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Energie

Factures d’énergie : 47 % des Français redoutent l’hiver 2026

Factures d’énergie : 47 % des Français redoutent l’hiver 2026

Cet hiver, près d’un Français sur deux (47 %) appréhende de recevoir sa facture d’énergie. Un chiffre révélateur des inquiétudes qui pèsent sur les ménages, selon une étude réalisée par Opinium pour Travaux.com auprès de 1 000 Français, du 3 au 8 septembre 2026. Plus préoccupant encore, 31 % redoutent de ne pas pouvoir chauffer suffisamment leur logement. À l’approche de la saison froide, la maîtrise des dépenses énergétiques devient une priorité. Entre tensions sur les tarifs du gaz, logements énergivores et contrats de fourniture parfois inadaptés, les facteurs d’alourdissement des factures ne manquent pas. Mais les copropriétaires disposent-ils de véritables leviers pour réduire leurs dépenses ? Travaux de rénovation, optimisation du chauffage collectif, renégociation des contrats : quelles solutions permettent réellement de faire baisser la facture ?

Factures d'énergie : les Français sous pression en 2026

Pourquoi les factures d’énergie inquiètent-elles autant les Français en 2026 ?

47 % des Français redoutent leurs factures d’énergie : un record d’anxiété

L’inquiétude des Français face à leurs dépenses énergétiques ne cesse de grandir. Déjà en 2025, 71 % d’entre eux se disaient préoccupés par l’augmentation des charges de chauffage. Un an plus tard, les craintes persistent : près d’un Français sur deux appréhende désormais de découvrir le montant de sa facture d’énergie. Une inquiétude qui ne relève pas du simple ressenti. Les hausses tarifaires successives, les tensions sur les prix de l’énergie et le poids des charges de chauffage dans le budget des ménages alimentent un sentiment de vulnérabilité financière, particulièrement à l’approche de l’hiver.

Cette anxiété ne touche pas seulement les ménages modestes. Elle s’étend aux copropriétaires vivant dans des immeubles anciens, peu ou mal isolés. Dans ces résidences, les charges de copropriété liées au chauffage représentent souvent le premier poste de dépenses. Et chaque hiver, la note s’alourdit un peu plus.

Un budget énergie fragilisé par les déperditions thermiques

La facture annuelle moyenne d’énergie avoisine 1 495 euros par ménage en France. Mais ce chiffre masque des disparités importantes. Tout dépend du type de logement, de son année de construction et surtout de son niveau d’isolation.

Les copropriétés anciennes, construites avant l’entrée en vigueur des premières réglementations thermiques, sont particulièrement exposées aux déperditions de chaleur. Isolation insuffisante des murs et des toitures, fenêtres peu performantes, ponts thermiques : autant de faiblesses qui laissent échapper une partie de la chaleur produite et alourdissent les factures de chauffage.

En copropriété, cette problématique prend une dimension collective. Lorsque le chauffage est collectif, les dépenses ne dépendent pas uniquement des habitudes de consommation de chacun, mais aussi de la performance énergétique globale de l’immeuble. Les charges sont alors réparties entre les copropriétaires selon les règles applicables, notamment les tantièmes ou les dispositifs d’individualisation des frais de chauffage. C’est pourquoi un bâtiment mal isolé pénalise l’ensemble des occupants, tandis qu’une rénovation énergétique bien pensée peut contribuer à réduire durablement les charges de chacun.

Quelles sont les causes de la hausse des factures d’énergie ?

Le gaz sous pression : les CEE en première ligne

En 2026, le marché du gaz subit une pression tarifaire spécifique. La cause principale : les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les fournisseurs doivent financer un volume d’économies en hausse de 27 %. Cette obligation est systématiquement répercutée sur les consommateurs. Résultat : le coût du gaz augmente mécaniquement.

À cela s’ajoute une asymétrie tarifaire. Les accises sur le gaz progressent en 2026, tandis que celles sur l’électricité reculent légèrement. Concrètement, les ménages et les copropriétés chauffées au gaz collectif en paient le prix fort. Pour mieux comprendre l’évolution des prix de l’énergie en copropriété, les données de l’Observatoire Opéra Énergie apportent un éclairage utile sur les tendances de fond.

L’électricité : des signaux contradictoires sur les factures d’énergie

L’électricité présente un tableau plus nuancé. Le Tarif Réglementé de Vente (TRV) a légèrement baissé en 2025. Bonne nouvelle en apparence. Mais dans le même temps, les abonnements ont progressé de 8,5 % pour les petits consommateurs. Et surtout, la part de l’énergie dans la facture recule au profit des taxes et des coûts d’acheminement. Ces postes représentent aujourd’hui une proportion croissante du montant total.

En 2026, la facture d’électricité reste en moyenne 27 % plus élevée qu’en 2021, malgré les baisses successives du tarif réglementé. La diminution du prix des garanties de capacité constitue un signal encourageant pour le chauffage électrique. Mais elle ne compense pas les hausses structurelles accumulées ces dernières années.

