Vente d’une place de parking : priorité des copropriétaires et majorité de vote

Vente d'une place de parking
Vente d’une place de parking : un droit de préemption qui doit être prévu dans le règlement de copropriété.

Le règlement de copropriété peut prévoir une clause attribuant un droit de priorité aux copropriétaires sur la vente d’une place de parking au sein de la copropriété. Mais si ce n’est pas le cas, cette disposition doit être votée à l’unanimité en assemblée générale. Peut-on faire évoluer la législation pour mettre fin aux blocages ?

Vente d’une place de parking : un droit de préemption qui doit être prévu dans le règlement de copropriété

 

Pour pallier aux problèmes de stationnement dans les copropriétés, l’article 20 de la loi n° 2009-323 du 25 mars 2009 de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion a inséré dans la loi du 10 juillet 1965 un article 8-1.

En effet, cet article prévoit que le règlement de copropriété des immeubles dont le permis de construire a été délivré conformément à un plan local d’urbanisme ou d’autres documents d’urbanisme imposant la réalisation d’aires de stationnement peut contenir une clause attribuant un droit de priorité aux copropriétaires à l’occasion de la vente de lots exclusivement à usage de stationnement au sein de la copropriété (place de parking).

Dans ce cas, le vendeur doit, préalablement à la conclusion de toute vente d’un ou plusieurs lots à usage de stationnement, faire connaître au syndic par lettre recommandée avec demande d’avis de réception son intention de vendre.

Il indiquera dans son courrier, le prix et les conditions de la vente. Cette information est transmise sans délai à chaque copropriétaire par le syndic par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, aux frais du vendeur.

Cette notification vaut offre de vente pendant une durée de deux mois à compter de de son envoi. Passé ce délai de deux mois, sans réponse des copropriétaires, le vendeur peut vendre sa place de parking librement à un tiers acquéreur.

Quelle est la procédure si le règlement de copropriété ne prévoit pas de clause de priorité ?

 

C’est là que cela se complique ! Car l’article 8-1 de la loi du 10 juillet 1965 n’indique pas explicitement la majorité à laquelle doit être adoptée l’insertion d’une telle clause dans les règlements de copropriété existants.

Avant la loi du 25 mars 2009, il a toujours été admis en jurisprudence qu’une clause du règlement de copropriété ayant pour effet d’obliger le propriétaire d’un lot à le vendre à un acquéreur qu’il n’a pas choisi constituait une restriction à son droit de libre disposition de son bien et devait donc être réputée non écrite en application de l’article 43 de la loi du 10 juillet 1965 (Civ. 3ème, 29 mai 1979, n° 78-11530, publié au bulletin).

Mais depuis cette loi du 25 mars 2009, la jurisprudence considère que l’assemblée générale ne peut décider a posteriori de l’insertion d’une telle clause dans le règlement de copropriété qu’à l’unanimité des voix de tous les copropriétaires.

Peut-on faire évoluer la législation pour mettre fin aux situations de blocages ?

 

C’est la question que pose la députée Natalia Pouzyreff car le vote à l’unanimité entraine de nombreux cas de situations de blocage où un seul copropriétaire peut s’opposer à l’ensemble des autres et paralyser l’action de l’AG. Une source potentielle de conflits et de tensions inutiles au sein des copropriétés.

Elle suggère donc la possibilité de faire évoluer la législation pour que soit désormais inscrit à l’article 20 de la loi 2009-323 la possibilité d’inclure dans le règlement cette disposition par un vote non plus à l’unanimité des copropriétaires mais bien à la majorité des deux tiers.

RÉPONSE

La réponse du ministère de la justice est sans appel car une telle modification affecterait nécessairement la charte commune qu’est le règlement de copropriété, à laquelle tous les copropriétaires ont adhéré préalablement à leur acquisition. En conséquence, le Gouvernement n’entend pas modifier la règlementation en vigueur.

Celle-ci assure un équilibre satisfaisant entre la nécessité de favoriser le stationnement de véhicules à proximité immédiate des lieux d’habitation ou locaux d’activité, en facilitant l’acquisition de places de stationnement par les copropriétaires eux-mêmes, d’une part, et le droit de chaque copropriétaire de disposer librement de son lot, d’autre part.

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Question N° 21978 de Mme Natalia Pouzyreff (La République en Marche – Yvelines )

Question publiée au JO le : 30/07/2019 page : 7091
Réponse publiée au JO le : 12/11/2019 page : 9981