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Rénovation

Rénovation énergétique : comment relancer la filière en France ?

rénovation énergétique

Les enjeux de la rénovation énergétique sont de long terme. Pour cette raison, il est capital de mettre en place une action politique, immédiate, résistante et pérenne en matière de transition écologique. Alors que la filière sombre progressivement, Symbiote, adresse aux principaux candidats à la présidentielle sept propositions concrètes pour sauver et pérenniser la rénovation énergétique.

La rénovation énergétique comme priorité en France

En France, l’objectif principal dans le cadre de transition écologique est la neutralité carbone. Pour rappel, au niveau international, l’objectif est de contenir le réchauffement climatique nettement au-dessous de + 2°C, si possible à 1,5°C.

Rénovation énergétique en France

 

D’ici à 2050, notre pays vise :

  • l’objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre ;
  • la réduction de 50 % de sa consommation énergétique finale.

Pour cela, la France prévoit d’utiliser moins de nucléaire et de recourir davantage aux énergies renouvelables. Ces énergies de flux sont reconnues pour leur caractère inépuisable et leur impact environnemental moindre. À l’inverse, les énergies de stock (pétrole, charbon, gaz fossile et uranium) sont des réserves limitées.

En vue d’atteindre ces objectifs, il est primordial de réduire la consommation d’énergie nécessaire pour satisfaire un même besoin. L’efficacité énergétique des bâtiments est ainsi de mise. L’isolation des logements (représentant plus de 57 % des consommations énergétiques) s’impose comme une action prioritaire. Ce type de travaux de rénovation énergétique est le plus efficace sur le court et le long terme.

Massification de la rénovation énergétique au niveau BBC

En France, le bâtiment constitue un gros consommateur d’énergie. Il est responsable de plus de 40 % de la consommation d’énergie et 25 % du gaz à effet de serre émis. Ainsi, il est prioritaire de généraliser et de massifier les travaux de rénovation énergétique des logements. Le but est de diminuer les besoins d’énergie dans le parc existant et de transformer les logements en BBC ou équivalent. C’est-à-dire en bâtiment basse consommation.




Il est important de changer de vision concernant la formation et les financements afin d’assurer une véritable dynamique dans la filière. Il faut définir un nouveau modèle systématique. D’un côté, il est primordial de former les professionnels du bâtiment. De l’autre, le financement pérenne d’un programme de rénovation énergétique globale des logements est à privilégier.

Par ailleurs, les dispositifs d’aide à la rénovation actuels, dont les CEE et MaPrimeRénov’, ne sont pas à la hauteur des enjeux. Ils sont variables et entraînent une forte déstabilisation de la filière. En effet, plusieurs milliers de salariés du secteur peuvent perdre leur travail en quelques mois.

Par ailleurs, de nombreux particuliers sont inquiets et redoutent de ne plus pouvoir financer leurs travaux de rénovation énergétique. D’autant qu’ils subissent en plus une baisse du pouvoir d’achat du fait de la hausse du prix des énergies.

Les sept propositions du syndicat Symbiote

Pour 2022, il convient de corriger ce système pour offrir aux Français un logement confortable, sain et écologique. On vise ainsi à rénover tout le parc immobilier existant d’ici à 2050. Les logements classés F ou G sont alors priorisés.

Symbiote (Syndicat Multi Branches des Industries et des Opérateurs de la Transition Énergétique) dévoile ses 7 propositions :

  • Tous les financements dédiés à la rénovation énergétique devraient être réorientés vers le niveau BBC. L’État est tenu d’assurer la stabilité des dispositifs d’aide financière. Les travaux d’isolation sont privilégiés.
  • Les CEE et MaPrimeRénov’ devraient être réétudiés de manière approfondie afin de réduire le plus possible le reste à charge. Cela permettra d’inciter les ménages aux revenus moyens et faibles à engager des travaux.
  • L’objectif de la cinquième période des CEE devrait être renforcé pour qu’il soit cohérent avec les objectifs nationaux et européens. Le montant de la période pourrait donc être porté à 3 500 TWh, dont 450 TWh chez les ménages modestes.
  • La rénovation énergétique devrait être systématique et obligatoire pour les maisons individuelles. Cela pourrait s’effectuer petit à petit en cas de changement de propriétaire ou de locataire.
  • Tous les travaux de rénovation seraient soumis à un contrôle, car ils sont partiellement financés par des aides de l’État.
  • La formation de tous les acteurs du bâtiment à la rénovation complète et performante devrait être renforcée. Pour cela, il convient de promouvoir une filière de formation initiale ou continue dédiée à la rénovation énergétique.
  • Un plan d’implantation des énergies renouvelables devrait être lancé pour dix ans avec un coût d’environ 20 milliards d’euros. Le but est de garantir l’autonomie et l’autoconsommation de plus de 3 millions de maisons individuelles.

Un engagement des élus pour le prochain quinquennat

Ce syndicat compte sur l’engagement des élus pour le prochain quinquennat afin de sauver la filière de la rénovation énergétique en France. Car cette dernière a lourdement investi pendant 5 ans pour satisfaire les objectifs fixés dans le cadre des CEE. Or, elle s’effondre aujourd’hui en raison des objectifs et du dispositif qui ne cessent d’être modifiés. C’est pourquoi des engagements forts doivent être pris pour le prochain quinquennat.

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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