Vente de gaz naturel : La compétition s’accélère

Vente de gaz naturel : La compétition s’accélère
Les Echos Etudes

La fin des tarifs réglementés de vente de gaz, couplée à la baisse des prix de gros, a accéléré la percée des fournisseurs alternatifs. Quels seront les grands gagnants de l’évolution des marchés français de l’énergie ?

Après plusieurs années difficiles, la consommation de gaz naturel dans l’Hexagone a rebondi en 2015, portée notamment par le redémarrage des centrales à gaz à cycle combiné. La chute des prix de gros a en effet permis à ces installations de redevenir compétitives, reléguant au second plan les autres moyens de production d’électricité.

Dans le même temps, le gaz naturel cherche à se faire une place dans la transition énergétique : biogaz, power to gas… de nouveaux usages émergent et offrent des relais de croissance aux opérateurs gaziers. Mais face à une fiscalité verte qui s’alourdit et la multiplication des mesures pour limiter la consommation d’énergie, les perspectives restent incertaines. Dans son scénario de référence, GRT Gaz table ainsi sur une baisse annuelle moyenne de 0,2% au cours de la prochaine décennie.

Comme le souligne une étude récente réalisée par « Les Echos Etudes »*, les fournisseurs alternatifs ont bénéficié d’une fenêtre de tir idéale avec la chute des prix sur les marchés de gros et des conditions de sourcing très favorables. « Couplée à la fin partielle des tarifs réglementés, cette situation leur a permis d’accélérer leurs positions. Ils détiennent désormais plus de la moitié du marché en volume de consommation. ENI ressort comme le plus dynamique d’entre eux et a déjà capté 15% du marché du gaz. Engie ne détient plus que 39% de parts de marché », souligne Sabrina TIPHANEAUX, auteur de l’étude, experte du secteur Energie-Environnement.

En effet, selon Sabrina TIPHANEAUX, l’opérateur historique a ardemment défendu ses parts de marché, mais peut-être un peu trop… « Sa condamnation par l’Autorité de la concurrence en mai 2016 pourrait sérieusement remettre en question sa politique de prix et rendre ses offres de marché moins attractives. »

Les conditions seraient-elles réunies pour une reconfiguration du marché ? Il semble bien que les grands opérateurs gaziers accélèrent leur développement dans la fourniture l’électricité, à l’image d’ENI et de Total. Pour le pétrolier français, c’est même une petite révolution qui s’engage avec la création d’une quatrième branche dédiée au gaz et à l’électricité et le rachat en juin 2016 du fournisseur belge Lampiris. En réponse, certains fournisseurs d’électricité (et EDF en premier lieu) devraient intensifier leurs efforts dans le gaz.

Parallèlement, la révolution numérique est en passe de bousculer le secteur. Elle pourrait modifier l’équilibre actuel des forces concurrentielles à moyen terme. Elle pourrait ainsi profiter à un fournisseur « qui s’engagerait massivement dans cette voie, voire ouvrir la porte à de nouveaux entrants au profil digital et/ou détenant une solution technique ‘Game Changer’ », conclut Sabrina TIPHANEAUX.

* Nouveaux services, fourniture d’électricité, objets connectés… : qui profitera au mieux de l’élargissement du terrain de jeu ?

Source : Les Echos Etudes