Le poids des passoires thermiques sur les factures d’énergie

Au-delà des tarifs, le type de logement reste le facteur le plus déterminant. Les passoires thermiques — logements classés F ou G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) — consomment théoriquement environ 400 kWh/m²/an. Dans les faits, les relevés se situent plutôt autour de 100 kWh/m²/an. C’est néanmoins bien supérieur aux bâtiments rénovés.

Les copropriétés anciennes concentrent une large part de ce parc énergivore. Lors des pics tarifaires de 2022, les provisions de charges de chauffage ont bondi de 40 à 80 % en moyenne. Certains occupants ont vu leurs factures multipliées par dix. Un chiffre qui illustre brutalement l’impact de l’étiquette énergétique sur le quotidien des copropriétaires.

🁢 Évolution des factures d’énergie par type de logement (2025-2026)

Type de logement Consommation estimée Facture moyenne 2025 Estimation 2026 Variation
Appartement 60 m² — 2 personnes 7 500 kWh/an ~950 € 980 à 1 050 € +3 à +10 %
Maison 100 m² — 4 personnes 14 000 kWh/an ~1 700 € 1 750 à 1 900 € +3 à +12 %
Logement passoire thermique (F/G) ~400 kWh/m²/an théorique Surcoût significatif Surcoût aggravé Variable
Bâtiment rénové (BBC) < 50 kWh/m²/an Économies sensibles Économies maintenues Stable

Comment réduire ses factures d’énergie dès cet hiver ?

Les gestes de sobriété énergétique qui font la différence

Face à la pression sur les dépenses d’énergie, plusieurs actions immédiates permettent de limiter les dégâts sans investissement majeur :

  • Baisser le thermostat d’un degré : 7 % d’économies sur la facture annuelle de chauffage (ADEME).
  • Installer un thermostat programmable ou connecté : une façon simple d’optimiser la consommation en période d’absence.
  • Purger les radiateurs en début de saison pour améliorer l’efficacité du chauffage collectif.
  • Aérer en courtes rafales de dix minutes plutôt que de laisser les fenêtres entrouvertes toute la journée : même résultat, moins de déperditions.

Ces gestes de sobriété constituent le premier rempart accessible à tous. Et surtout, ils ne coûtent rien.

En copropriété, les syndics ont également un rôle moteur à jouer. Sensibiliser les occupants, optimiser les contrats collectifs via un courtier en énergie, comparer les offres disponibles : autant de leviers concrets pour alléger la note collective.

La rénovation énergétique : la réponse durable pour les copropriétaires

Pour les copropriétaires, la rénovation reste la réponse la plus efficace sur le long terme. Selon l’ADEME, des travaux bien ciblés peuvent réduire la consommation d’un bâtiment jusqu’à 40 %. Les pistes d’action sont nombreuses : isolation des murs, des combles et des planchers bas, remplacement des menuiseries, modernisation du chauffage collectif — pompe à chaleur, chaudière biomasse — ou encore pose de répartiteurs de chaleur. Chacun de ces chantiers agit directement sur le niveau des charges.

Les avantages de la rénovation énergétique sont bien documentés : réduction des dépenses, meilleur confort thermique, valorisation du patrimoine, conformité réglementaire. Pourtant, le passage à l’acte reste rare. Si 72 % des copropriétaires se déclarent favorables à ces travaux, seuls 26 % des projets aboutissent. Les freins sont multiples : complexité du vote en assemblée générale, coûts perçus comme prohibitifs, méconnaissance des aides disponibles.

Neuf immeubles sur dix en copropriété ont été construits avant les premières réglementations thermiques. Leur rénovation représente donc un enjeu collectif majeur. C’est aussi la voie la plus directe pour sortir durablement les copropriétaires de la précarité énergétique et les engager dans la transition énergétique.

🁢 Principales aides financières pour réduire ses factures d’énergie en copropriété

Dispositif Bénéficiaires Montant / Avantage Conditions principales
MaPrimeRénov’ Copropriété Copropriétés (parties communes) Jusqu’à 45 % des dépenses éligibles Gain énergétique ≥ 35 %, entreprise RGE
CEE — Certificats d’Économies d’Énergie Tous propriétaires Prime variable selon travaux Entreprise RGE, travaux éligibles
Eco-PTZ Copropriétés et particuliers Jusqu’à 50 000 € sans intérêts Logement construit avant 1990
Chèque énergie Ménages modestes 48 € à 277 € selon revenus Attribution automatique (revenus fiscaux)
Subventions locales Variable selon région et commune Variable Se renseigner auprès de la collectivité

Conclusion

Face à des factures qui pèsent de plus en plus lourd, les Français ont raison de s’inquiéter — mais aussi de passer à l’action. Sobriété immédiate, optimisation des contrats collectifs, rénovation énergétique : les leviers existent. Pour les copropriétaires en particulier, engager des travaux collectifs reste le meilleur rempart contre la hausse structurelle des coûts. C’est aussi la clé d’un confort thermique durable pour tous les occupants.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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