Le marché du crédit immobilier entre dans une nouvelle phase. Selon l’Observatoire des Crédits publié par CAFPI pour le second semestre 2025, les taux se stabilisent autour de 3,20% après deux années de fortes variations. Cette normalisation redonne confiance aux ménages français. En 2025, le courtier a enregistré une hausse de 40% du nombre de dossiers traités. Les primo-accédants reviennent progressivement sur le marché. Les secundo-accédants et investisseurs adoptent des comportements plus rationnels. Quelles sont les conditions actuelles du crédit immobilier ? Qui peut emprunter et à quelles conditions ? Cet article décrypte les données clés du marché et les perspectives pour 2026.
Sommaire :
- Pourquoi le crédit immobilier s’est-il stabilisé en 2025 ?
- Quel est le profil des emprunteurs en crédit immobilier ?
- Comment l’accès au crédit immobilier varie-t-il selon les régions pour les primo-accédants ?
- Quelles perspectives pour le crédit immobilier en 2026 ?
À retenir – Crédit immobilier en 2026
- Les taux se stabilisent autour de 3,20% en 2025.
- CAFPI enregistre une hausse de 40% des dossiers traités.
- Les primo-accédants empruntent en moyenne 217 907 € avec 20% d’apport.
- L’Ouest Nord reste la région la plus accessible pour emprunter.
- 51,8% des Français anticipent une amélioration du pouvoir d’achat immobilier.
Pourquoi le crédit immobilier s’est-il stabilisé en 2025 ?
La fin des montagnes russes pour les emprunteurs
Entre 2022 et 2023, les taux ont flambé. Puis, en 2024, ils ont amorcé une décrue rapide. Désormais, le marché du crédit immobilier trouve son point d’équilibre. Selon l’Observatoire des Crédits de CAFPI, les taux moyens se maintiennent autour de 3,20% sur 20 ans. En revanche, l’OAT 10 ans reste volatile. Elle réagit aux tensions géopolitiques et aux débats budgétaires nationaux. Malgré ces à-coups, les banques préservent des conditions attractives.
Caroline Arnould, directrice générale de CAFPI, souligne : « Après plusieurs années de fortes variations, les taux ont retrouvé un niveau d’équilibre. Cette stabilité a redonné de la visibilité aux ménages et permis aux banques de relancer durablement leur production de crédits. »
Le rôle déterminant de la BCE
La Banque Centrale Européenne joue un rôle clé. En effet, elle poursuit sa politique accommodante. Depuis le pic atteint en 2023, elle a abaissé huit fois ses taux directeurs. Par conséquent, l’inflation française recule à 0,9% sur l’année 2025. Ce contexte favorable permet aux banques de maintenir des conditions de crédit immobilier attractives.
Caroline Arnould précise : « Le reflux durable de l’inflation écarte, à court terme, tout risque de remontée brutale des taux directeurs. La BCE a ainsi offert aux banques un cadre favorable pour maintenir des conditions de financement attractives. »
Quel est le profil des emprunteurs en crédit immobilier ?
Les primo-accédants de retour sur le marché
Les primo-accédants profitent de l’amélioration des conditions de crédit immobilier. D’après l’Observatoire des Crédits CAFPI (S2 2025), leur taux d’apport moyen tombe à 20%. Il atteignait 21% au S2 2024, soit une baisse d’un point. En parallèle, le montant moyen emprunté grimpe à 217 907 €. Cela représente une hausse de 3,43% sur un an. De plus, la durée moyenne d’emprunt s’établit à 284 mois, soit environ 24 ans. Quant aux revenus annuels moyens, ils se stabilisent à 51 625 €.
Le profil type du primo-accédant fin 2025 reste stable. Il a 35 ans et il travaille majoritairement en CDI (73%). Il achète une maison (61%) dans l’ancien (85%). Toutefois, l’accès à la propriété demeure sélectif. Les ménages les plus modestes restent freinés par le niveau des prix.
