Un propriétaire sur trois renonce aux locations de courte durée

Un propriétaire sur trois renonce aux locations de courte durée

Une étude réalisée par PAP confirme que les locations meublées touristiques n’ont plus la cote en période de crise sanitaire. À l’échelle nationale, un propriétaire sur trois renonce d’ores et déjà aux locations de courte durée via des plateformes spécialisées.

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Une étude exclusive sur les locations de courte durée

Des demandes ont afflué au service juridique de PAP. En effet, ces dernières semaines, de nombreux propriétaires-bailleurs qui envisageaient de délaisser la location de courte durée s’interrogeaient sur de possibles alternatives.

La principale raison invoquée est la conséquence de la crise sanitaire sur le tourisme international et les voyages d’affaires. Elle a fait chuter la demande.

Sans surprise, le manque de réservations est la raison principale pour laquelle les propriétaires souhaitent abandonner la location de courte durée (citée dans 64 % des cas). Avec des différences selon l’emplacement du bien : 70 % à Paris et en Ile-de-France invoquent cette raison contre 58 % en Province.

Pourtant d’autres raisons sont évoquées. Bien que dans une moindre mesure, les propriétaires-bailleurs craignent de subir la pression politique et les contraintes règlementaires de plus en plus fortes.

La conjoncture n’est pas favorable aux locations de courte durée. D’autant plus, que d’autres difficultés déjà existantes viennent s’ajouter. Ainsi, 42% des propriétaires évoquent la complexité logistique (remise de clefs, ménage de fin de séjour). Tandis que pour 39% d’entre eux, les contraintes réglementaires sont pesantes. Enfin, les dégradations, sont citées par 27% des propriétaires.

Là encore, des disparités existent entre Paris et la Province. À Paris et en Ile-de-France, les contraintes réglementaires ressortent plus fortement, à 42% contre 36% en province. Les politiques menées en particulier par la ville de Paris participent donc fortement au désenchantement des investisseurs parisiens.

L’absence de recettes locatives pèse d’autant plus sur le remboursement d’un crédit

À l’échelle nationale, 56 % des propriétaires ont eu recours à un crédit pour ce type d’investissement. Parmi lesquels, 37 % l’ont fait avec un apport de moins 30%. Ce qui sous-entend des échéances importantes à rembourser tous les mois. C’est dire combien l’absence de recette locative peut devenir rapidement insoutenable. Cette situation est comparable en Ile-de-France et en régions.

Parmi-ceux qui disposaient déjà du bien, 19 % indiquent qu’ils le louaient déjà auparavant. On observe pourtant une différence entre Paris et la province. Puisqu’ils sont 24 % en Ile-de-France et seulement 15 % en province. Des chiffres qui confirment, en partie, l’assèchement du marché locatif dans certaines communes.

Un propriétaire sur trois renonce aux locations de courte durée

En effet, 9 % des propriétaires-bailleurs ont déjà arrêté en raison des effets de la crise sanitaire et 24 % envisagent de le faire à brève échéance. Parallèlement, 21 % commencent à se poser sérieusement la question, tandis que 9 % sont indécis et 38 % souhaitent, pour l’heure, poursuivre.

 

locations de courte durée

 

Dans le détail, on distingue des différences significatives selon que les biens sont situés à Paris et en Ile-de-France ou dans l’une des agglomérations de province. Aussi, on constate que 12 % ont déjà retiré leurs bien de ce marché des locations de courte durée à Paris et en Ile-de-France. Contre seulement 6 % en province. De même, 26 % sont certains d’arrêter dans un proche avenir en région parisienne contre 21 % dans les autres agglomérations.

À l’opposé, on retrouve également des différences chez ceux qui, pour l’heure, envisagent de continuer à louer de cette façon. 29 % déclarent vouloir continuer pour l’agglomération parisienne contre 45 % pour les autres agglomérations françaises.

Pour d’évidentes raisons, cette dichotomie Paris Vs province s’explique aisément. D’une part, la chute des réservations est plus forte à Paris où le tourisme international et d’affaire est plus sollicité. D’autre part, Paris ne bénéficie pas du report des séjours de la clientèle française, comme cela a pu être le cas au cours de l’été 2020. On a notamment retrouvé ce phénomène à Nice, Toulon, Marseille, Montpellier, Bordeaux, mais aussi Toulouse ou Strasbourg.

Des locations de courte durée qui redeviennent des logements d’habitation

Pour 73 % des propriétaires interrogés, la solution consiste à remettre leur bien sur le marché locatif dont 66 % en location meublée. Ce qui est logique puisque les biens sont déjà entièrement équipés et meublés. Certains préféreront le mettre en vente (6 %) mais pour les autres (21 %), le bien sera repris pour leur usage personnel.

Des différences Paris / province apparaissent à nouveau. 29 % des propriétaires franciliens souhaitent récupérer le logement pour leur usage personnel, contre 9 % en Province. Et, 7 % choisissent de le mettre en vente, contre 3% en Province.

Cela peut s’expliquer par la différence d’usage du logement. À Paris, les logements servent souvent de pied-à-terre et ne peuvent donc pas être tous être remis en location classique. D’autre part, les contraintes réglementaires de la location classique sont aussi plus fortes à Paris. L’encadrement des loyers en particulier dissuadent de recourir à des locations de courte durée.

En Province, les propriétaires sont également beaucoup plus nombreux à opter pour une stratégie « mixte ». C’est-à-dire, une location classique à l’année puis une location de vacances en été. Ainsi, 30% d’entre eux ont recours au bail étudiant, qui dure 9 mois et leur garantit de récupérer leur logement pour l’été 2021. À Paris, seuls 9% des propriétaires ont recours au bail étudiant.

À propos de l’étude

Étude réalisée par PAP, entre le 8 et le 18 septembre 2020, auprès de 2 348 propriétaires de locations meublées touristiques. Toutes situées dans des grandes agglomérations françaises et louées via des plateformes spécialisées.

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