Syndics de copropriété : une profession qui fait face à la crise sanitaire

Syndics de copropriété : une profession qui fait face à la crise sanitaire

Les syndics font une fois de plus l’objet d’attaques. Cette fois, pandémie oblige, les reproches concernent la tenue des assemblées générales à distance ou par correspondance. L’UNIS, la FNAIM, Plurience et l’ANGC ont souhaité répondre à ce procès d’intention sans fondement. Car, les syndics de copropriété ont bien été à la hauteur du défi posé par la crise sanitaire.

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Un procès d’intention contre les syndics de copropriété

L’Association des Responsables de Copropriété (ARC) fait à nouveau parler d’elle. À l’origine d’un communiqué largement diffusé par les médias, elle met le feu aux poudres. Aussi, sans éléments probants, l’association accuse la profession d’avoir profité en masse de la crise sanitaire pour imposer les assemblées générales par correspondance.

En effet, selon le discours bien rodé de l’ARC, cette stratégie vise à neutraliser ainsi toute démocratie participative des copropriétaires pourtant primordiale au bon fonctionnement des copropriétés. Par cette manœuvre, “ certains syndics professionnels ont profité de cette situation pour élaborer seuls l’ordre du jour, sans associer le conseil syndical, afin d’introduire des résolutions abusives qui ne pourront pas être amendées du fait de l’absence de tenue d’assemblée générale en présentiel ou même de manière électronique. ”

Les syndics auraient donc profité de la pandémie de la Covid-19 et des mesures sanitaires restrictives pour faire passer en force des augmentations d’honoraire, des reconductions de mandat, des contrats, etc.

“ C’est totalement faux ! ”, s’insurge Gille Frémont, président de l’ANGC. On ne peut pas laisser dire cela ! En effet, beaucoup d’assemblées générales se sont tenues uniquement en vote par correspondance, c’est le plus souvent pour répondre à une exigence de sécurité sanitaire à l’égard des salariés des cabinets autant que des copropriétaires. Par ailleurs, si peu de professionnels ont eu recours à la visioconférence, c’est parce que les outils ne sont pas encore suffisamment adaptés. De même, tous les collaborateurs n’ont pas pu être formés dans un délai aussi court. Parfois, ce sont les copropriétaires qui ne sont pas équipés, ni préparés.

Une profession qui relève le défi de la pandémie

Les syndics de copropriété, dans leur immense majorité, ont répondu à cette attente avec la plus grande rigueur. Ils ont dû réorganiser leurs équipes en conséquence, en un temps record. Rappelons que le gouvernement impose le télétravail aux entreprises et à leurs collaborateurs. Alors que de nombreux secteurs de l’économie sont désormais fermés, les syndics continuent d’assurer leurs missions au quotidien.

“ Nos équipes n’ont pas ménagé leurs peines ou compté leur temps, pour parvenir à organiser ces assemblées générales dans des conditions optimales et combler les retards accumulés, entre le mois de mars et le mois de juin.” – Association Plurience.

L’association Plurience administre collectivement 400 000 copropriétés. À l’issue du premier confinement, 150 000 à 200 000 assemblées générales n’ont pas pu se tenir. Pourtant, et cela va de soi, la vie des copropriétés ne s’est jamais interrompue. L’entretien a été assuré, les travaux nécessaires ont été réalisés. D’ailleurs, on peut remercier l’ensemble des acteurs qui ont participé de ce maintien du vivre ensemble dans les immeubles.

On ne peut pas dire que l’organisation des AG en version dématérialisée a facilité la tache des syndics. Cela a plutôt démultiplié les contraintes d’organisation. Une AG est entourée d’un formalisme légal qui doit être respecté sous peine de contentieux.

Le vote par correspondance engage encore plus la responsabilité des syndics

En effet, le vote par correspondance est loin d’être la panacée pour les syndics de copropriété. Car le formulaire prévu à cet effet comporte certains défauts qui exposent les syndics destinataires. Ils se chargent de les enregistrer et de les dépouiller alors que certains formulaires sont incomplets, contradictoires, illisibles, etc. Alors lorsque l’on parle de milliers de formulaires papiers reçus en quelques semaines, vous ne pensez pas qu’ils engagent leur responsabilité !

On peut comprendre que les gestionnaires de copropriété et les représentants des professionnels de l’immobilier soient scandalisés par les propos accusateurs et insultants de l’ARC. D’ailleurs, ils ne sont pas les seuls, il faudrait demander leur avis aux copropriétaires et aux autres acteurs intervenant dans les immeubles.

Voici le témoignage de Benjamin Dahan, architecte de copropriété, DPLG. En effet, il s’exprime en connaissance de cause en se basant sur son vécu d’architecte de copropriété.

“ Le vote par correspondance, c’est la double peine ! Car ces assemblées ont été allégées des décisions lourdes à prendre. En effet, il n’est venu à l’idée d’aucun des nombreux syndics avec lesquels je travaille d’essayer de faire passer quoi que soit. Voire de faire une tentative de braquage. Bien au contraire. Aussi, quand il y avait des contraintes fortes de travaux ou de décisions difficiles, ces assemblées ont été systématiquement préparées. Elles ont fait l’objet de multiples réunions préalables à minima en visioconférence. Par ailleurs, quand l’AG elle-même se tenait en visioconférence, la durée était souvent plus longue qu’en présentiel. Tous les praticiens de la copropriété savent très bien le caractère indispensable de l’assemblée générale. Le vote par correspondance n’aurait d’efficacité que si les copropriétaires participaient davantage à la vie de leur immeuble et n’attendaient l’AG pour décacheter l’enveloppe contenant l’ordre du jour… C’est du vécu récurrent !”

Il faut rétablir la vérité sur le travail des syndics !

En effet, comme le souligne l’ARC, la difficulté avec le format numérique est de pouvoir maintenir les échanges et débats entre copropriétaires afin de voter des résolutions conformes à leur volonté majoritaire. C’est pourquoi, les ordres du jour ont été préparés en concertation avec le conseil syndical comme la loi l’oblige.

Par ailleurs, l’incapacité à respecter les contraintes de mise en concurrence n’est pas du fait des syndics. D’ailleurs, ils n’ont pas demandé en décembre dernier une nouvelle prolongation de leur mandat. Ils ont préféré respecter la décision des assemblées générales de copropriété quant au choix de leur syndic.

“L’ANGC entend rétablir la vérité sur le travail des syndics de copropriété en cette période exceptionnelle de crise sanitaire, social et économique, appelant à la retenue, et à tout le moins, à la modération.” – Gille Frémont, président de l’ANGC.

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