crise que traverse la région est inévitablement l’augmentation des prix de l’immobilier. Cette dernière est, de plus, décorrélée par rapport à la hausse des revenus.

Alors que les revenus dans la région ont été multipliés par 7,2; les prix à l’achat l’ont été par 13,9 (10,1 pour les prix à la location). 

Autre évolution, la part des ménages les plus pauvres s’est beaucoup plus accentué dans le parc locatif privé que dans le parc social. Ainsi, victimes de l’augmentation des loyers, les ménages modestes ont dû multiplier par deux les ressources consacrées au loyer.

En 2013, les ménages pauvres du parc privé ont consacré 40,8% de leur budget au logement contre 20,1% en 1988.

Une augmentation intimement liées avec les difficultés de paiement que rencontrent certains ménages. Ainsi, 19% des franciliens se déclarent en difficulté de paiement à la fin du mois (ENL 2013).

Parmi eux, 5% sont en situation d’impayés. Un taux relativement bas, mais qui n’empêche la région d’être la plus touchée par les expulsions. En effet l’Ile-de-France totalise 26% des décisions de justice prononçant l’expulsion.

Plus personne n’est protégée de l’expulsion locative : personnes âgées, personnes souffrants de lourds handicaps ou sous tutelle… 

En parallèle, les conditions de logement se dégradent pour certains. Malgré l’amélioration constatée ces dernières années, un sous-marché persistent avec des habitats et des copropriétés dégradées.

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Une offre en berne et des lois pas toujours respectées

 

Dans la région, qui compte près de 5 millions de ménages, les besoins annuels de construction de logements sont estimés à 70.000 logements par an par le SDRIF.

Une demande loin d’être comblée. Entre 2019 et 2030, il resterait à construire 935.100 logements, soit près de 78.000 logements par an pendant les 12 prochaines années. 

Les données concernant le logement social ne prête pas non plus à la satisfaction. 254 communes franciliennes n’ont pas encore atteint les 25% de logements sociaux et sont soumise à rattrapage dans le cadre de la loi SRU. Si certaines communes vont dans le bon sens pour rattraper ce retard, d’autres semblent toujours aussi réfractaires à appliquer ce quota.

Malgré la mise en oeuvre de la loi SRU, 72 communes affichent encore des taux de logement sociaux inférieur à 10%

Autre dispositif législatif qui n’est pas toujours respectée, le droit au logement opposable. Elle a été instituée depuis la loi du 5 mars 2007. Cette loi permet aux personnes mal logées de faire valoir leur droit à un logement ou un hébergement digne. Ainsi, l’Etat a l’obligation de reloger les personnes reconnues prioritaires au relogement dans un délai de 6 mois.

Sur les 165.625 ménages reconnues prioritaires au DALO (droit au logement opposable) 55.000 ménages restent à reloger 10 ans après. Mentionnons d’ailleurs que l’Ile-de-France représente à lui seul, 59% des recours DALO et 61% des ménages Priorités Urgentes au titre du DALO.

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