Les secundo-accédants prudents mais actifs
Les secundo-accédants tirent également parti du contexte favorable du crédit immobilier. Selon CAFPI, leur montant moyen emprunté atteint 325 740 €. Cela représente une hausse de 1,73% sur un an. Par ailleurs, le taux d’apport recule à 23%. Il était de 26% au S2 2024, soit une baisse de 3 points. Leur âge moyen est de 41 ans. De plus, 69% d’entre eux travaillent en CDI. La durée moyenne de prêt atteint 251 mois, soit environ 21 ans.
Cependant, la baisse des taux ne compense pas totalement la dévalorisation patrimoniale subie jusqu’en 2024. Par conséquent, ces emprunteurs adaptent leurs projets au contexte réel du marché. Ils restent prudents dans leurs choix.
Les investisseurs locatifs plus sélectifs
Les investisseurs locatifs retrouvent une capacité d’action. Pourtant, l’environnement réglementaire reste exigeant. D’après l’Observatoire CAFPI, ils empruntent en moyenne 171 316 €. Ce montant baisse de 1,06% sur un an. En revanche, leur taux d’apport progresse à 17%, soit un point de plus. Leurs revenus moyens atteignent 103 899 €. Cette hausse de 16,24% sur un an traduit un marché plus professionnalisé. Ces investisseurs privilégient désormais les segments sécurisés. Ils ciblent aussi les zones offrant une demande locative stable.
Caroline Arnould analyse : « 2025 marque un retour à des comportements plus rationnels, tant pour les secundo-accédants que pour les investisseurs. »

Comment l’accès au crédit immobilier varie-t-il selon les régions pour les primo-accédants ?
Des écarts significatifs entre territoires
L’accessibilité au crédit immobilier varie fortement selon les territoires pour les primo-accédants. En effet, les banques appliquent des stratégies commerciales différentes au niveau local. L’Ouest Nord apparaît comme la région la plus accessible. Le montant moyen emprunté y atteint 190 506 €. Le taux d’apport se limite à 18%.
L’Île-de-France toujours plus exigeante
À l’inverse, l’Île-de-France concentre les montants de crédit immobilier les plus élevés. Au nord de la région, ils dépassent 250 000 € (252 678 €). Les taux d’apport oscillent entre 20% et 21%. De son côté, le Sud-Est affiche 225 540 € empruntés en moyenne. Le taux d’apport y atteint 21%. Ces chiffres traduisent des marchés plus prudents.
Quelles perspectives pour le crédit immobilier en 2026 ?
Vers une légère remontée des taux
Les projections convergent vers une stabilité des taux de crédit immobilier. Toutefois, une légère remontée reste possible. Ainsi, ils pourraient évoluer vers 3,30% à 3,40% sur 20 ans. D’ailleurs, un sondage CAFPI mené entre le 17 et 26 décembre 2025 confirme cette tendance. Sur 925 répondants, 43% pensent que les taux vont rester stables en 2026. Par ailleurs, 38,9% des Français déclarent que la situation politique et économique n’influence pas leur projet immobilier. De plus, 51,8% anticipent une amélioration du pouvoir d’achat immobilier en 2026.
Une fenêtre d’opportunité pour les acheteurs
Les ménages intègrent une réalité. Les taux de crédit immobilier ne reviendront pas aux niveaux historiquement bas d’avant 2022. Néanmoins, la période reste favorable. En 2025, CAFPI enregistre une hausse de 40% du nombre de dossiers traités par rapport à 2024. Le courtier finalise plus de 30 000 dossiers auprès de 100 banques partenaires.
Caroline Arnould conclut : « La stabilité actuelle, malgré de légers ajustements dans les barèmes, offre une fenêtre d’opportunité pour acheter dans de bonnes conditions. Le rythme des transactions a ainsi repris, sans excès. 2026 s’annonce comme l’année de la consolidation et de la confiance retrouvée. »

