Location immobilière : freins et motivations des bailleurs pour les travaux

Location immobilière : freins et motivations des bailleurs pour les travaux

Les obligations de performance énergétiques et plus généralement de décence pour les logements constituent un ensemble d’enjeux pour le bailleur privé. Le réseau ANlL/ADIL a mené l’enquête afin de comprendre les freins et motivations des propriétaires en matière de rénovation de biens en location immobilière.

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Les motivations à la réalisation des travaux en location immobilière

Les bailleurs réalisent des travaux pour différentes raisons. Pour la moitié d’entre eux, la première motivation porte sur le bien-être du locataire et l’amélioration du confort dans le logement.

Ensuite, le propriétaire bailleur souhaite sécuriser son revenu locatif. En effet, il réalise des travaux immobiliers en espérant louer le bien plus facilement ou réduire la rotation et la vacance (44 %). De même, la location immobilière bien entretenue va potentiellement attirer un locataire plus solvable lors de la prochaine mise en location.

Location immobilière - motivations à réaliser des travaux

 

Plus globalement, les bailleurs recherchent une stabilité du locataire en lui proposant un bien agréable et confortable. En outre, ils sont dans l’obligation d’offrir une location immobilière décente qui respecte les normes et la réglementation. Toutefois, d’autres types de travaux peuvent intervenir lors de réparations indispensables à la suite d’un dégât des eaux.

Quoi qu’il en soit, le bailleur affiche un intérêt pour la préservation du patrimoine immobilier. Parfois même, il exprime sa motivation économique qui consiste en une valorisation de son acquisition. En définitive, il souhaite louer ou revendre son bien immobilier plus cher grâce aux travaux. Enfin, pour d’autres les travaux engagés dans un bien en location immobilière peuvent leur faire bénéficier d’avantages fiscaux.

Par contre, les bailleurs interrogés ne sont que 10 % à évoquer leur contribution à la lutte contre le réchauffement climatique.

En complément, on observe que selon la localisation de la location immobilière les motivations changent. Car, plus la demande est forte sur un marché, moins le bailleur aura besoin de faire des travaux. En effet, pour les biens situés en zone détendue (catégorie C), avec ou sans rénovation, les biens trouvent « toujours preneur ».

Principaux freins des propriétaires à réaliser des travaux en location immobilière

Les Français sont fortement convaincus de l’importance de la rénovation énergétique des logements en France (92 %). Paradoxalement, en matière de réalisation de travaux, il existe un décalage entre l’intention d’agir et le passage à l’acte. Ces freins sont parfois psychologiques. Car le gain de confort et potentiellement d’énergie d’une location immobilière ne bénéficie pas à priori au principal intéressé, l’investisseur.

Location immobilière - freins à réaliser des travaux

Le premier frein est de loin le financement

Sans surprise, les principaux freins aux travaux proviennent des préoccupations pécuniaires. Le financement des travaux (43 %) constitue assez nettement le frein majeur. Aussi, les bailleurs estiment manquer de moyens financiers ou de trésorerie. De plus, ils sont nombreux à considérer que le coût de travaux est trop important. À cela, s’ajoute l’inquiétude liée au retour sur investissement qui serait limité (29 %).

Parmi l’ensemble des bailleurs interrogés, 35 % ont dû abandonner leurs projets de travaux au cours des cinq dernières années. De façon nette, ce sont les obstacles financiers qui ont été déterminants dans 63 % des cas. Toutefois, un peu plus de 60 % des bailleurs interrogés déclarent ne pas connaître les aides aux travaux ou a minima ne pas savoir où trouver l’information.

Des contraintes pratiques pour engager les travaux

Au-delà, les bailleurs font face à des contraintes pratiques pour mettre en œuvre ces travaux. Ils citent par exemple la présence du locataire dans le logement (30 %), mais aussi une difficulté dans la recherche d’artisans compétents (20 %). D’ailleurs, cette difficulté à trouver des artisans de confiance est l’un des premiers freins décrits dans l’enquête qualitative de l’ANIL.

D’autres freins sont constatés, dans une moindre proportion. 10 % des bailleurs indiquent ne pas avoir le temps ou l’énergie nécessaire pour s’engager dans ce processus de travaux. À noter que parmi ceux ayant avancé ce frein, 52 % ont plus de 60 ans.

Par ailleurs, des relations tendues avec le locataire ne freinent pas forcément l’engagement des travaux (8 % des cas). Toutefois, les impayés de loyer restent une source de découragement pour certains bailleurs. Un faible pourcentage des bailleurs justifie une opposition à réaliser des travaux par une mauvaise expérience passée ou à un mauvais fonctionnement de la copropriété.

Néanmoins, malgré des freins plus ou moins conséquents, 18 % des bailleurs ne déterminent aucun frein important à la réalisation de travaux dans leur bien en location immobilière.


Enquête 2019-2020 du réseau ANIL/ADIL. Février 2021.
Auteurs : Maxime Chodorge, Laura Delorme, Erwan Lefay

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